LA BOUCHE ET LES DENTS
JA bouche est, si l'on peut dire, un des miroirs de la santé. Il est certain que des lèvres vermeilles, des dents bien conservées et bien implantées, des gencives rouges et fermes, sont les indices d'une belle constitution; il est certain aussi que les mauvais états généraux, les tares organiques, quelles qu'elles soient, retentissent sur l'état de la bouche, pâlissent les lèvres, déchaussent et carient les dents, rendent les gencives blafardes et saignantes. Il faut donc attacher au traitement interne une importance capitale, et soigner, ayant tout traitement local, les états
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constitutionnels dont le dépérissement de l'appareil buccal peut être le ^symptôme :
chloro-anémie, lymphatisme, scrofule, diabète j albuminurie, hémophilie, etc., etc.
Les soins hygiéniques que réclament les lèvres sont ordinairement fort simples; la muqueuse si délicate qui les recouvre devra être l'objet de minutieux soins de propreté, surtout auK cdlnmissures, où des éruptions herpétiques se produisent facilement sous l'influence des mohidres irritations. La vitalité et la vascularisation des lèvres pourront être favorisées, de temps à autre, par des succions ou une morsure légère; mais il fondra éviter de s'exposer, les lèvres étant humides, à Faction du froid on dn vent, si Ton veut éviter les gerçures et les crevasses.
Ces dernières guérissent, d'ailleurs, aisément par les lotions émollientes (eau de guimauve) et par les onctions grasses avec les cosmétiques au raisin et à la rose, ou simplement avec la pommade fraîche de concombre.
Si la gerçure persiste, on emploiera la glycérine bien neutre. Mais il faut user avec pru-
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dence de ce dernier agent, 'dont on a actuellement tendance à fiiire abus pour les soins de la toilette . : fréquemment appliquée sur les lèvres^ Ta glycérine ternît et anémie ces organes, et, par une sorte de tannage, sup- *^ prime leur élasticité naturelle et leur rougeur animée.
En dehors des états constitutionnels, dont nous ne saurions nous occuper ici, on peut dire que l'hygiène des gencives se confond avec celle des dents. Les dents sont les créneaux des lèvres.
— Rien ne rend gai, croyons-nous, comme de belles lèvres et de belles dents, parce que Ton s'efforce de les étaler au grand jour !
Les soins à donner aux dents sont assez méconnus. Ces organes si délicats (dont on n'apprécie bien la valeur que lorsqu'ils font défaut) sont destinés à broyer les aliments, et non à casser des corps durs ou à couper du fil :
chaque fois qu'on détourne ainsi les dents de
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leur but physiologique, on s'expose à érailler rémail dentaire et à ouvrir par cette éraillure une porte d'entrée à la carie. Il faut éviter avec soin pour la bouche les températures extrêmes : l'usage des boissons glacées, comme celui des boissons très chaudes, fait éclater l'émail et cause la perte des dents; l'exemple des Anglais qui boivent le thé très chaud, celui des Espagnols, qui ingurgitent le chocolat brûlant, sont célèbres à ce dernier égard. Plus dangereux encore, peut-être, est le passage brusque du chaud au froid, et l'on peut dire que l'habitude française de boire du vin frais après le potage chaud est la source de nombreuses caries dentaires.
L'usage de certaines eauxestconnu pour altérer les dents; c'est ce qui expHque pourquoi des régions, analogues par la race et les mœurs, et même des pays très voisins les uns des autres, présentent des habitants si différents au point de vue de l'appareil dentaire. Les eaux magnésiennes, ferrugineuses, et surtout calcaires (puits de Paris), ont été souvent incriminées à ce sujet.
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Parmi les aliments nuisibles aux dents, il faut citer principalement les acides (vinaigre, citron) et les aliments sucrés : ces derniers n'agissent, d'ailleurs, dans ce sens, qu'à la faveur de la transformation du sucre en acide lactique, qui attaque l'émail dentaire. C'est pour cela que, chez les diabétiques, les dents s'altèrent, sous l'influence de la fermentation du glycose contenu dans la salive; chez ces malades, les doats perdent peu à peu leur consistance et prennent une transparence cireuse caractéristique.
Pour éviter l'influence de l'alimentation sur le système dentaire, il faut se rincer la bouche après chaque repas avec de l'eau tiède, et se servir du cure-dents. Le cure-dents doit être fait de plume ou de bois : les cure-dents métalliques, fussent-ils en or, sont dangereux pour l'intégrité de l'émail. On peut encore nettoyer les interstices dentaires en passant délicatement entre chaque dent un morceau de fil tendu. .
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Quelle est Taction du tabac sur l'appareil buccal ? La pipe use les dents et ulcère parfois les gencives et les lèvres; mais la fumée a-t-elle par elle-même une action malfaisante sur l'appareil dentaire?
Cela est peu probable. Certains auteurs prétendent même que la nicotine a sur les dents une action bienfaisante, en neutralisant par son alcalinité les acides de la bouche et en |uant par ses propriétés antweptiques les micro-organismes ûe la salive et de la carie. De plus, le charbon qui se dépose sur les dents et les noircit serait pour elles un excellent agent de conservation. Ces propositions, adoptées récemment à la Société odontologique deLondres, sont-elles bien scientifiques? Nous ne saurions l'affirmer; quoi qu'il en soit, les fumeurs sont vraiment à l'abri de la carie et des douleurs dentaires; c'est un fait d'observation. Nous serions tenté de l'expliquer par l'action conservatrice du sulfocyanure de potassium, que Claude Bernard a constaté en abondance dans la salive des fumeurs...
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Outre les lavages de la bouche, qui doivent suivre chaque repas, on doit, matin et soir, livrer ses dents à la brosse. Celle-ci devra être plus ou moins rude, suivant la susceptibilité individuelle que présentent les gencives; on habituera graduellement ces dernières à une friction dure; c'est la meilleure manière de les tonifier. On commence par emplo)'er une brosse faite avec des poils souples et doux du blaireau, et Ton arrive peu à peu à la brosse faite avec les poils fermes et durs du sanglier.
On peut, du reste, afin de corriger la susceptibilité des gencives, les badigeonner légèrement tous les soirs avec un mélange de parties égales de teintures de ratanhia et de pyrèthre, et mâcher quelques pastilles de chlorate de potasse non sucrées : sous l'influence de ce traitement, on voit ordinairement les gencives molles et blafardes devenir résistantes et rosées. Une médication plus énergique, dans le cas où la précédente échouerait, consiste à toucher tous les jours les gencives avec une solution d'un gramme de chloral hydraté dans
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cinquante gammes de teinture de cocliléaria.
Pourquoi T hygiène de la bouche et la conservation des dents exigent-elles Temploi fréquent des lavages cr de la brosse ? C'est parce que le liquide saliva ire^ qui baigne constamment Tappareil buccal, laisse sans relâche déposer dans la bouche (ou plutôt précipite^ pour employer le mot technique) des particules jaunâtres, que Ton nomme îartre dentaire; ce tartre, composé prinç^î paiement de carbonates calcaires, est susceptible d'acquérir un durcissement incroyable; on peut dire qu'il cause la moitié des déchaussements des dents et les trois quarts des inflammations de la bouche.
Les dépôts de tartre sont parfois si considérables qu^îls peuvent englober chaque mâchoire en une masse unique, enveloppant les dents dVme sorte de gangue calcaire. Les faits de ce genre, qui ne sont pas très rares, au dire des spécialtstes, ont donné lieu à ces récits fabuleux d'individus ayant, pour chaque^ mâchoire, une seule dent semi-circulaire.
Nous disions que le tartre cause, à lui seul, la moitié des déchaussements des dents, et les
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trois quarts des inflammations de la bouche.
Ses dépôts ont lieu surtout chez les goutteux, et chez ceux qui-s'adieminent vers la goutte en buvant sec et en mangeant bJ£n4Cestpour cela que les individus des classes riches vont, tous les six mois, che:( leurs dentistes se faire netîoyer la bouchey c'est-à-dire démolir leurs stratifications de tartre, accumulées à grands frais. L'opération est assez délicate et nécessite une certaine habileté. Mais, en général, l'usage énergique de la brosse suflit à prévenir les dépôts tartriques. Aussi doit-on habituer de bonne heure l'enfant à cette manœuvre d'hygiène, indispensable au système dentaire pour sa conservation. #
La brosse à dents n'est jamais employée à sec. Elle est généralement mouillée d'eau tiède ou de dentifrices liquides, légèrement astringents et aromatiques, dont les formules sont variables, on peut même dire illimitées. On doit se garder, en général, pour les dents, des cosmétiques acides; leur emploi, dangereux lorsqu'il est mal manié, doit être réservé aux spécialistes. Fuyez comme la peste ces
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dentifrices japonais... ou autres, à base d'alun, qui ont causé la perte de tant de dentitions, sous le prétexte de leur donner la blancheur éclatante. «En^ d'autres termes, méfiez-vous des poudres qui blanchissent trop bien : elles sont acides. Un des meilleurs dentifrices liquides (parce qu'il est souvent très utile et surtout parce qu'il présente rarement d'inconvénients) consiste en une solution de chlorate de potasse dans l'eau, additionnée de teinture de cachou et de quelques gouttes d'essence de menthe.
Quant aux poudres dentifrices, les meilleures sont les poudres végétales, la poudre de charbon, par exemple, qui possède des qualités absorbantes et désinfectantes de premier ordre : on y ajoute en général de la poudre de quinquina, pour rendre le dentifrice tonique, de la poudre d'iris de Florence pour le parfumer.
Il faut employer, toutefois, avec de grandes précautions, et sur les dents seules, la poudre à base de charbon, sinon, on s'expose à avoir, au bout de peu de temps, les gencives tatouées en noir d'une manière indélébile, par les in-
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crustations de poudre qui s'y déposent. Les poudres minérales trop dures (corail, agate, émeri, pierre-ponce, yeux d'écre visses, qkârtz, etc.) sont à rejeter parce qu'elles rayent, à la longue, l'émail dentaire et ouvrent ainsi la porte à la carie.
Nos lecteurs trouveront, au Formulaire, plusieurs ordonnances decosmétiques buccaux, et d'autres concernant la désinfection de l'haleine. Ces dernières ne s'appliquent évidemment à cette infirmité que lorsqu'elle est de cause locale. Nous *avons étudié ailleurs {Odeurs du corps humain) les causes de l'haleine fétide, et c'est d'après cette étude que le praticien pourra diriger ses efforts de traitement, dans les cas difficiles.
Pour corriger les senteurs d'ail ou de tabac, rien ne vaut les tablettes de cachou de Bologne, dont la formule est bien connue. Pour tonifier la muqueuse buccale, nous conseillons encore de la laver, trois fois par jour, avec de l'eau tiède additionnée de quelques gouttes d'un mélange (à parties égales) de teinture de pyrèthre et d'alcoolature de cresson du Para.
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Pour absorber les gaz odorants, chez les personnes sujettes aux éructations, il faut emplo)fer les pastilles de charbon végétal aromatisées.
Nous n'insisterons pas sur les dangers que présentent pour le public la plupart des dentifrices du commerce, que ces dentifrices soient pulvérulents, mous ou liquides. Le public, en eflfet, à 'défaut des Conseils d'hygiène, fait souvent justice des mauvaises préparations, en même temps qu'il fait le succès de celles qui le méritent. Nous demanderions néanmoins, de la part de l'autorité compétente, un peu plus de surveillance pour tous les produits, en général, qui échappent à l'ofEcine inspectée du pharmacien.
Ferons-nous maintenant pénétrer nos lecteurs dans les détails des soins que nécessitent les affections dentaires ? Non. Car, outre les connaissances spéciales qu'exige cette étude (et que nous n'exposerions que sous peine de délaisser le genre lisible pour le genre en-
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nuyeux), nous sortirions ainsi du domaine de rhygiène, qui prévient les maladies, mais ne les guérit point, et nous entrerions dans le domaine de la médecine, jusque dans l'antre peu accessible des spécialistes !
Mais nous ne quitterons pas les dents sans .parler des recherches intéressantes de M. E. Kirk sur la carie dentaire de la grossesse.
D'après cet auteur, àonilt Philadelphia médical Times d, publié le travail, il faut rechercher la cause des caries dentaires chez la femme enceinte, dans Tappel des sels calcaires qui se £iit à l'organisme de la mère pour former le tissu osseux du fœtus. !« conclusion est que, pour prévenir la carie de la mère et fortifier à la fois le squelette de l'enfant, il faut administrer, dans ce cas, des préparations de phosphate de chaux.
Les envies si connues des femmes grosses pour le plâtre, la craie, l'ardoise et autres substances minérales s'expliquent enfin. Elles répondent à un besoin naturel de l'organisme, très analogue à celui des poules pondeuses qui vont chercher le plâtre et la chaux, dans
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le but de constituer à leurs petits une coquille résistante et solide.
Donnez donc du phosphate de chaux aux femmes enceintes, et vous démolirez le vieux proverbe : « Chaque grossesse coûte une dent à la mère. » — Venienii occurrite morbo!
Les altérations des dents sont susceptibles de commencer dès les premiers mois de Inexistence; et l'on voit assez souvent des caries survenir chez des enfants de dix-huit mois à deux ans. Ces caries peuvent déterminer des abcès, des fistules, daB cicatrices difformes, des pertes du bord alvéolaire de la mâchoire; et, secondairement, des troubles profonds et permanents, dans le développement normal de la deuxième dentition, c'est-à-dire de la dentition définitive.
Il faut, le moins possible, procéder à l'extraction des dents de lait. Cette extraction rétrécit les alvéoles dentaires et amène pour l'avenir de graves malformations dans la. dentition.
Le conseil municipal de Paris a récemment
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discuté rorganisation d'un service dentaire dans les écoles communales de la ville. Rien ne serait plus utile ; 75 p. 100 'des enfants ont besoin de soins urgents de la bouche. Le service dentaire gratuit devrait même être étendu à toute la population parisienne. Dans des cliniques spéciales, on soignerait, avec les ressources de la science moderne, la carie dentaire, les périostites, les anomalies du système dentaire, etc. On enlèverait le tartre dentaire et Ton enseignerait les soins de propreté trop méconnus, hélas, de la classe ouvrière, et les règles qui doivent présider à une bonne hygiène buccale.
Point n'est besoin d'affirmer que nous nous associons pleinement aux améliorations* projetées par ceux qui, de près ou de loin, s'in4 téressent à la santé du peuple, « ce cœur de la nation ».
La carie dentaire devient de plus en plus fréquente. Est-ce un signe de dégénérescence? Nous croyons plutôt que cette augmentation est en raison de la civilisation. L'influence d'une nourriture recherchée, la vulgarisation
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des eaux gazeuses naturelles ou artificielles sont des causes invoquées également par nombre d'auteurs compétents. Ces causes sont aujourd'hui à leur maximum. Elles existaient peu dans la vie antique. Voyez les momies égyptiennes : elles possèdent toutes leurs dents, et la carie s'y constate rarement.
Faut-il aussi incriminer le sucre, ce condiment indispensable de la civilisation, comme l'appelle Michel Lévy? Le docteur Poulet (de Plancher-les-Mines), un éminent praticien auquel la science médicale doit certainement plus qu'à bien des personnalités officielles et tapageuses j — le docteur Poulet attribue au premier déjeuner sucré et féculent des citadins la fréquence toujours croissante de la carie dentaire dans les villes. Il est incontestable que les croqueurs de bonbons et de chocolat se préparent d'évidentes caries : mais le jeûne matutînal, en honneur dans les grandes villes, a, croyons-nous, une bien plus mauvaise in-
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fluence sur la dentition que les plus sucrés déjeuners du monde. Inutile d'en faire davantage ressortir les raisons, qui résident surtout dans l'action de la salive acide et des microbes sur la production de la carie.
Un dentiste américain, le docteur Kulp, affirmait récemment que l'usage du pain noir (c'est-à-dire du pain qui renferme les matières terreuses de la périphérie du grain) est d'une très grande utilité pour la nutrition et la conservation des dents. Cette action est commune à tous les aliments riches en phosphate de chaux, la farine d'avoine, par exemple : les Ecossais, qui en font la base de leur nourriture, ont, paraît-il, une dentition exceptionnelle. Il ne faut donc jamais oublier de remédier, c4iez les enfants, à la pénurie des phosphates alimentaires. Un enfant nourri de pain noir, de farine d'avoine, de la viande cartilagineuse du veau, etc., verra son système osseux, et les dents, qui sont des ostéotdes (pareilles à des os), prospérer et se fortifier visiblement, i Si le travail prématuré des écoliers nuit
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beaucoup au développement de leurs dents, cela tient à ce que l'effort cérébral (comme Ta démontré îe regretté Byasson) consomme et élimine une notable quantité de phosphates, Q.uoi qu'il en soii, les professeurs et chef^ d^instîtution ont toujours remarqué que les premiers élèves des classes ont généralement la plus déplorable dentition. Les docteurs Martin et Gallippe ont fait des remarques analogoes sur les élèves de notre Ecole poly^ technique.
Il est temps de remédier chez nous^ par une hygiène serrée^ aux altérations dentaires de plus en plus fréquentes dans notre race * Térosion den taire j la dent n^iiiie, la vulnérabilité des dents, leur usure facile, leur cîiducîté précoce^ peuvent presque toujours être évitées et prévenues par T hygiène et la thérapeutique. Quant à la chirurgie dentaire, on peut en dire ce que Thiers disait à tort de la République : elle doit être conservatrice ou elle ne sera pas. La deuxième dentition ^
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et l'éruption des dents [de sagesse s'accompagnent d'accidents qui réclament les soins les plus éclairés : on ne doit pas plus abandonner ces accidents au premier venu des arracheurs de Jents, que l'on ne doit les abandonner à la marâtre nature.
Un nombre considérable de caries est dû à des chocs plutôt qu'à des altérations chimiques. Les paysans perdent leurs dents en s'en servant pour casser des noisetttes ou des noyaux, ou en mordant dans des aliments plus ou moins compactes. Nous voyons au contraire, selon la juste remarque de M. Aube, les phtisiques, dont toutes les sécrétions sont prodigieusement altérées, mourir le plus souvent avec une dentition superbe. La conclusion est donc en faveur de la théorie physique de la carie, contre la théorie chimique, trop exclusivement soutenue par Magitot.