‹ L'hygiéne de la beautéChapitre 11 sur 50 · HYGIÈNE DE LA CHEVELURE · texte numérisé non relu

HYGIÈNE DE LA CHEVELURE

^ous sommes loin du temps où les Romains achetaient à moitié prix les esclaves chauves. Nous n'attachons même plus, au point de vue esthétique, l'importance que nos pères attachaient à l'opulente chevelure. Cependant, on est navré lorsqu'on perd ses cheveux. Nul n'est plus irritable qu'un chauve, surtout quand la calvitie vient s'installer chez lui avant Vâge, Et qui ne s'efforce de cacher son âge? Combien d'hommes sont femmes sur ce point! Combien dépenseraient, pour' retrouver leurs cheveux, au moins autant qu'il leur en a coûté pour les perdre!

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Ainsi, après les fluctuations sans nombre qu'a subies la chevelure dans rhlstoîre des peuples anciens et dans notre histoire uatîonale, une condition capitale, celle d*avûîr des cheveux^ a survécu aux modes tour à touç décédées, et surnagé dans le cœur de nos. contemporains. Cela soit dit pour le sexe laid, Quant au beau sexe^ une riche chevelure sera toujours le but de ses convoitises et Tobjet de ses soins : la chevelure a été^ est, et restera toujours l'un des plus sérieux ornements de la beauté de la femme,

DonCj ne perdons pas nos cheveux : car, une fois perdus, il qsi bien difficile de les retrouver. Pour se convaincre de cette vérité, que sieneraic Joseph Prudhomme, contemplons j comme le propose Henri Heine, les nombreuses têtes chauves qui émai lient un parterre de nicdecius ! Ces lêtes ne se sont point fait faute d'essayer les innombrables panacées se partageant l'honneur de repeupler les crânes dégarnis. L'illustre Malgaigne aimait à conter, i ce propos^ l'histoire d'un charlatan qui, ^om lancer \xxi « régénérateur » quel-

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conque de la chevelure, en adressait des échantillons aux membres d'une académie nàédicale. D'abord, on se tordit de rire; puis, quelque temps après, ou s'aborda silencieusement en se murmurant aux oreilles : « Je crois qu'ils poussent. »

Si vous voulez maintenant, chers lecteurs, rechercher avec nous la cause intime de ce désir ardent d'avoir des cheveux, vous ne la trouverez pas seulement dans la mode et dans le désir de "plaire, mais dans un besoin de nature, inhérent à la physiologie humaine.

C'est que le cheveu n'est pas uniquement un ornement pour la tête ; c'est un signe de force et de santé ; c'est un agent de défense contre les influences extérieures ; c'est un protecteur contre les chocs, le froid, [le soleil, l'ijumidité, etc., contre [l'action offensive des vicissitudes atmosphériques et météoriques en général.

J.e cheveu est un organe admirablement constitué pour absorber l'humîdité : nul n'ignore que c^est précisément sur ces propriétés hygroscopiques que se base Vhygromètre peu exact, mais délicat, imaginé pat le physi-

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cien français de Saussure. La médecine montre d'une manière éclatante l'action organique du cheveu dans ce sens : on observe des douleurs de tête continues, des coryzas rebelles à tout traitement^ des rhumatismes chroniques du cuir chevelu, accompagnés de douleurs atroces et persistantes, le tout disparaissant comme par enchantement (chez des chauves) par h simple prescription... d'une perruque !

Mais nous n'en sommes pas là. Occuponsnous seulement de conserver nos cheveux.

Pour cela, il faut savoir les causes qui amènent leur chute. Parmi les principales se placent les maladies. Qu'elles soient générales , comme la phtisie ou la fièvre typhoïde ; ou bien locales^ comme l'eczéma et les teignes, ces causes ne doivent pas attarder l'hygiéniste ; elles ressortissent à la médecine proprement dite.

Il existe certaines prédispositions diathésiqnes héréditaires, encore peu définies, qui font que les membres d'une même famille, sans aucune cause apparente, perdent leurs cheveux de bonne heure, à vingt-cinq ou

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trente ans, par exemple. Ces faits ont été souvent rapportés au vice rhumatismal : notre Bazin faisait môme de la calvitie précoce un des traits caractéristiques de son tableau de Varthritis.

L'exagération du travail cérébral, les passions dépressives, soucis, chagrins, douleurs morales ; les veilles fréquemment répétées, la vie intense des grandes villes : — voilà autant de causes à la chute des cheveux. L'abus des plaisirs de l'amour agit aussi puissamment dans ce sens, et cela en dehors même 8e toute maladie spécifique. Quant aux excès de nourriture et de boisson, leur action n'a-t-elle pas été exagérée ? Pour nous, nous la reporterons surtout sur la cause précédente. La confusion est, d'ailleurs, facile (disons-le en latin): ft A Cerere et Bacchofriget Venus. »

Pour passer à un autre ordre d'idées, plus terre à terre, il fciut voir dans la coiffure une des raisons puissantes delà calvitie. L'affreuse toque et le bourgeois bonnet de coton ont, il est vrai, disparu de notre société démocratique. Mais il nous reste le chapeau haut de

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forme, ce point de mire de Tindignarion de tous les gens sensés, ce cylindre ridiculej lourd, incommode, compresseur des crânes et infrancliissable obstacle à Taération des cairs chevelus. Il persiste, ce tube idiot, dans sn gravité bère et solennelle : il n'a pas encore cru devoir succomber sous les injures redoublées de rhygiène et du bon goût.,. '

Avant tout, le cuîr clievelu a besoin d'une fréquente ventilation, et sn végétation est bien plus luxuriante en plein air. Comparez les têfes, découvertes s^ins cesse de nos maîtres d'hôtels, avec les crânes dénudés de nos officiers, victimes des lourdes coiffures militaires. C'est Tabsence d* aération et la pression du turban qui rendent les Orientaux chauves à la fleur de Tâge, Enfin, les femmes qui emprisonnent leurs cheveux dans d'étroits liens, . et qui choisissent comme coiffures celles qui tordent, tiraillent et compriment la chevelure, fatiguent leurs bulbes pileux, et favorisent ainsi Talopécie précoce. Les cheveux doivent être doucement hissés, peu serrés, disposés mollement j pour cause d'aération indispensable»

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En somme, la liberté^ même pour les cheveux, est une bien excellente chose!

Sur la tête, s'accumulent sans relâche la sécrétion sudorale, les produits sébacés et les déchets de l'épiderme. Non seulement ces détritus sont, pouf le cuir chevelu, des corps étrangers entravant ses fonctions*; mais encore ils peuvent, en fermentant, devenir pour lui des causes d'irritation manifeste. D'autre part, les cheveux sont, par nature, sujets à s'emmêler plus ou moins ; c'est à cette intrication qu'est due, en partie, l'alopécie des nouvelles accouchées et celle des convalescents, lorsque ces sujets, après une négligence forcée, viennent à recourir à l'action brutale du peigne.

Rien de plus propice (nous l'avons dit) à la vigueur du cheveu, que Taération journalière, la ventilation de la tête, avec le peigne et la brosse. Il faut rejeter le peigne fin, pour user du démêloir à dents écartées ; le peigne fin arrache les cheveux et irrite les cuirs chevelus

disposés au pityriasis (pellicules : du grec pituron, son). La brosse sera dure; on la maniera avec plus ou moins d'insistance, selon la sensibilité individuelle. Les brosses métalliques, dont la dureté peut, d'ailleurs, être graduée, sont fort hygiéniques et entretiennent remarquablement (nous le disons par expérience) la propreté et la vitalité du cuir chevelu. Les objets servant à la* toilette de la tête devront être *tei¥JS dans la plus grande propreté. En nettoyant ces objets, en trempant fréquemment dans une solution alcoolique ou phéniquée les brosses, peignes, épingles, rubans, postiches, résilles, filets, etc., on évitera presque sûrement les maladies parasitaires qui atteignent le cuir chevelu. Le vinaigre aromatique est précieux pour la propreté et l'entretien des brosses de crin, qui retrouvent, à son contact, leur fermeté et leur netteté primitives ^

* Voir notre Hygiène du travail : Coiffeurs et perruquiers.

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Une bien mauvaise pratique pour la tête, et des plus répandues, c'est l'usage régulier de Teau, en ablutions savonneuses ou non.

EUinger démontrait par une récente statistique que cette habitude est un des facteurs principaux de la précoce calvitie. Sur 100 alopéciques, 85 usaient depuis leur jeunesse des ablutions aqueuses ; et parmi ceux qui avaient gardé, jusque dans un âge avancé, une chevelure bien fournie, 8 seulement sur 100 avaient cette habitude. Sous Faction de l'eau, le bulbe pileux se gonfle et fait tomber le cheveu devenu terne, sec, cassant. Tout le monde a remarqué que les sujets dont le cuir chevelu est déboisé transpirent beaucoup de la tête ; ce fait n'est-il point plutôt la cause que l'effet de la calvitie ? Nous posons cette question aux maîtres compétents.

Quoi qu'il en soit, ceux qui craignent la calvitie doivent être hydrophobeSy éviter de plonger leur tête dans l'eau des bains ; et, pendant les chaleurs de Tété, s'éponger sérieusement le cuir chevelu. Une ou deux fois par mois seulement, il faut se laver la tête

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avec de l'eau de son tiède tenant en suspension un jaune d'œuf, ou quelques grammes de borax en dissolution.

duels cosmétiques employer pour la tête ?

A vrai dire, aucun n'est indispensable. Toutefois, Tutilîté d'imprimer à la chevelure une direction harmonique capable de faciliter la coiffure existe, de par la tyrannie de sa majesté la Mode, qui a rendu impérieux l'usage des pommades ou des huiles. Les pommades !

préparatious mauvaises, qui rancissent aisément, laissent sur ia tête un résidu compact et résineux, malpropre et irritant, et nécessitent la pratique constartte des nettoyages de la tête, si pernicieux à la chevelure. Les huiles ont moins d'inconvénients, surtout l'huile de ricin, qui rancit peu. La glycérine, qui, chimiquement^ est un alcool, possède les propriétés physiques des huiles sans leurs inconvénients ; ce qui restreint, selon nous, son emploi comme cosmétique, c'est que, loin de lustrer et d'assouplir le cheveu, il le ternit et Tagglomèrc plutôt. Cependant, nous recommandons volontiers pour la chevelure

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une brillantine composée d'alcool à 90® ou de vieux rhum, où Ton difcout un dixième de glycérine très pure, additionnée d'essences de citron ou de bergamote. La médecine contemporaine a vraisemblablement trouvé dans une nouvelle plante le jaborandi, un agent précieux pour accentuer la pousse et la coloration des chevelures. Plusieurs observations favorables nous engagent à préconiser, ^ans ce but, à nos lecteurs, des lotions avec une macération de feuilles de Jaborandi concassées (faite à froid durant quinze jours), dans un poids quatre fois supérieur d'extrait fluide de quinquina et de teinture d'arnica mélangés. Essayez, lecteurs alopéciques ; l'expérience en est facile et sans danger aucun : vous obtiendrez de bons résultats, la chose est probable, non seulement dans les cas de chute prématurée, mais dans le cas de décoloration partielle précoce de la chevelure. C'est cette mixture que nous recommandons spécialement aux blondes qui se chagrinent d'une toison céphalique trop diversement nuancée.

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Les fixateurs de la chevelure, bandolines, etc., ont presque toujouif pour bases la gomme adragante, les résines, le mucilagç de coings. Ils constituent des préparations nuisibles, qui irritent et encrassent la tête et empêchent la nutrition du cuir chevelu. De plus, les cosmétiques fixateurs, en tirant sur les cheveux, surtout au sommet de la tête, où ceux-ci sont rebelles au peigne, sont fort préjudiciables. C'est à cause d'eux probablement que la calvitie est si fréquente et si précoce au vertex, où les chevaux sont tiraillés, et d'où part, du reste, la raie tracée par le peigne. Disons, en passant, que, pour cette dernière^ elle ne doit pas toujours être faite au même endroit, mais au contraire fréquemment changée de place. Pour vivre bien portant, le cheveu demande surtout à ne pas être tourmenté. C'est aussi pour cela qu'il ne faut pas épiler les cheveux blancs : cette pratique insensée non seulement hâte la canitie, mais la complique de calvitie certaine.

Nuisibles aussi à la vitalité de la chevelure sont l'ondulation et la frisure au fer rouge; et

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cela, non seulement parce qu'elles tiraillent le cheveu, mais surtout parce que la chaleur des fers modifie sa constitution anatomique et cause sa mort. On a conseillé le fer chauffé à Teau : il ne vaut guère mieux. Tout au plus, tolérons-nous à nos aimables lectrices leurs papillotes et leur bigoudis^ mais en leur recommandant la plus grande douceur dans leur application.

Tous les deux mois environ, on rafraîchira les cheveux en coupant leur extrémité. Ne jamais couper les cheveux ras. Cette pratique ne donne aucun résultat au point de vue de la pousse; mais, en revanche, elle est féconde en angines, en névralgies dentaires, en maux d'oreilles, en catarrhes du nez et du larynx, dans nos climats tempérés surto||t, où les variations atmosphériques et météoriques sont si fréquentes. Aussi devons-nous laisser à l'enfant ses cheveux pendant les trois ou quatre premières années de sa vie. Sous le faux prétexte de lui procurer une opulente chevelure (alors que, comme l'assure justement Cazenave, les plus belles chevelures sont celles que les ci-

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seaux n'ont jamais touchées), on supprime cruellement à la tête si délicate du bébé sa toison protectrice naturelle. Renonçons donc à cette habitude vicieuse.

Nous conseillons chlz les enfants : i^ de ne point couper brusquement une longue chevelure; 2° mais de tailler assez fréquemment les cheveux robustes et très fournis ^ car une abondante chevelure (en soustrayant au sang une grande quantité de sucs nutritifs, fer, chaux, silice, etc., aliments minéraux importants), peut engendrer la débilitation et la chloro-anémie; bien des cachexia virginum n'ont point d'autre cause.

Que faire quand les cheveux tombent } L'hygiéniste pratique doit répondre à la question. Mais on con|pit qu'il ne puisse donner que des indications ^très générales. On commencera par rafraîchir les cheveux ou même les raser, si toutefois le cuir chevelu ne s'irrite pas sous l'action du rasoir. Les cheveux sont-ils secs; on les oindra d'huile de ricin imprégnée de quinine, de soufre, de camphre, de goudron ou de toute autre substance anti-

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septique. Les cheveux sont-ils gras; on userai de lotions alcalines, au borate où au carbonate de soude; d'alcool à 86°; de saponine, substance qui fait la base du shampooing des coiffeurs. Si la peau du cuir chevelu est écailleuse^ on aura recours aux balsamiques, huile de cade ou de bouleau ; s'il y a des croûtes, on les fera tomber d'abord par des cataplasmes de fécule, pour employer ensuite les modificateurs, variables selon les cas, que conseillera la médecine. Si enfin l'on a le droit de songer (chose fréquente chez les enfants, même des classes riches), à certains parasites animaux, qui s'appellent en français des poux, on emploiera des lotions sur la tête avec une solution de sublimé corrosif au trois-centième.

Telle est l'hygiène* de la chevelure. Nous Tavons dit au début de ce chapitre : la calvitie est ordinairement peu réparable. ^ On dirige contre elle des pommades à base de quinquina,, d'iode, d'arnica, de catharides, de tanin, de créosote, de baume de Pérou, de fer, etc.;.

armes à double tranchant qui circulent librement dans le commerce, alors que, pour les

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mtinier sans danger, il ne faut rien moins que la science d'un habile médecin. — Nos lecteurs se tiendront en garde contre tous ces produits qui composent le luxueux arsenal de la parfumerie moderne : ils s'en trouveront bien, qu'ils en soient sûrs!

Voici une formule qui s'applique à tous les cas où, sans cause bien tangible, l'alopécie vient à se manifester. Matin et soir, on frictionne le cuir chevelu avec gros comme un pois de la pommade suivante :

OjC Vasseline blanche ' 40 grammes

Huile de ricin 20 —

Acide gallique 5 —

Essence de lavande. ....... "10 gouttes.

C'est une préparation tonique et sans danger aucun.

Pour le nettoyage de la tête, le meilleur agent est, sans contredit, l'alcool de vin concentré à 90®, que l'on additionne (s'il y a des pellicules abondantes) d'un millième de sublimé. Toutefois, les lotions alcooliques trop, répétées ont l'inconvénient de dessécher le

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cheveu et. de hâter sa décoloration : il faudra donc user, deux ou trois fois par semaine au moins, d'un cosmétique gras. Le meilleur est la vaseline ou la lanoline, lorsqu'elle est pure : on la parfume à volonté, et l'on possède en elle une pommade ayant tous les avantages des corps gras sans présenter aucun de leurs inconvénients (taches, rancidité, etc.).

Vers l'âge de trente-cinq ans chez l'homme, un peu plus tôt chez la femme, on voit, peu à peu, au milieu de cheveux plus ou moins colorés, briller comme des fils d'argent : c'est la canitie qui commence; elle débute généralement par les tempes, et c'est même du lathi tempus que ces régions faciales tirent leur nom, par^ que c'est là que le temps exerce d'abord $9f ravages. Les causes que nous avons indiquées de la calvitie prématurée hâtent également la canitie : nous ne nous ^ arrêterons pas. Quant au mécanisme de production du cheveu blanc, nos lecteurs savent,évidemment.

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que le cheveu est un organe creux, renfermant à son intérieur une sorte de moelle diversement pigmentée, et que c'est à la disparition de cette moelle qu\est due la blancheur du cheveu ; le blanchissèment s'effectue de la base à la portion libre de cet organe. Il est faux de 'dire que les blonds conservent plus longtemps leur pigment médullaire ; ils'paraissent blanchir moins jeunes, parce que les cheveux blancs tranchent moins sur une chevelure bloîide :

voilà l'explication bien simple d'un préjugé fort répandu.... .t

La canitie n'est point toujours un phénomène de régression vitale, causée par les progrès de l'âge ou par une maladie générale ou locale. Elle peut se produire rapidement, sous l'influence d'un trouble subit du système nerveux, d'une émotion violente, par exemple.

Les observations eiî sont rares; il ne faut pas les multiplier outre mesure, ni imiter cet historien qui raconta que la chevelure de Marie- Antoinette passa du noir au gris à la suite de ses dures épreuves, alors que la cause de cette canitie rapide résidait tout simplement dans la

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privation d'une teinture noire dont elle usait journellement. Mais il y a plusieurs exemples de canitie subite qu'il est aussi difficile de nier que d'expliquer. Thomas Morus blanchit dans la nuit qui suivit sa condamnation capitale, ce qui fit dire à son apologiste : « nox quam longa es y quafacis unà senem ! »

Ces cas de canitie soudaine sont rares. Mais leur existence est certaine : Bichat, Charcot, Georges Pouchet, et bien d'autres auteurs dignes de foi, en ont rapporté des exemples, non sans les soumettre à un contrôle scientifique des plus sévères.

Une histoire singulière est celle que l'illustre Campanella met sur le dos du moine Ubipertus. Ce moine était candidat à l'épiscopat; mais, trop jeune encore pour être mitre, il part à Rome pour demander une dispense au pape. Débouté de sa dem4nde, il blanchit de dépit en une nuit, de telle sorte que le pape ne le reconnut plus le lendemain, et nomma alors évêque celui « quem evidenti signo Deus probasset ! » Recommandé aux candidats à l'épiscopat !

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On cite aussi des faits de canitie partielle occupant la moitié de la tête, par exemple.

Plus rares sont les faits de grisonnement intermittent : cependant Ôesterlen a vu des personnes dont les cheveux blanchissaient après un excès de table ou autre, et retrouvaient, peu après, leur coloration normale. Mais, nous le répétons, il faut se méfier des cheveux qui blanchissent faute d'être noircis artificiellement : nous pouvons en rapporter un dernier ■exemple fameux, en citant l'histoire du régicide Orsini, noir d'ébène lors de son arrestation, et grisonnant lors de scfti supplice.

Beaucoup de personnes se teignent les cheveux : nul mieux que le médecin ne sait •combien fréquente est cette fraude, quoique, à la vérité, on le consulte peu (et c'est un tort), lorsqu'on veut employer une teinture.

Dépuis la mythologique magicienne Médée jusqu'à la moderne parfumeuse Sarah Félix, tous les produits susceptibles de teindre en

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noir ont été sucessivement employés à régénérer la couleur de la chevelure. Malheureusement, il est certain que les préparations tinctoriales inofFensives ne tiennent pas^ et ne donnent qu'une coloration douteuse et fugitive, tandis que les teintures vraiment dignes de ce nom sont des préparations nuisibles au plus haut point. Ce sont des composés à base de sels de plomb, d'argent, de cuivre, de mercure, de chaux, de bismuth, d'étain, etc., qui, • lorsqu'ils ne produisent pas sur l'économie tout entière les symptômes généraux des di- . verses intoxications, irritent le cuir chevelu, y causent des éruptions graves, ou détériorent le cheveu et amènent *une calvitie rapide. Méfions-nous aussi des peignes de plomb : ils ont causé des empoisonnements graves, ailleurs que dans V Histoire des treize de Balzac.

Les teintures blondes américaines, à basé de sulfate de cadmium et de sulfliydrate d'ammoniaque, sont à peu près sans danger. Mais leur action locale est toujours nuisible au cheveu, sur lequel on ne peuf exercer longtemps, impunément, les morsuhs de la chimie.

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Les préparations métalliques les plus nuisibles sont celles à base de plomb : elles exposent les personnes qui en usent aux plus noirs méfaits, et à tous les accidents généraux du saturnisme^. Quant aux produits à base de sels de cuivre et de nitrate d'argent, s'ils sont peu redoutables au point de vue des effets généraux, ils produisent presque toujours une irritation locale funeste à la chevelure. En résumé, • on peut toujours écrire, au sujet des teintures, ce que Constantin James écrivait, il y a vingt ans : « Quoique l'art de teindre les cheveux ait fait des progrès notables, quoiqu'on cite des personnes qui font usage, depuis des annçes, . de certaines préparations sans que leur santé ait paru en avoir aucunement souffert, il faut se souveilir toujours que M^^** Mars, qui, elle aussi se teignait les cheveux dans l'espoir d'une éternelle jeunesse, succomba, en une nuit, à la suite de désordres cérébraux que détermina une nouvelle application. »

* Voir, dans notre Hygiène du travail, le chapitre Saturnisme.

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Néanmoins,

Et pour faire un peu grâce à la nature humaine,

nous citerons quelques produits innocents pour teindre les cheveux, produits (comme nous venons de le dire) peu tenaces, hélas! et bien éphémères comme action : ce sont les pommades et cosmétiques noirs à base de noir de fumée et de charbon de liège ; le kohol qui est une solution d'encre de Chine dans Teau de roses, et dont se servent les Orientales; les produits à base de manganèse, de bgou de noix, de noix de galle ou de tannin ; à la ligueur, les préparations à base de fer, qu'on peut employer, d'ailleurs, rationnellement, à Tintérieur, puisque la moelle colorée du cheveu doit sa coloration surtout au fer (comme d'ailleurs tous les pigments des organismes animaux).

Mais, d'une façon générale, il ne faut pas teindre la chevelure ; outre les inconvénients graves et les ennuis sérieux qu'entraînent avec elles les pratiques tinctoriales, ces pratiques n'ont rien d'avantageux pour la beauté, qui

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réside surtout dans Tharmonie et dans la vérité des formes.

Les teintures ne vont bien qu'aux visages qui n'ont pas vieilli : sinon, l'on porte, selon le motd'Archidamus,« le mensonge sur la tête ».

Cazenave tolère les formules suivantes comme non contraires à l'hygiène. Contre les cheveux blancs, faire bouillir i gramme de sulfote de fer dans éo grammes de vin rouge et lotionner 2 fois la semaine le cuir chevelu.

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