LES COSMÉTIQUES
' N nomme ainsi, en hygiène, les substances destinées à la décoration humaine, à la beauté du corps; et Ton appelle « la cosntifique » cette portion de notre art qui s'occupe d*embellir la peau, de lui conserver ses qualités, de masquer ses fautes d'orthographe. La science cosmétique, très étendue et surtout empirique (dans le bon sens du mot, c'est-à-dire : dépendant de V expérience') ^ se trouve sur la limite incertaine qui sépare l'hygiène de la thérapeutique. Elle signale peut-être davantage ce qu'il faut éviter que ce qu'il faut faire, pour tonifier les chairs, entretenir la finesse des tissus, préserver la peau des éruptions, ses plus cruelles ennemies, etc.
Elle fait la guerre aux préparations qui gênent le fonctionnement des pores, font perdre aux tissus leur rétractilité et amènent des rides précoces : c'est ainsi que l'abus des fards, des coldcreams, des poudres, des vinaigres, en entravant la respiration cutanée, gerce l'épiderme et amène des éruptions. Les cosmétiques ne doivent être ni trop acides, ni trop alcalins. C'est dire qu'il faut user des vinaigres avec modération et surveiller avec soin les savons que l'on emploie.
Il est,, dans le commerce, des cosmétiques très dangereux, renfermant les poisons les plus violents. Ce sont généralement les produits décorés de titres très ronflants d' w extrait végétal y à base de plantes exotiques y etc.. », qui recèlent traîtreusement des sels de plomb (litharge,céruse, extrait de Saturne, minium); du nitrate d'argent, des sels de mercure (calomel, sublimé, cinabre, minium); d'arsenic (sulfure), ett. Nous renvoyons nos lectrices soucieuses de leur santé aux remarquables rapports de M. Charles Girard, directeur du Laboratoire municipal. Elles pourront s'édifier sur
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la composition chimique d'une foule de produits vantés par les réclames : teintures progressives à base de plomb, fards à base de céruse, laits virginaux à l'extrait de Saturne, etc.. Glissons, n'appuyons pas.:.
Le savon est la résultante de la combinaison des corps gras et des alcalis. Les savons durs ont la soude pour base et, comme corps gras, le suif, l'huile de palme, etc.. Les savons n>bus ont une réaction alcaline : ils sont formés de potasse et d'huiles végétales. Le savon est le roi des cosmétiques : c'est lui qui déterge la peau de ses matières graisseuses et de ses résidus épidermiques, qui polit ses aspérités et excite ses fonctions exhalantes; il ramolHt aussi les poils et facilite ainsi l'action du rasoir. Les savons de toilette sont fréquemment colorés avec des sels métalliques : car les alcalis, usités pour leur fabrication, attaquent et décomposent presque toutes les teintures d'origine végétale. Il faut employer de préférence le savon blanc ou jaune (le rouge
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est coloré avec des sels de mercure, le m^irbré avec le vitriol vert^ le vert avec l'oxyde de chrome). Quant au savon transparent dit ^ la glycérine^ il est fait de savon dur trempé dans l'alcoc)l bouillant.
Le savon- ponce renferme 20 p. 100 de poudre de quartz ; il est excellent contre les callosités épidermiques. Méfiez-vous des savons allemands, fabriqués avec Thuile de coco. Ils moussent abondamment^ mais ils laissent à la peau une odeur întecte. On peut, d ailleurs, par d'intelligentes combinaisons^ rtndre les savons non seulement innocents et agréables, mais encore toniques et mèdicamentaux ; le blanc de baleine, les plantes aromatiques, le santal-, le goudron, le camphre, le genièvre, la mauve, le borax, Textrait de son, etc., sont susceptibles de communiquer aux savons des propriétés vraiment salutaires pour la peau.
Mais Tessentiel, pour le visage surtout, c'est que le savon ne soit ni rance ni trop alcalin : sinon, il est irritant, échauffant pour la peau, sur laquelle il causera des cuissons, des i^erçures, des rides^ des dartres farineuses, etc.