‹ L'hygiéne de la beautéChapitre 12 sur 50 · POMMADE NOIRE · texte numérisé non relu

POMMADE NOIRE

^ Cire blanche 125 grammes

Huile d'olive 300 —

Faites fondre et ajoutez :

Charbon de liège 60 grammes

pour colorer de temps à autre les cheveux à l'aide du démêloir.

Quant à la teinture en blond, elle s'obtient par Veau oxygénée (qui finit par altérer la constitution du cheveu), qu mieux en faisant bouillir, jusqu'à réduction de moitié, 150 grammes de

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rhubarbe dans 1/2 litre de vin blanc. On passe, on imbibe les cheveux et on laisse sécher. Cette dernière formule est inoffensive, mais peu tenace. Toutefois, elle est moins momentanée que la teinture de curcuma.

Disons, enfin, quelques mots, des soins à donner aux sourcils. Il faut les brosser tous les matins, de la tête à la queue, en y passant une petite brosse molle imprégnée d'eau alcoolisée ou glycérinée. Cette pratique facile régularise la pousse de ces arcs pileux, si utiles au charme de l'expression, et éloigne souvent l'alopécie superciliaire.

Quant aux cils, pour conserver leur intégrité, il faut ménager les paupières par une hygiène visuelle bien comprise *, laver fréquemment les yeux avec l'infusion froide de bleuets ou de cerfeuil. Notre savant ami le docteur Hubert, conseille, pour la beauté des cils, l'emploi d'une mixture à la pétro-vaseline liquide, renfermant en dissolution un centième d'acide borique. ■

* Voir Hygiène de la vue : in Propos du Docteur.

1^4 Hygiène de la beauté

DE LA DÉPILATION

La dépilation, autrefois fort en honneur chez les Égyptiens, les Grecs et les Romains, n'est plus usitée de nos jours, comme pratique ginéraky que chez les femmes d'Orient. Mais nos modernes Parisiennes ont fréquemment recours aux dépilatoires pour enlever certains duvets importuns, parfois capables d'enlaidir les plus jolis visages. La chaux vive et l'orpiment (qui est un sulfure d'arsenic) forment la base habituelle des dépilatoires, sous le nom de rusma des Orientaux. Le rusma est un caustique dangereux, très délicat à manier, et que l'Occident devrait bien, une fois pour toutes, laisser à l'Orient. Non seulement le rusma corrode et détruit la peau, mais il a souvent déterminé des intoxications arsenicales, à la suite de la résorption de l'orpiment dans le torrent circulatoire.

Nous avons encore, comme dépilatoires, la pince classique et le non moins classique emplâtre de poix : ce sont également deux

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moyens irritants par excellence pour la peau : nous avons vu, plusieurs fois, Térysipèle succéder à l'épilation des vibrisses ou poils des fosses nasales. La seule formule que nous puissions conseiller ici est celle du dépilatoire dit de Bœtger. On le prépare en faisant, passer un courant d'hydrogène sulfuré dans un laitde chaux très épais, jusqu'à saturation. Puis, on prend de ce

Sulfhydrate de chaux bien égoutté . . 20 grammes

Glycérolé d'amidon 1 j

Amidon pulvérisé )

Essence de citron 10 gouttes.

On applique la pâte sur la partie à épiler, que l'on nettoie à l'eau tiède, après vingt ou trente minutes de contact. Voilà, sans aucun doute, le meilleur dépilatoire connu, et le seul inoffensif. Je l'ai employé, avec succès, pour le traitement du sycosiSy cette affection si rebelle qui siège à la barbe et aux favoris. (Il est bien entendu que les poils repoussent toujours après la petite opération, — qui est sans danger aucun, mais par malheur, purement palliative.)

14^ Hygtène de la beauté

M* le docteur Carpenter, cité par les Annales deDertnaiologiej préconise T acide acétique contre la plupart des difformités de la peau (naevi, taches pigmentaircSj etc.). Voici en parti culier coamient il procède pour détruire les poils, 11 prend un petit morceau de sapin^ le taille en pointe extrêmement fine^ puis le plonge dans Tacide acétique cristallisable et l'applique sur la peau à côtédu poil à détruire, sur lequel on exerce une légère traction, soit avec les doigts j soit avec une pince. On fait ainsi plusieurs applications à quelques minutes d'intervalle : la peau s'amollît et la pointe peut pénétrer dans le follicule pileux. Le poil cède alors à la moindre traction^ et Ton termine Topération en introduisant aussi profondément que possible la pointe dans le follicule pileux. L'auteur se sert parfois pour cette dernière opération de k têie d'une aiguille; le chas de raiguille retient un peu d'acide qui se trouve porté au fond du follicule. Il a pu opérer ainsi dix poils par séance. Le docteur Carpenter relate aussi le cas de petites tumeurs verruqueuses pédiculées, enlevées en taisant agir Tacideacé-

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tique soit sur la tumeur elle-même, soit sur son pédicule.

Nous devons, enfin, dire quelques mots de la nouvelle méthode épilatoire américaine, qui offre certains avantages lorsqu'elle est maniée avec douceur et habileté. Il s'agit de Temploi de l'électricité, dont les difficultés et la douleur ne compensent pas suffisamment (avouonsle) les quelques résultats pratiques. Voicf le manuel opératoire (Brocq) : il faut se servir d'une aiguille de platine iridiée aussi fine que possible ; l'aiguille doit être introduite dans le follicule pileux lui-m$me, le long du poil; elle^oit pénétrer sans résistance à la profondeur voulue, qui est d'ailleurs Variable. Le courant de trois à cinq milliampères est suffisant et la durée doit varier suivant les qualités de la peau, la région opérée, la profondeur et le volume des poils. Dans chaque séance, on p^ut, suivant les cas, enlever de trente à cinquante poils, en ayant soin de ne pas attaquer deux poils assez voisins l'un de l'autre pour que les visicules s'éloignent : on .s'exposerait

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à avoir des cicatrices et même des kéloïdes.

11 est bon de commencer le traitement par une séance d^épreuve dans laquelle on n'enlève que quelques poils disséminés çà et là.

M. Brocq pense qu'il faut se sefvir de courants très faibles. La durée pendant laquelle on doit faire passer le courant demande une grande expérience personnelle^ et une étude de chaque malade.

Lorsqu'on a enlevé, p^r Télectrolyse, tous les poils volumineux d'une région, les points opérés se recouvrent de poils plus fins que les précédents, à grosse racine pulpeuse assez profonde^ dont le développement semble avoir été hâté par les opérations d'électrolyse.

On ne doit pas (à moins que les sujets y tiennent absolument) toucher aux poils blonds peu visibles; si quelques poils deviennent réelletnent trop longs ou trop gênants, on les coupe ou on les flambe. Si les poils prennent un trop grand développement, il faudra intervenir par l'électrolyse. On devra résister aux sollicitations des femmes pour les moustaches, dont la destruction est très dou-

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loureuse et laisse souvent des cicatrices. Quand il n'y a que quelques gros poils disséminés çà et là sur le menton ou sur les joues, il y a de réels avantages à trajter par l'électrolyse.

HYGIÈNE DE l'aTTITUDE LE VÊTEMENT ET LA PARURE|

QUELQUES MOTS SUR l'hygiène de LA JEUNE FILLE.

|<* 'ÉQUILIBRE est la condition sine quâ non de l'attitude. Dans un très remarquable ouvrage, publié il y a quelques années, notre éminent collègue le D*" Ad. Nicolas a étudié avec le plus grand soin toutes les lois mécaniques et dynamiques de l'attitude, et énuméré les dispositions anatomiques favorables à l'équilibration. Le muscle joue ici le rôle organique prépondérant; la moelle épinière préside à la tonicité du muscle ; le cerveau et le cervelet coordonnent et adaptent ses

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mouvements et créent la notion du sens musculaire,

Uéducation de l'attitude s'opère peu à peu chez Tenflmt, et l'adaptation des mouvements se fait d'une manière de plus en plus précise, à mesure que les sens se développent, que le squelette se perfectionne, et que les muscles se fortifient. De douze à quinze mois, l'enfant prend l'attitude verticale et se met à marcher. Puis l'attitude se coordonne pour le travail, et le rôle de « l'effort », commence. Variable selon les professions, l'effort modifie les rapports des organes, il gène ou favorise le jeu des divers appareils de l'économie. C'est ainsi que les tailleurs, les dévideuses de soie, les montreurs d'ombres chinoises, finissent par avoir la colonne vertébrale tordue, et les membres plus ou moins contournés. Nos lecteurs savent tous, par nos articles sur l'hygiène des écoles, l'influence déformatrice exercée par les attitudes scolaires *.

Nicolas considère avec raison le vertige

* Voir nos ouvrages : L'Hygiène du travail^ La Santé par r exercice, etc.

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comme la berlue de l'équilibration, de même que les absences sont la berlue de l'attention. « Le vertige est un affolement du regard, »

L'indécision de l'attitude résulte de l'incertitude de la notion du milieu; l'étourdissement, une sorte d'ivresse, de faiblesse irritable, précèdent souvent le vertige proprement dit.

L'hygiène des attitudes consisterait à les varier, à en abréger la durée et à répartir convenablement les efforts qui les coordonnent.

L'abdomen et le tronc demandent à être soutenus par des ceintures, des bretelles, des corsets bien conditionnés. L'hygiène des attitudes doit commencer à la première enfance :

l'enfant qu'on porte sera changé de bras ; son corps sera rectifié par un maillot bien appliqué; on ne cherchera, chez lui, ni à hâter ni à exagérer la marche. A r&ole, on encouragera les jardins d'enfant, les jeux et l'exercice sous toutes les formes. On rendra attrayantes les promenades et les récréations, ainsi que la gymnastique, qui ne sera aimée des élèves que lorsqu'elle sera libre et non réglementée comme aujourd'hui. Chez la jeune fille, on

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utilisera avantageusement la danse, en plein air, bien entendu. On supprimera les hauts talons, qui sont pleins de dangers au point de vue de Thygiène.

L'expression des attitudes d'équilibre peut être atone, abandonnée, avachie, chez les frileux, les souffreteux^ les vieillards, les imbéciles : elle sert parfois de masque à l'hypocrisie. L'attitude ferme de l'homme droit, au contraire, indique une harmonie maîtresse, un caractère décidé, loyal, confiant. L'attitude discordante, cambrée, accuse la prépondérance de la matière surTesprit; c'est l'attitude provocante du fat et du fanfaron. Les attitudes indécises du poltron, du tracassier, du fantasque, du versatile, du vicieux, du méchant, etc.. se révèlent par des caractéristiques qui se prêtent peu à^l'analy^.

Les attitudes maladives spéciales se rencontrent dans l'hydrocéphalie, Tasthme, l'atrophie musculaire, etc. La douleur influence l'attitude en provoquant des contractions réflexes, des mouvements de réaction ou de concentration variés. Dans la folie, le désordre

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de l'attitude est au complet ; il diffère selon la variété de délire et d'hallucinations.

Les attitudes passionnelles émotives sont coordonnées selon les modes « atonie, concentration, suspens, fermeté, expansion, »

isolés ou combinés pour produire la peur, la. tristçsse, la répugnance, la haine, le désir, le courage, la joie, etc. Puis, de ces impressions habituellement ressenties dérivent des attitudes typiques, physiognomoniques : celles du vice, de la vertu, de la timidité, du malheur, de la fortune, de la pauvreté. Li race et Théredite, le sexe et l'âge viennent également nuancer lattitude et lui imprimer un cachet spécial.

Un humoriste connu, Gabriel Prévost, dans son ouvrage intitulé : Le Nuy le Fêiement, la Parure^ a posé avec raison le principe d'esthéiique suivant : « Il n'est créature si laide dont on ne puisse encore augmenter la laideur; donc, on peut, au moins, s'embellir en évitant ce qui enlaidit. »

' On pourrait donc écrire le manuel esthétique de l'atiitude, — c'est-à-dire l'exposé de ce qu'il faut faire et aussi de ce qu'il faut éviter, pour conserver l'harmonie générale,et cette consonnance des traits du visage et des' diverses parties du corps, qui constitue la vraie beauté.

Le type de la beauté est évidemment différent chez l'homme et chez la femme; mais, dans Tun comme dans l'autre sexe, être beau, c'est être d'ensemble, ainsi que l'a exprime Feyen-Perrin. Ou, en d'autres termes (avec madame de Girardin), il y a deux sortes de beauté : celle que Ton reçoit et celle que Ton prend*

La beauté réside donc dans l'harmonie d'ensemble, de milieu, de couleur. La concordance est une condition sine qud non de la beauté.

Le type du beau est, il est vrai, essentiellement relatif aux races : mais sa conception est sensiblement la même dans toutes les races indo-européennes. Le sentiment de la formé et celui de la couleur sont singulièrement aiTaire d'éducation, ou plutôt d'instruction.

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En connaissant, en effet, la loi des couleurs, loi dont la découverte est due à Tillustre Chevreul, on est facilement coloriste, ou plutôt on le devient.

« En juxtaposant les couleurs complémentaires, on porte la couleur ou le ton à son maximum d'irritation ou d'intensité. » Il suffit de savoir que le jaune-vert a pour complémentaire le rouge- violet; le rouge orangé, le vert-bleu, etc.. pour ne pas faire vibrer des tons inharmoniques, et pour paraître avoir du goût, Ufte dame est charmée par les tons d'une robe de soie violette placée, dans un étalage, à côté d'une robe jaune. C'est affaire de symphonie. Elle achète sa robe et l'emporte à domicile; à son arrivée, l'étoffe paraît sale, défraîchie, passée. Elle croit avoir été' victime d'un abus de confiance; elle n'a été victime que de la loi Chevreul...

Cette loi et ses dérivés sont parfaitement applicables au vêtement, au costume, ainsi qu'au maquillage et à la teinture des cheveux. Il faut se garer, comme de la peste, de cette rupture dans l'harmonie des couleurs:

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elle jette partout la laideur et le ridicule.

Écoutez' cette page de Chevreul sur le chapitre des chapeaux,., féminins :

« Un chapeau noir à plumes ou à fleurs blanches, ou roses, ou rouges, convient aus blondes.

Il ne messied pas aux brunes, mais sans être d*aussi bon effet- Celles-ci peuvent ajouter des fieurs ou plumes orangées ou jaunes.

Le chapeau blanc mat ne convient réellement qu'aux carnations blanches ou rosées, qu'il s'agisse de blondes ou de brunes. II en est autrement des chapeaux de gaze, de crêpe, de tulle; ils vont i toutes les carnatîoDS.

Pour les blondes, le chapeau blanc peut recevoir des fleurs blanches, ou roses, ou surtout bleues. Les brunes doivent éviter le bleu, préférer le rouge, le rose, Torangé.

Le chapeau bleu clair convient spécialement au type blond; il peut être orné <juelquefois de fleurs jaunes ou orangées, mais non de fleurs roses ou violettes. La brune qui risque le chapeau bleu ne peut se passer d'accessoires orangés ou jaunes*

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Le chapeau vert fait valoir les carnations blanches ou doucement rosées. Il peut recevoir des fleurs blanches, rouges et surtout roses.

Le chapeau rose ne doit pas avoisiner la peau ; il doit en être séparé par les cheveux, ou par une garniture blanche (ou par une garniture verte, ce qui vaudrait encore mieux).

Les fleu|s blanches à feuillage abondant sont, 'd'un bon effet dans le rose.

Le chapeau rouge plus ou moins foncé n'est conseillé qu'aux figures trop colorées.

Eviter les chapeaux jaunes et orangés. Se montrer fort réservé vis-à-vis du chapeau violet, qui est toujours défavorable aux carnations, à moins qu'il en soit séparé non seulement par les cheveux, mais par des accessoires jaunes, qu'une brune seule pourra risquer avec des accessoires bleus ou violets. » . L'importance de l'arrangement des cheveux est réelle pour l'expression du visage ; les cheveux ras virilisent les traits, que féminise la raie au milieu du front. Il est banal de blaguer l'absurde et hideux chapeau haut de forme, que jamais aucun sculpteur ne pourra

i6o Hygiène de la bemUé

faire figurer d:ins la statuaire ; on peut souhaîtei: que cette ridicule coiffure, mal aérée et gênante, vienne à disparaître de nos mœurs. Il serait injuste, toutefois^ de méconnaître que le chapeau hnnt de forme préserve des chocs:

en temps d'ouragan et de pluie de cheminées, il a sauvé bien des existences et empêché bien des fractures du crâne. -^

Nous ne saurions, ou le conçoit, décrire au point de vue de l'esthétique, Tarrangement des cheveux chez la femme, les ornements de la tète : peignes, épingles, voiles, fleurs, etc, ; les divers génies de vêtements et de coiffures, etc.- que la femnie doit varier selon son genre de beauté et aussi, hélas 1 suivant les caprices des modistes.

Pour en finir, souvenons-nous toujours que toutes les pardes du corps sont solidaires, et que Ybabiiiis général doit être, avant tout, harmonique :

( Mime quand l'oiseau Tuarche^ on voit qu'il a des ailes, k

Hygiène de V attitude i6i

Vérité que Diderot exprime aussi à sa manière, lorsqu'il afErme, avec justesse, que Ton reconnaît un bossu rien qu'à ses pieds !

Quelques mots sur Thygiène virginale.

C'est, croyons-nous, La Rochefoucauld qui a dit : « On devrait souvent rappeler aux jeunes filles qu'elles ne seront pas toujours jeunes. » Cette maxime doit constituer la base de l'éducation féminine ; le docteur Corîveaud, dans son ouvrage sur VHygiène de la jeune fille^ a eu raison de protester contre nos mœurs corrompues et prudes qui font « du mot sacro-saint de maternité un terme dont les jeunes filles rougissent lorsque par inadvertance on le prononce devant elles ». Nous irons plus loin : il n'est pas rare de voir, dans des pensions de demoiselles, de jeunes pensionnaires sérieusement effrayées, à la vue des sanglants symptômes de la révolution organique qui s'opère chez elles à la puberté.

i62 Hygiène de la beauté

La femme étant, sinon une malade^ comme l'a écrit Michelet, du moins un être délicat, les modificateurs hygiéniques ont, appliqués à elles, une grande importance, principalement dans les villes, où l'air est insalubre et confiné, où les logements sont exigus, où la" vie n'est vraiment qu'une asphyxie lente.

L'appétft de la jeune fille a besoin, pour se maintenir régulier, de la*régularité même des repas. L'estomac se fatigue et se révolte, s'il est sollicité, capricieusement, à tout instant du jour, au lieu d'être discipliné par un travail méthodique. Le régime de la jeune fille ne doit pas consister en bouillons gras et en viandes saignantes ; une bonne soupe maigre, des plats variéSy viandes bien cuites, légumes et desserts, sont un régime bien préférable.

Toute nourriture excitante est, d'ailleurs, nuisible, au plus haut point, à la beauté virginale. Il faut régler avec soin, dans ce but, les repas des jeunes filles,. veiller à ce qu'elles ne gâtent point lefur estomac, leurs dents, par les acides et les sucreries, dont

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elles sont portées, assez naturellement, à faire abus.

La jeune fille se lèvera de bonne heure, fera des ablutions froides, déjeunera légèrement, puis ira, de suite, à la promenade. Elle respirera, de bon matin, le grand air et gagnera ainsi de l'appétit pour le repas de midi. Après ce repas, un exercice ou un jeu quelconque favorisera la digestion. L'aprèsmidi, nouvelle promenade. La gymnastique (dont nous avons ailleurs exposé l'utilité dans l'éducation féminine), la gymnastique entretient la santé, la vigueur et la beauté ; la danse de caractère aidera également la jeune fille à triompher de la chlorose, sa plus cruelle ennemie. Enfin le séjout à la campagne, l'équitation, l'exercice en plein air, la natation, les bains de mer, triompheront de l'anémie la plus rebelle *.

Le corset est, dans Thygiène virginale, un « thème à variations » pour tous les hygiénistes. Partie nécessaire de l'habillement de

* Voir : La Santé par V Exercice (O. Doin).

1^4 Hygiène de la beauté

la femme^ le corset n'est digne d'aucune malédiction, s'il est taillé sur mesure, « c'est-àdire ajusté aux formes particulières de chacune de voLiSj et fait de telle sorte et avec de tels matériaux, qu'il soutienne sans comprimer, redresse sans froisser, et laisse à la respiration un jeu ample et facile ». (Coriveaud. ')Frenant appui sur les hanches, le corset ne doit pas refouler le ventre, comprimer l'estomac, aplatir les seins* Le corset a traversé cinq époques distinctes et est arrivé, de nos jours, à n*être pas trop anti-hygiénique. Les bandes de la période antique, les justaucorps et les corsages serrés du moyen âge et de la Renaissance, les corsets baleinés du dix-septième et du dix-huitième siècle étaient, incontestablement, plus funestes à la santé de la femme que le corset contemporain '.

C'est surtout par l'exercice et la distraction que s'enfuient les idées capricieuses et lunatiques. Pour éviter les « rêves » des jeunes filles et les dangers que présente pour elles

' Voit, pour détiih sut le Corset y les Propos du docteur.

Hygiène de V attitude 165

ïisolement de leur existence, il faut veiller à deux points : occuper l'esprit, fatiguer le corps. Il ne faut pas, toutefois, exagérer ce programme ; surmener les facultés intellectuelles de la jeune fille, c'est exalter son système nerveux si sensible : c'est nuire à sa santé et à sa beauté. La jeune fille a besoin de beaucoup de sommeil. Rien n'entrave son développement physique comrne les veilles prolongées et répétées, l'abus des soirées, des bals, des spectacles ; rien n'entretient plus l'anémie et le nervosisme que Texcès de ces plaisirs qui font faire du jour la nuit, et de la nuit le jour : le sommeil diurne est loin d'être aussi réparateur que, l'autre; et chacun sait combien le visage des actrices et des mondaines se pâlit et se fane de bonne heure.

Les goûters, lunchs, five dock, etc., sont très mauvais pour l'estomac et par conséquent pour la peau, puisque, selon Lorry, maximum cum cute consensum habet ventriculus. C'est dans la boutique du pâtissier que la jeunç fille va le plus souvent récolter les crampes d'estomac. La gastralgie une fois semée, on ne tarde pas

1,66 Hygiène de la beauté

à récolter les bouffées de chaleur au visage, Turticaire, l'acné, etc., qui suivent le mauvais estomac comme l'ombre suit le corps, et qui deviennent les irréconciliables antagonistes de la beauté virginale * .

* Pour les détails de l'hygiène des femmes, consulter notre récent volume, l'Hygiène des Sexes (O. Doin édit.).

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