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HYGIÈNE

qju'est-ce que la beauté?

j^u'est-ce que la beauté? Avec Aristote, vous nous laisserez, si vous voulez bien , adresser cette question aux aveugles. Le mot beauté s'applique, d'ailleurs, presque exclusivement à la femme. Le sexe laid a le droit, il est vrai;de faire, jusqu'à un certain point, son profit des préceptes et conseils donnés au beau sexe pour la conservation et l'amélioration de sa beauté. Mais l'homme peut être laid : il peut même abuser de cette permission. La beauté est, au contraire, une obligation pour la femme :

Hygiène de la beauté

la seule obligation de la ferr^me, disent les sceptiques : « La beauté, c'est toute la femme. » (P.-J. Proudhon.)

L'hygiène a incontestablement une large part dans l'ornement du corps, dans l'accroissement de ses charmes, dans la correction de ses défouts. La cosmétique est un chapitre de l'hygiène : arme à deux tranchants peut-être, ars metuendissima,... du temps de Martial. Mais la science moderne a perfectionné la cosmétique comme tout le reste. Déplus, Y orthopédie, science moderne, nous est née, pour modifier mécaniquement la nature et épuiser les difformités congénitales ou acquises * .

Il appartient donc à l'hygiène (qui est la vraie médecine de l'avenir, la médecine préventive) de fortifier et d'ennobUr cet ensemble harmonieux se recommandant extérieurement par l'unité pure des formes et le juste ordonnancement des proportions : nous venons, croyonsnous, de définir la beauté. La santé est la gaine qui enveloppe cette perle : c'est l'ordonnatrice

* Voir D' E. MoxiN : î'Orlhopédie, préface du Traité des handages, de Rainai.

Qu'est-ce que la beauté? 3

et la vraie conservatrice de la beauté. Ou, pour parler d'une façon plus précise, Thygiène donnera à chacun le maximum de beauté dont il est capable. Mais il faut qu'elle veille, dès l'enfance, sur l'individu. Il faut que Tiiabitude et l'éducation physique assurent le maintien chez l'enfant ,ei répriment ses mauvaises attitudes, scolaires ou autres ; qu'elles confèrent à tous ses mouvements la grâce, la précision, l'adresse; qu'elles éloignent, enfin, de lui toutes causes de détérioration et de déchéance physiques.

Le rachitisme, par les déformations qu'il imprime au corps, en déviant la colonne vertébrale et pliant les os longs des membres, fait, pour l'avenir, obst^icle à toute beauté, même relative. Eh bien ! l'hygiène peut beaucoup pour' la prévention du rachitisme. L'enfant pourvu d'une alimentation appropriée à*son âge, élevé dans une habitation sèche, lumineuse, aérée; soumis aux modificateurs généraux, aux toniques, à la gymnastique, etc., échappera au rachitisme et à ses conséquences, ter-

Hygiène de la heaiiié

ribles pour Torthomorphose. Autre exemple :

La scrofule, avec ses cicatrices hideuses, son coryza chronique, son ozène, ses éruptions de la peau et du cuir chevelu, ses cils chassieux, ses lèvres grosses, ses dents mauvaises, etc., la scrofule peut être également enrayée par le bon air, le soleil et les soins médicamenteux appropriés*.

Et (sans parler plus longtemps de ces grandes maladies générales, trop souvent héréditaires ou innées, et où la médecine la mieux entendue est parfois impuissante), l'hygiène ne peut-elle pas, dès le berceau, veiller sur les cheveux, les dents, les yeux, les oreilles; guérir les malformations de la peau, les envies, les taches érectiles, les verrues, etc.?

Pour ce qui est des dents, elles jouent, n'est-il pas vrai ?un grand rôle, dans la beauté du visage. Eh bien! Fart doit presque fatalement intervenir, vers la sixième ou septième année, pour empêcher les accidents qui'tiennent

* Voir les chapitres consacrés à la scrofule et au rachitisme dans les Propos du Docteur, par le D' E. Monin (Giraud, éditeur, 1885).

Qu'est-ce que la beauté?

à un manque de proportion entre i'alvéole et les dents. Alors, un praticien habile, par des extractions bien combinées, par de petites opérations, par des redressements à l'aide du plan inclinéy pourra empêcher l'allongement des dents, leur poussée irrégulière, leur disgracieuse saillie en avant. C'est ainsi et seulement ainsi, que Von obtiendra pour Tavenir (en y joignant quelques soins hygiéniques habituels) une denture normale et dont la disposition sera régulière et superbe.

Pour les oreilles, on veillera à ce que leurs pavillons ne s'écartent pas de la tête : pour cela, on ne les laissera jamais en dehors de la coiffure infantile. On évitera de les tirer, de les déformer par l'usage absurde de la boucle d'oreilles,... etc.

» Deux beaux yeux, il n'est pas d'éloquence pareille ! »

a écrit notre prosaïque poète Ponsard. Mais aussi, quoi de plus affreux que la direction anormale de la ligne visuelle ? Eh bien ! on peut empêcher un enfant de loucher : la pré-

Hygiène de la beauté

vention du strabisme esiste. On atteint le but par des traitements généraux, d'abord : par l'occlusion d'un œil, l'électrisation, les collyres à l'atropine, Tusage de verres ou de prismes correcteurs, ou celui des coquilles percées qu'on nomme vulgairement louchetles : ^nnn, par les exercices orthoptiques et stéréoscopiques bien combinés.

Si tous ces moyens échouent, en dernier ressort on a recours à des opérations, sections musculaires et tendineuses, dont le manuel varie selon les cas, mais qu'il importe, pardessus tout, de pratiquer sans trop attendre.

La beauté extérieure des formes est évidemment variable, selon l'idéal esthétique des divers peuples * :

Le sel est doux aux uns, le sucre amer aux autres... Charnellement se joindre avec sa parenté, En France, c'est inceste; en Perse, charité:

Tellement qu'à tout prendre, en ce monde où nous sommes» Et le mal et le bien dépend du goût des hommes. ,

a dit notre vieux poète Mathurin Régnier.

^ * Burton dit qu'une femme, belle pour nouSj Européens, l'est pour le monde entier. Mais Darwin doute (avec raison) qu'un bon noir préfère, à une négresse de bonne mine^ la plus belle des blanches.

Qu'est-ce que la beauté?

Nous autres ^Occidentaux, nous demandons à la femme belle une peau blanche, fine, lisse, animée de teintes fraîches. Telle peau, telle beauté, et nous pouvons dire aussi : telle santé, tant les rapports sont grands entre les fonctions et les organes ! Les chairs doivent être fermes et douces au toucher, les formes ondulées, l'embonpoint moyen. D'ailleurs, la beauté différera sensiblement suivant la nuance claire ou foncée des cheveux.

La beauté blonde est plus brillante, plus gaie, plus féminine; la beauté brune est plus solennelle, plus touchante, plus mâle...

Le poète arabe exige d'une femme belle les qualités suivantes .:

Quatre choses noires : chevçux, cils, sourcils, pupilles.

— — blanches : peau, globe de rœil, dents^

jambes.

— — roiiges : langue, lèvres, gencives, pom-

mettes.

— — rondes : tête, cou, avant-bras, chevilles.

— — longues : dos, doigts, bras, jambes.

— — larges : front/ yeux, reins, hanches.

Diaboli virtus in lumbiSy disait saint Jérôme, qui s'y connaissait.

rB Hygiène de la beauté

Quatre choses étroites : sourcils, nez, lèvres...

— — charnues : joues, cuisses, fesses, mollets.

— — petites : oreilles, poitrine, mains, pieds.

Nous ne discuterons pas la valeur de ces attributs. Mais nous remarquerons que la moitié au moins d'entre eux (les choses rouges, rondes, charnues, etc.), sont purement et simplement des reflets de la santé physique.

Elle seule est capable de donner au teint l'éclat radieux de la jeunesse et de la fraîcheur ; aux yeux et à tout le visage, l'expression accomplie qui nous charme et nous attire. Tandis que la mauvaise hygiène, les diathèses, les orages et les tares organiques sèchent et décolorent la peau, rident les traits du visage, impriment aux téguments des tonalités jaunes ou verdâtres; aux ongles, aux dents, aux cheveux, etc., les stigmates de la nutrition vicieuse.

Laconcordance est constante : toujours l'harmonie fonctionnelle organique a son reflet visible dans l'harmonie esthétique des formes. « La santé, selon un aphorisme du grand philosophe-médecin von Feuchtersleben, la

Qu est-ce que la beauté?

santé n'est autre chose que la beauté dans les fonctions de la vie. » Or,

Platon Va. dit lui-même :

La beauté, sur la terre, est la chose suprême.

Concluez donc, chères lectrices... et prosternez-vous devant la toute-puissante déesse Hygie !

Ce qui prouve bien, du reste, les rapports étroits gui unissent la santé et la beauté, c'est VhérédiU de cette dernière. Archidamus, roi de Sparte, fut condamné à payer une grosse amende pour avoir épousé une femme laide et Ihétive, qui ne pouvait lui donner des princes beaux, comme il en fallait alors pour commander aux peuples. La beauté est héréditaire comme le sont en général, toutes les qualités des tissus organiques.

La loi de l'hérédité plane sur tous les êtres vivants et assure la perpétuité des espèces. L'art de procréer de beaux enfants, — la callipédie des anciens, est sûrement conjectural. Mais il est certain que de la vigueur physiqye et morale

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des conjoints, dérivent des produits supérieurs. Les enfants faits, au contraire, par des parents malades, fatigués au moral et au physique, ne sauraient jamais être de beaux enfants. Comljien d'idiots et d'épileptiques ne sont que des produits conçus au içilieu de l'ivresse ! '

Hésiode prescrivait la continence au retour des enterrements, de crainte que les époux • ne vinssent à produire des sujets névropathiques. Galien, consulté un jour par un peintre très laid, affligé d'une progéniture plus laide encore, lui conseilla d'entourer, son lit nuptial de trois statues de Vénus. Ne demandons pas si le moyen indiqué réussit au client de nétre grand ancêtre : mais applaudissons à la haute valeur morale de l'apologue...

En résumé, sous le titre d'HYGiÈNE de la BEAUTÉ, nous nous proposons d'écrire une série de causeries destinées à vulgariser les préceptes capables de maintenir la validité et l'harmonie des organes dont l'ensemble relatif

Qu'est-ce que la beauté F ii

constitue ce qu'on est convenu d'appeler la beauté. Le beau n'a pas besoin d'être décrit. Les métaphysiciens disent que « c'est la splendeur du vrai ». Cette définition ne définit rien; cependant elle répond à une idée exacte et bien scientifique. En eflFet, en matière d'expression, ainsi que le fait remarquer Bichat, où finit la vérité, commence la grimace : tant sont étroites les bornes dans lesquelles la nature a circonscrit le vrai...

La beauté est le reflet, ou si l'on aime mieux, la forme tangible de la santé. C'est pourquoi, l'on trouvera dans ce manuel, écrit par un médecin, moins de digressions esthétiques que de préceptes d'hygiène. Lorsque Balzac définissait la laideur « une douleur que l'on conserve toute sa vie, » il méconnaissait la toute-puissance palliative et corrective de l'art médical. Le protéiforme Esculape peut être tout, même parfumeur; car nous verrons, par la suite, qu'il y a des fnédicatnents cosmétiques comme il y a des médicaments aliments : Natura non facit saltus.

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La mission éternelle de la femme est de plaire à Thomme. Elle doit donc faire tout pour acquérir et augmenter en elle la beauté, « promesse du bonheur » (Stendhal). Un homme qui a du mérite et de l'esprit n'est jamais laid : une femme, chez qui la grâce et la beauté sont absentes, verra toutes ses autres qualités réduites à :(éro, faute de Yuniié qui les fasse valoir !

« Les jolies femmes meurent deux fois », dit Fontehelle.

OBÉSITÉ ET xMAIGREUR

FA beauté n'est pas compatible avec ces deux extrêmes. Comme la vertu, elle se tient dans le juste milieu.

Quand l'embonpoint s'exagère, les formes du corps deviennent monstrueuses : la graisse s'accumule au bas des joues, triple le menton, cuirasse le tronc et l'abdomen, matelasse les parois de la poitrine. La taillerie tarde pas à se déformer, puis à disparaître ; la figure perd son expression ; des chairs molles et bouffies infiltrent les lignes du visage et empâtent ses mouvements. Le poids du siège et celui du ventre deviennent fort pénibles chez les obèses.

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surtout en été; les mouvements sont difficiles ; ^ Faction de se baisser, la position couchée, sont alors autant de supplices. La polysarcie . abdomino-crurale prédispose aux hernies (surtout à celle de l'ombilic), «t à l'eczéma* intertrigineux. Elle compromet d'importantes fonctions. On peut le dire en latin : pinguîa cor-' pont Veneri ineptûy ce que la Sagesse des nations a librement traduit : Bon coq n est jamais gras. Réciproquement, les eunuques orientaux et les soprani de Saint-Pierre ie Rome se faisaient remarquer par Topulence de leur tégument graisseux.

Quelles sont les causes qui augmentent les proportions du tissu adipeux ? Parfois l'obésité» est congénitale, et l'enfaninaît avec des proportions qui rendent l'accouchement fort difficile. Souvent aussi, elle est héréditaire, et survient vers l'^ge de trente-cinq ans : sur une statistique de 38 obèses, Chambers a rencontré, dans 22 cas, l'hérédité. Dans ces cas, les sujets ont un tempérament lymphatique caractérisé ; ils vivent confinés d!ins l'oisiveté d'une existence indolente et monastique, dépourvue '

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de travail physique et soigneusement à l'abri des peines morales. Car l'obésité est, à n'en pas douter, un de ces, maux rentrant dans le cadre étiologique ingénieux, créé par M"^ de Sévigné, de ces affections qui viennent d'avoir « le cul sur selle ». La fréquence de la polysarcie chez les bureaucrates et chez les ecclésiastiques prouve clairement l'actiorfde la tranquillité de corps et d'esprit sur le développement du tissu graisseux. Les idiots, qui réalisent, pour ainsi dire, le type idéal de cette double tranquillité, dépensent le peu qu'ils ont de vitalité organique à amasser beaucoup de graisse.

Nous avons dit que la castration favorise l'engraissement. Le fait est moins constant chez l'homme que chez les animaux, mais il n'est pas moins certain. Les préparations arsenicales, et surtout rnercurielles (Liégeois), sont aussi des causes de prolifération adipeuse. Le rajeunissement organique et 1^ mouvement npfritif exagéré, que provoquent la convales- ^- çence, pçuyent aussi, parfois, et cela se conçoit aiséi;rtenl, amener Tétat polysarcique et

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riuscaller définitivement chez certains sujets*

L'envahissement des tissus par la graisse survient surtout vers trente ou quarante ans. Il atteint avec prédilection la femme, à cause de sa vie sédentaire, et simule parfois chez elle Tétat de grossesse (^grossesse graisseuse des vieux auteurs). Les prostituées, surtout, alcooliqites et inactives, tournent rapidement en graisse. L'obésité envahit la femme principalement à la ménopause, quand se ferme ce que Ton peut appeler là soupape de sûreté de Torganisme féminin. Aussi, quand vous entendez dire que Tâge critique est l'enfer du beau sexe, soyez persuadé que c'est moins à cause des maladies qui menacent la femme à cette époque, qu'à cause des déformations navrantes de sa taille par un disgracieux développement de la graisse.

^i la déviation de nutrition qui constitue Tobèsité reccvnnaît pour cause certaine «pas assez de dépenses », son' facteur primo'r^M est a trop de recettes ». L'origiiiie' die^la poly* sarcie est, presque toujours, dansTèSàgération

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alimentaire, et surtout dans l'abus des aliments gras, féculents et sucrés, dont la transformation graisseuse est une des conditions de notre chimie biologique. Mais il paraît probable, surtout d'après les expériences de Schmidt sur des chiens, que même les aliments azotés exclusifs, albumine, fibrine, caséine, etc., à la faveur d'opérations chimiques encore mal déterminées, sont capables de se transformer dans l'organisme vivant en matières grasses, puis de s'organiser en tissu adipeux. Ainsi, dans l'organisme mort, on voit les tissus musculaires longtemps enfouis dans certains terrains humides, se transformer en matières grasses ; c'est ce que notre Fourcroy nommait gras de cadavre. Mais ce sont principalement les substances alimentaires graisseuses qui créent la polysarcie : certains estomacs les tolèrent d'une manière incroyable. Tous les organismes ou presque tous se les assimilent sans difficultés, donnant raison aux physiologistes qui nous montrent les graisses s'absorbant en nature, sans avoir besoin d'un travail digestif complet, mais seulement après avoir

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été préalablement émulsionnées par la bile et par le suc pancréatique.

Il n'est pas de médicaments que Ton n'ait vantés contre Tobésité. Cependant, il faut bien le dire : la cure de cet état (organique, si ennemi de la beauté féminine (en Occident, du moins), la cure de cet état, n'est point l'affaire des drogues, mais de l'hygiène seule.

On a procédé parfois à la cure d'émaciation en provoquant . d'abond^antes sueurs par un bain turc suivi de douche froide : ce moyen peut être dangereux et causer des congestions internes. Il vaut mieux recourir discrètemertt à l'hydrothérapie qui, en excitant la vitalité des tissus, peut modifier la nutrition 'compromise ; les frictions et massages aideront l'action de l'eau froide. Le bain froid et surtout le bain de mer (aidé de l'air marin), parle choc et la pression ^u liquide, la soustraction du calorique et l'excitation de la peau tonifiée,, entravent la marche de la polysarcie, surtout quand la natation vient aider l'action résolutive, en contractant la musculature amollie.

Quant au bain chaud, les personnes grasses

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doivent s'en méfier ; il relâche le tissu celluj aire et favorise son infiltration graisseuse. La pneumothérapie, ou balnéation dans Tair comprimé, rend parfois des services : l'air comprimé active les combustions organiques et, en exci- * tant la nutrition languissante, peut aider à la résorption des élémeqts graisseux en excès.

L'obèse habitera un lieu sec et élevé. Il fera sans cesse de l'exercice. Régulièrement, une promenade à pied, d'une longueur progressive, le matin à jeun. Il y ajoutera la pratique des haltères, celle de la rame, la natation, les travaux manuels pénibles du labourage, l'usage de l'escrime et de la gymnastique.

D'après le D"" de Saint-Germain, l'équitation est un exercice passif assez facile aux obèses, et qui entraîne, par la fatigue et la sueur, un réel amaigrissement*.

Les obèses ont (nous Tavons dit) une grande tendance au sommeil, et le repos offre pour

* Oertel (de Munich) recommande surtout les ascensions de montagne et l'action de la chaleur sèche sous forme de bains d*air et de soleil. Il met ainsi, dit-il, obstacle à tout dépôt graisseux organique.

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eux d'invincibles attraits. Il était bien digne d'être obèse, notre vieux Mathurin Régnier, qui écrivit ces deux vers suant singulièrement la paresse :

Ah ! que c*est chose doulce et fort bien ordonnée, Dormir dedans un lict la grasse matinée !

C'est par une alimentation appropriée et surtout par un sommeil prolongé, que les Turcs conduisent leurs femmes à cet excessif embonpoint, qui constitue pour eux le comble de la beauté féminine. L'obèse fuira donc le lit, comme un de ses plus cruels ennemis. Son sommeil ne dépassera pas six ou sept heures et sera expressément interdit après les repas,

Mais, arrivons au régime diététique de la polysarcie, qui constitue le côté vraiment pratique de l'hygiène de l'homme gras. Il faut restreindre par le régime la quantité d'aliments, mais non point seulement, comme le veut Michel Lévy, « jusqu'à la limite au-des-

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sous de laquelle on ne se sent plus restauré. » Il faut franchir cette limite. L'obèse doit quitter la table avec la faim; peu à peu, cette sensation diminuera, à mesure que Testomac perdra ses habitudes tyranniques de plénitude ; l'économie s'habitue vite à l'absence d'une alimentation succulente prise en excès et disproportionnée avec les dépenses organiques. Il suffit, pour cela, de résister à la faim et à la soif. On commencera par supprimer, sans rémission, le premier repas du matin, que l'on remplacera avantageusement par l'exercice.

Semel comedere angelorum est; bis eadem die, hominuvt'yfrequentiùSy brutorum, dit un aphorisme ancien souvent cité.

L'obèse boira le moins possible ; il suppri-* mera toute libation faite entre les repas. II évitera, en mangeant, les aliments trop salés, qui provoquent la soif et amènent, par osmose, une diffusion aqueuse dans les tissus, favorisant puissamment la formation de la graisse.

Il restreindra considérablement l'alcool, la bière (et surtout le stout)y le porto, le cidre, le Champagne et les eaux gazeuses. Il évitera le

il Hygiène de la beauté

Liit, qui n'est qu'une émulsion (puisque les globulus Je lait ne sont autre chose que des gloSulcs graisseux entourés d'une mince enveloppe albuminoide). Il boira, aux repas, un vin iKiJe, jeune, léger; le vin blanc convient mieux, parce qu'il est moins nutritif, etsurtout piiive que son pouvoir diurétique entraîne, par le ^i^rinhl ègout collecteur de V économie , les matériaux de désassimilation ; Turine est la lessive du sang; la diurèse favorise donc l'élimination de la graisse, jusqu'à un certain point. Mais, nou.^ le répétons, il faut boire le moins possible; le régime émaciant est surtout un régime xérophagique. Dans certains cas,. enfin les bons vins de Bordeaux, riches en tartrate de ia\ peuvent avoir une action tonicjue utile au t rai :l ment.

L'obèse s'abstiendra de corps gras, beurres, grabscs, huiles, gras de viande, noix, olives, etc. Les huiles végétales, moins absorbables que les graisses animales, lui sont évidemment moins nuisibles. Il s'abstiendra de féculents, pâtes, vermicelle, tapioca, pommes de terre, riz, liaricots, sagou, ^alep, arrow^-root. Le

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macaroni, qui Q6t du gluten presque pur, peut être toléré. Parmi les farineux en général, c'est le maïs qui est le plus nuisible à l'obèse; son pouvoir adipogène est considérable. L'obèse évitera le sucre, les boûbons et surtout le chocolat (riche non seulement en sucre, mais en corps gras), les fruits sucrés, tels que les abricots, poires, betteraves, cerises douces. On peut lui permettre le melon, parce oue ce fruit est généralement laxatif.

Le pain sera fait avec de la flirine de second choix, mêlée même avec du son. L,'obèse fuira autant que possible les mets succulepts, les ragoûts, le foie, la cervelle, les rognons des animaux, et paf mi les volailles il évitera le

* canard et Toie, pour manger plutôt le poulet et le dindon. Comme viandes, il recherchera

. surtout la chair du bœuf et du mouton grillée ou rôtie. Comme poissons, il aura la sole, la " barbue, le bar, le turbot ; il fuira la laitance et les œufs de poisson, le saumoji, la raie,* et p:^r-dessus tout, Tanguille, poisson graisseux. Le r^pas du soir, très frugal, pourra consister en aliments légers et légumes frais herbacés :

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l'asperge, dont Hippocrate •vante les vertus astringentes, Toseille, les tomates, les fruits acides, tels que' les oranges, fraises, framboises, groseilles, cerises aigres, pommes. Nous permettons Tiisage du bouillon dégraissé, du café sans sucre et surtout du thé, qui est tonique et désassimilateur. En Angleterre, cette infusion joue un grand rôle dans le régime de Ventral nement : elle constitue pour les jockeys Tunique boisson qu'on leur distribue sans trop Je parcimonie. Germain Sée fait du thé chaud peu sucré, pris aux repas, la base du régime anti'obésique : et il est certain que cette métliode, bien supportée, fond et dégraisse assez rapidement les tissus. •

Ogni medaglia ha il suo riverso. Le proverbe italien s'applique fréquemment aux questions biologiques^ et c'est souv«nt dans le même cercle que tourne l'hygiéniste, surtout s'il recherchej comme nous, la vulgarisation.. Nous nous dispenserons donc de répéter, à propos

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de la maigreur, tout ce que nous venons de dire à propos de Tobésité. Dans ces questions d'hygiène à doubla face, il suffit souvent de retourner une phrase, pour percevoir, par transparence/ la portée complète de ridéequ'elle renferme.

La plupart des maladies aiguës et chroniques provoquent plus ou moins l'amaigrissement ;.

cet amaigrissement ne consiste pas, le plus souvent, dans la simple disparition de la graisse, mais dans la diminution, parfois poussée jusqu'au marasme, dans le volume général ducorps. C'est ainsi que la phtisie et certaines formes de cancers squelettisent littéralement les malades. Ce n'est point de cette maigreur accidentelle, atrophique, souvent incurable,, rivée en tout cas intimement à une maladie prjjnitive, que nous voulons traiter ici; c'est de la maigreur constitutionnelle ou acquise,, jusqu'à un certain point compatible avec une excellente santé, et dont les causes, comme la prophylaxie et*la curation, dépendent surtout des niodificateurs hygiéniques.

Sous l'influence d'une des raisons que nous

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allons développer, de l'insuffisance alimentaire, par exemple, on voit la graisse, substance très oxydable, disparaître assez rapidement, et la première, de l'organisme affaibli. Les côtes deviennent saillantes, les joues caves, le ventre plat; les articulations semblent plus grosses, par suite de la disparition de la graisse qui matelassait leurs saillies ; les yeux s'enfoncent dans les orbites, par suite de la résorption de la graisse rétro-orbitaire.

Brillât-Savarin définit la maigreur « l'état d'un individu dont la chair laisse apercevoir les formes et les angles de la charpente osseuse». Cette définition, quoique peu scientifique, dit assez bien ce quelle veut dire. Elle dit combien est disgracieuse la forme humaine amincie et décharnée; elle dit que « toute femme maigre désire engraisser, » quoique la santé soit très compatible avec la maigreur; quoique la maigreur, même extrême, soit infiniment plus agréable pour la femme que l'obésité, même peu marquée. La maigreur constitutionnelle, en effet, donne souvent la vigueur et l'agilité au physique, le courage et

Obésité et mameur

la volonté au moral ; mais elle coïncide généralement avec le tempérament nerveux, poison de tant d'existences; de plus, elle appelle de bonne heure, sur la face, les rides, et sur tout l'individu, le cortège des apparences d'une précoce séniKté.

Souvent héréditaire et congénitale comme la polysarcie, la maigreur peut reconnaître pour causes l'inanition, un mauvais estomac, une alimentation insuffisante ou vicieuse. L'usage des acides et notamment du vinaigre, auquel trop de jeunes femmes ont encore recours, prenant à la lettre le précepte de VArs amatoria d'Ovide:

Palleat omnis amans, color hic est aptus amanti,

est un puissant agent d'émaciation, surtout parce que les acides enrayent les transformations et empêchent l'assimilation des aliments amylacés, tout en détériorant, à la fois, le tube digestif. L'abus de l'alcool, de l'eau

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de mélisse, de la liqueur d'absinthe, agit également dans [le même sens, et annihile rapidement l'appétit. Les ténias et autres parasites entozoaires font maigi^r les sujets qui en sont porteurs, surtout parce que ces vers se développent à leurs dépens. Les grandes chaleurs de Télé et les climats chauds, par les pertes incessantes qu'ils nous infligent, dessèchent sigulièrement certains organismes. On voit des personnes dont le poids offre en hiver et en été des variations notables. Dans nos climats, pourtant, les individus sont toujours moins gras au sortir de l'hiver, parce qu'ils viennent de brûler leur graisse pour conserver normale leur température organique. C'est ce qui explique • également pourquoi les Esquimaux absorbent tant d'huile. L'âge, en diminuant la proportion d'eau que renferment nos organes, est une sérieuse cause d'émaciaiion; en vieilHssant, tous les êtres organisés perdent physiologiquement leur eau de Constitution. Le corps humain contient deux tiers d'eau; plus on est jeune, plus on en renferme, et les parties du corps les plus

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importantes sont aussi les plus aqueuses.

Quant à la graisse, elle est formée d'eau pour 5/6 de son poids.

Les troubles de nutrition qui s'opèrent au moment de la croissance, les excès de* travail physique, les professions pénibles, l'allaitement prolongé, Tabus des plaisirs de l'amour, en un mot, toutes les causes qui affaiblissent l'organisme et ^diminuent le taux vital, sont autant de causes actives de maigreur. Les causes morales, surtout lorsqu'elles troublent profondément les fonctions élevées du système nerveux, ont, à cet égard, une action sur laquelle il faut insister : la dépression mentale est, pour ainsi dire, exclusive de Tengraissement. C'est dans ce sens que Th. Gautier a pu dire que « le rêve est peu substantiel et peu propre au développement des régigns abdominales ». Les chagrins, les douleurs, les passions contrariées et violentes, la vie agitée, l'excès du travail cérébral, la jalousie, le jeu..., voilà des émaciants de premier ordre, dont tous les esprits un peu observateurs peuvent tous les jours apprécier la valeur active, hors

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de toute discussion. Ils produisent d'abord un malaise, un état de faiblesse irritable et d'énervement, entrecoupé de fièvres et de sueurs; puis l'appétit, déjà compromis, se perd complètement. La maigreur ne tarde pas à apparaître, alors, surtout si aux actions débilitantes morales s'ajoute (chose fréquente) la privation du sommeil : « La veille dessèche, disait le Père de la médecine, et^|f sommeil humecte. » *

La première indication du traitement de la maigreur, c'est de supprimer ses causes, si l'on •en trouve de palpables, ce qui a presque toujours lieu quand on cherche bien. Le séjour à la campagne, où Fesprit trouve le repos et le corps la vigueur, devra être conseillé. On évitera l'atmosphère du littoral méditerranéen qui, d'apjès Cazenave de la Roche, pousse à la maigreur. On supprimera toute cause d'affaiblissement; on instituera une bonne hygiène, on évitera toute cause de refroidissement et de sudation exagérée. Le sommeil sera de huit heures au moins; tous les quatre jours, on prendra un bain chaud pro-

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longé, pour relâcher les mailles du tissu cellulaire.

Ici encore, in alimentis tnedicamenta suni.

L'alimentation générale sera copieuse et nourrissante. On ingurgitera, après les avoir mâchés avec soin, des aliments réparateurs.

•. L'hiver seul permet la tolérance de la diète grasse^ régime analeptique qui devra être aidé de condiments appropriés : huile de foie de morue, 3 ou 4 cuillerées par jour, saupoudrées de sel gris pulvérisé : tartines de beurre Ô'ais chloro-bromo-ioduré de Trousseau (un aliment médicamenteui excellent), renfermant, pour 125 grammes de beurre frais, 3 grammes de chlorure de sodium, 20 centigrammes de bromure potassique, et 5 centigrammes d'iodure. L'huile de foie de morue est le nutriment stéatogène par excellence : elle renferme, sous un petit volume, les plus riches éléments d'engraissement. On recommandera au sujet maigre une alimentation généralement inverse de celle qui fait la base du traitement antipolysarcique : lait naturel, crème de lait dans du café, du kirsch ou du chocolat; farine

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lactée, racahout, pain bien cuit et bien levé, fait avec de la farine de premier choix. Parmi les potages, nous recommanderons les pâtes alimentaires, et surtout les gaudes, farine de maïs au lait, avec laquelle les Orientaux engraissent leurs femmes et les Strasbourgeois leurs oies. Les œufs, le lait de poule, les animaux entiers (huîtres, moules, escargots, écrevisses), les cervelles des jeunes animaux, les poissons défendus à Tobèse, le sucre^ les confitures, le miel (qui n'est qu'une solution concentrée de sucre, mêlée de gomme et de cire), sont très favorables à la production de la graisse. L'ampélothérapie ou cure de raisins est. un moyen que Ton peut également employer, avec de grandes chances de succès.

Mais, il faut surtout compter sur la diététique suivante : autant que le permettra la tolérance de Testomac, ingurgiter des corps gras, du beurre, des huiles, des viandes noires grasses, des pâtés de foie de volailles, du porc sous toutes ses formes. Aux repas, boire un bon vin tonique, coupé avec une eau naturelle arsenicale, ou mieux alcaline arsenicale.

Obésité^ el maigreur • 3}

Deux ou trois fois par jour, on boira, en outre dans l'intervalle des repas, un verre d'extrait de malt, de stout ou d'une bière forte bien préparée *. ,

* Voir pour plus de détails : Obésité et maigreur^ publication de la Société française d'hygiène, par le D^ £. Monin (2* édition, 1883).

A peau, cette enveloppe protectrice de rhomme, constitue un tissu éminemment vasculaire, qui maintient en équilibre la température extérieure du corps. De plus, c'est un organe de sécrétion, d'excrétion, d'absorption et de respiration. Aussi, depuis Sanctorius, tous les physiologistes se sont accordés à reconnaître la peau comme l'un de nos plus importants organes, et à river intimement (pour ainsi dire) les conditions de la santé,

* Voir La Propreté de l'individu et de la maison, par le D' E. Monin. 4T édition (traductions en plusieurs langues).

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comme celles de la beauté, au parfait fonctionnement du tégument externe.

Par les sécrétions sudorale et sébacée, et par la respiration constante (ou transpiration dite insensible) dont ses innombrables pojes sont Iq ' siège, la peau dégage plus 'de substances que les reins, que les poumons eux-mêmes. C'est pourquoi les animaux dont on supprime les fonctions cutanées (les chevaux que l'on enduit de goudron, par exemple) meurent peut-être plus lentement, mais tout aussi sûrement, que si l'on venait à entraver chez eux l'acte respiratoire. La mort, dans la variole confluente, est souvent due à la suppression, par l'éruption, des fonctions cutanées...

Ces quelques exemples sont de nature à montrer pourquoi la propreté est instinctive, non seulement à l'homme, mais à tous les êtres vivants. Si l'on voit les animaux eux-mêmes passer la moitié de leur vie à nettoyer, par tous les moyens, leur peau de ses souillures ; si, pour la santé de nos chevaux, nous usons quantité d'eau et quantité d'étrillés ; si la civilisation, exagérant la propreté indivi-

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duelle, l'a transformée en coquetterie; —c'est que l'homme a, de tout temps, reconnu que la propreté est vraiment la pierre angulaire de la santé, et que la malpropreté est une des grandes pourvoyeuses de la Mort. «L'homme et les moisissures ne vont guère ensemble, a écrit Fonssagrives : celui-là dépérit où cellesci prospèrent. »

Raspail émet cet aphorisme : « Le malpropre est la proie incessante, d'un malaise continu. » Inversement, la propreté préserve des indispositions et des maladies. La Rochefoucauld disait : « Elle est au corps, ce que l'amabilité est à l'âme, » et Bacon : <c ce que la décence est aux mœurs. » Ce n'est point assez dire.

Elle est vraiment la « santé visible » ou tout au moins sa « colonne fondamentale». (Hufeland.) Comme le disent les Anglais, « cleanliness isnext to godlinesSy » elle est sœur de la piété.

Plus nécessaire aux jeunes sujets que l'air et Taliment, le bon fonctionnement de la peau

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fait des organismes sains et robustes : la propreté, véritable élixir de longévité en vain cherché par tant d'alchimistes, devient, conséquemment, l'indispensable élément de l'hygiène du vieillard. C'est pour lui surtout qu'ont été faits, l'aphorisme si original du professeur Bouchardat : « La peau est le vicaire du rein,» et la comparaison si ingénieuse de Currie : « La peau est la soupape de sûreté de la machine animale. »

L'jeau était pour les anciens un élément d'une valeur inappréciable, et que toutes les religions un peu sérieuses ont cru devoir poétiser par les pratiques anciennes du baptême et des ablutions saintes. Chez les Grecs, le bain était une des obligations les plus sacrées de l'hospitalité; chez les Romains, cette pratique atteignit les plus luxueux raffinements. Les Ayurvédas nous montrent quelle importance religieuse avaient les ablutions chez les anciens Hindous. Moïse chez les Hébreux, Mahomet chez les Arabes, multiplièrent à l'infini ces ablutions, toujours sous le pritexte çni|?lémati(jqe d'une purification morale; mais.

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en réalité, parce que ces grands hommes sentaient profondément l'influence salutaire de ces pratiques d'hygiène, surtout dans les pays chauds; où « l'eau est à la peau ce que Tair est aux poumons ».

L'usage de l'eau est seul capable de tonifier le légument externe, de favoriser ses facultés d'absorption, d'entraîner les produits épidermiques usés, et de conserver ainsi l'intégrité du toucher, en aidant la nutrition, « ce tourbillon incessant » dont parle Cuvier, et qui est véritablement la caractéristique de la vie.

La propreté doit se traduire sur la totalité -du corps, qui constitue, dans son ensemble harmonique, un seul et grand organe. Nous vieillissons surtout par la peau. Conséquemment, les • lotions générales et les bains doivent jouer, dans l'hygiène privée, un rôle prépondérant, et cela, indépendamment de toute considération d'âge, de sexe, de condition.

De plus, certains organes demanderont des soins de propreté spéciaux; Tâge du berceau impliquera une hygiène cutanée un peu difié-

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rente, dans la pratique^, de celle des autres âges, etc., etc. (Voir, pour plus de détails, la Propreté de l'individu et de la maison^ par le D"^ E. Monin.)

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