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DE LA PHYSIONOMIE HUMAINE

rHOMME sain, a-t-on dit, est tout entier dans sa face. Ce n'esf pas sans raison que face vient de fariy parler. Les nerfs si nombreux et si divers, la richesse des vaisseaux sanguins, • et surtout les muscles, si abondants et si compliqués, que la nature a répandus à profusion dans la figure humaine, expliquent pourquoi celle-ci est comme un champ ouvert à toutes nos manifestations morales. Cesï vraiment sur le visage que la marée de nos passions, comme disent les poètes, monte et s'abaisse dix fois par jour : c'est sur lui que la rougeur et la pâleur, l'expansion ou le resserrement, la dilatation ou

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rallongement des traits viennent refléter nos sensations organiques. A la longue, les passions qu'exprime habhuellement notre physionomie viendront s'installer chez elle d'une façon définitive ; les impressions se fixeront en traits permanents : car la fonction fait rorgane. Ainsi, la joie habituelle épanouira les traits du visage, tandis oue la douleur les resserrera, ridera les fronts, assombrira et jaunira la peau. Puis, l'hérédité aidant, nous aurons un certain nombre de figures-types :

la figure sympatRique et la figure répulsive, la figure molle et douce et la figure sèche et dure. C'est ainsi que le riche n'aura pas la physionomie du pauvre ; l'Jiomme modeste n'aura pas celle du fat, etc.. En un mot, chaque individualité aura son mode d'expression faciale, comme sa manière d'être. Bien plus, la physionomie deviendra un moyen distinctif des diriTèrentes races humaines^ un véritable réactif dans la connaissance de l'homme.

Il ne faudrait pas exagérer ces faits et les élever h h hauteur d'une science : la physiognomonie n'est et ne sera, jamais qu'un art

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conjectural. Cependant, il est certain que la partie supérieure ou frontale du visage (qui correspond aux circonvolutions du cerveau) exprime l'intelligence ; la partie moyenne, les sensations ; la partie inférieure, les instincts ; — et que le développement de chacune de ces parties coïncide ûvec la prédominance de ces trois facultés. Chacun sait que plus un visage est mobile, plus il indique une vive sensibilité : or, la mobilité du visage réside surtout dans sa portion médiane. C'est cette portion qui donne* à la physionomie des temmes son charme particulier : on peut remarquer que les viragos « à trogne masculine » ont presque toujours, au contraire, les autres parties du visage fort développées, et c'est ce qui les rend laides.

En parlant des yeux, il est presque banal d'écrire qu'ils sont le miroir de Fâme, les plénipotentiaires du* cœur. Chacun reconnaît dans son regard l'homme franc et Thomme dissimulé; chacun sait que les yeux vifs reflètent ordinairement une nature d'une impressionnabilité exqui^.

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La couleur des cheveux est souvent Tindice éloquent du tempérament de leur propriétaire : le lymphatîsme est l'apanage habituel des blonds.

Il n'est pas jusqu'à l'oreille qui ne fournisse à l'observateur les plus sûrs renseignements. Que de fois nous avons pu corroborer les utiles remarques d'un savant confrère, le D"" A. Joux, qui a étudiq à fond la physiognomonie des oreilles ! Une oreille blanche, souple, de forme élégante, de grandeur convenable, harmonieusement attachée à la tête, ne saurait, en aucun cas, appartenir à un être vulgaire. Une oreille rouge, rude, épaisse, au lobule massif et sanguin, à la configuration iiifforme, aux attaches vicieuses, appartient ordinairement à un être ignoble, bestial, répréhensible. Entre ces deux types extrêmes, se placent une foule d'oreilles intermédiaires : les oreilles grandes, charnues, indiquent les instincts grossiers, les appétits inassouvis ; les oreilles minces, petites, njal sculptées et

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collées à la peau, indiquent l'absence de jugement, la jalousie, l'égoïsme, la bassesse...

... L'âge est révélé aisément par la physionomie. Chez l'enfantj.l'abondance de la graisse enlève, d ordinaire, au visage son expression : de même font, dans l'extrême vieillesse, les sillons et les rides creusés par le temps. La physionomie de la puberfé, ce gai printemps de l'homme, a un aspect tout autre que celle de la grave virilité. C'est à la puberté que se développe le bas du visage ; l'expression faciale, des plus caractéristiques, laisse lire à l'observateur les sensations nouvelles de l'organisme. Ainsi se justifie le mot fiimeux du grand Cabanis : « Le moral n'est que le physique envisagé à un point de vue particulier. »

Mais c'est surtout dans l'étude de la maladie qu'il importe d'être physionomiste. Un médecin . exercé reconnaît l'anémie à la pâleur cire vieille du visage; le cancer, à sa teinte jaune paille; les affections du cœur, à la rougeur et aux varicosités capillaires des joues; la fièvre typhoïde, à l'expression caractéristique d'inertie et de stupeur... Dans la paralysie

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faciale, les inégalités du visage sont aplanies : une moitié du visage est plate et comme effacée. Cest ce qui faisait dire à Romberg que la paralysie, était pour les vieilles coquettes, le plus puissant cosmétique. Cest aussi ce qui nous explique les succès théâtraux de ce grand comédien anglais paralysé, dont une moitié de la face exprimait l'abattement complet et l'autre la joie exubérante.

Certains visages sont, on peut le dire, la vivante photographie des états morbides. Un homme jeune, aux cheveux longs et soyeux, aux grands yeux langoureux, à reflets bleuâtres, que de longs cils ombragent; aux pommettes rosées et saillantes, aux joues creuses, aux lèvres rétractées laissant voir de belles dents, — est presque toujours un « poitrinaire »• Hippocrate le divin ne s'y trompa guère, lorsqu'il reconnut que l'Amour seul ravageait les traits du roi Perdiccas, condamné comme phtisique par tous ses médecins.

Un enfant à grosse tète, au teint rosé et frais.

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à la peau fine, offrant des lèvres épaisses et de mauvaises dents, — voilà un scrofuleux :

le visage est beau, mais d'une beauté particulière, dite beauté scrofuleuse»

Les maladies abdominales engendrent un état facial particulier, dépriméet sombre, grippé, empreint d'une constante tristesse : le teint est livide, la peau froncée, les lignes du visage sont tirées, les yeux cernés et caves... C'est ce qui faisait écrire à Bichat : « Les organes du ventre sont le siège des passions tristes » ; ce grand homme considérait, non sans raison, le plexus solaire, comme une manière de cerveau abdominal.

Les convalescents ont un air particulier de franchise et d'innocence, qui souvent les rajeunit et les embellit toujours. "Cela tient, diton^ à ce que les passions se sont reposées, et n'ont point encore repris leur empire

Chaque état de l'homme a donc, pour ainsi dire, son expression physionomique propre. Le visage humain est un Hvre sans cesse ouvert, mais où, seuls, ceux qui savent lire peuvent discerner la vérité.

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La mobilité du visage est telle, qu'elle peut se prûter, en peu de temps, à toutes les expressions. L'hygiène commande de ne pas abuser de cette merveilleuse flexibilité : rien de décatii et ne ride le visage comme l'habitude des grimnces et de la comédie. Au contraire, les sujets a expression calme gardent ordinairement pendant très longtemps les apparences extérieures de la jeunesse. Avant de passer, du restej aux préceptes pratiques sur l'hygiène du visage, rappelons ce mot de Vauvenargues : « La volupté ride la jeunesse et avance la mort. » Rien, en effet, n'est plus fatal à la jeunesse du visage que l'abus nocturne du plaisir inrersexuel. Le sommeil est le roi des cordiaux; mais le meilleur des oreillers n'est pointj comme rinsinue Shakespeare, le sein de la femme bien-aimée; c'est cet oreiller immatériel, une âme pacifique, doublée d'une bonne conscience.

l'hygiène du visage

' ycho-Brahé était bouleversé par la vue d'une femme vieille et laide. Le divin Platon affirmait qu'un beau visage était le plus intéressant spectacle de l'univers : nul ne saurait démentir cette assertion. Or, qu'est-ce qu'un beau visage ? Nous ne rentrerons point dans les considérations générales que nous avons exposées au cours des précédents chapitres. D'autant plus que les divergences sont extrêmement marquées selon les peuples et selon les individualités : comparez le Jupiter grec et le Bouddha des Indiens ! Et Ja déraison (dans ces matiètes de goiSt) %a plus loin en*

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core, lorsque l'Amour s'en mêle : « Le beau pour le crapaud, c'est sa crapaude. » (Voltaire.)

Si l'hygiène ne peut rien, d'une manière absolue, pour la beauté, presque essentiellement congénitale, de la physionomie, elle peut tout, en revanche, pour perfectionner l'allure et les expressions de cette partie, mobile, sensible et délicate au premier chef, de l'organisme humain. Pour posséder la beauté du visage, il faut nécessairement avoir déjà la beauté de l'esprit et celle du cœur, jointe à une parfaite santé physique. Voyez comme les souffrances organiques contractent les traits de la face, rougissent ou pâlissent le teint ! Voyez comment la haine, comment les pensées mauvaises d'une âme vile enlèvent, peu à peu, au visage sa riante sérénité, sa franchi3e ouverte, sa sympathique fraîcheur !

Le teint est l'élément, fragile par excellence, de la beauté faciale; l'hygiéniste doit donc, tout d'abord, dicter les conseils capables de lui conserver sa douceur vermeille, son poli, sa carnation pure. Il faut pour ménager le teint, éviter le 'froid et la tjialeur exagérés,

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ainsi que les alternatives de température : du reste, lair chaud ^mble surtout nuisible aux blondes et Tair froid aux brunes. Rien ne haie et ne plombe Iç teint comme la brise fraîche de mer ou Tacfion de marcher contre le vent.

Les émotions réitérées ont, chacun le sait, une puissance altérante singulière sur le visage : eh bien! c'est d'abord le teint qui en est la première victime. La mauvaise digestion, la trop bonne chère, l'abus des viandes fortes, des condiments, des épices, des liqueurs et des vins vieux, les écarts de régime, etc., etc., voilà encore, voilà pour le teint d'irréconciliables ennemis! Les corsets et vêtements trop serrés, par la congestion permanente qu'il entraînent sur le visage, rougissent les joues; les fatigues et les veilles les pâlissent au contraire : le teint ^altère ainsi, à la longue.

« Le corps, dit Hippocrate, n'est que Teffigie de l'homme. »

Pour conserver,^ pour acquérir au visage un coloris séduisant, il faut une vie sobre et ré-

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gulière, un régime peu animalisé, l'usage habituel des eaux minérales nayirelles digestives.II faut éviter les préparations internes de fer et de quinquina, dont on abuse tant aujourd'hui, et préférer les solutions ou etlux alcalines et faiblement arsenicales; entretenir la liberté du ventre, favoriser le cours de la bile par des lavements froids répétés; éviter les excès de sommeil et d'exercice actif en plein air. Une pratique très défavorable au teint est celle qui consiste à se débarbouiller à grande eau, à faire subir au visage des ablutions trop abondantes ou trop fréquentes.

L'usage habituel du savon est également très mauvais. Pour ne pas flétrir le teint, pour ne pas irriter la peau du visage, il faut se laver doucement, soir et matin, à l'aide d'une serviette de toile fine, légèrement mouillée d'eau chaude pendant l'été et d'eau fraîche pendant l'hiver. Les peaux grasses emploieront avec avantage une eau alcaline, naturelle ou artificielle, ou mêleront à leur eau quelques gouttes d'un alcoolat ou d'un vinaigre alcoolique de bonne qualité. Les peaux sèches

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pourront employet la gl3'cérine pure, ou un peu de la mousse (l'un savon bien neutre et incapable d'olïenser la fleur si sensible de l'épiderme.

La peau des joues est mobile et délicate. La chlorose la bouffît; Tabus du baiser rend sa coloration terne. Qtiant à la peau du front, pour lui conserver son poli et sa teinte blanche, il faut résister le plus possible aux émotions, aux préoccupations, éviter les travaux et les lectures prolongés. Les rides (on Ta de tout temps remarqué) viennent de bonne heure auxj)ersonnes nerveuses, sujettes à la migraine; aux individus qui vivent par la pensée et dans la méditation ; aux visages absorbés sans cesse dans l'attention, la réflexion, la tristesse.

Pour éviter ks rides, il faut fuir également les passions tristes et les passions gaies. L'excès du rire est nuisible au même titre que celui des larmes; car on prend toujours le pli de son expression. Voyez, par exemple, les rides des libertins et des débauchés!... N'abusons donc pas de la mobilité musculaire du visage; toute grimace laisse après elle un sillon : con-

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templez les comédiens et lei^rs rides précoces! Il faut remuer peu les traitj, et renfermer les expressions faciales dans les sages limites de la moyenne ; éviter le soleil, éviter de maigrir. Ce dernier précepte est très important : nous avons fait disparaître complètement les rides, chez une dame de quarante ans, par le traitement curatif de la maigreur. Quant aux substances grasses et aux fards, qui sont censés adoucir ou réparer les outrages du temps, leur action (est-il besoin de le dire?) est aijssi illusoire pour les rides que pour les cicatrices de la variole ou autres. L'électrisation bien maniée peut, dans certains cas très limités, rendre quelques services.

La médecine cqsmétique est des plus efficaces, pour combattre le haie du visage, effacer les taches de rousseur, ce cauchemar des peaux fines. Il en est de même de l'acné frontal ou mentonnier, des taches dites farineuses^ de la couperose au début, etc. Les petits boutons

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rouges de V acné (boutons de santé) sont fréquents dans les deux sexes, à l'époque de la puberté, et chez la femme, à l'âge critique. Ils appa* raissent volontiers aux changements de saison et coïncident parfois avec la dyspepsie; ce sont eux qui empêchent certaines dames de dîner en ville, à cause de la congestion faciale post prandium qu'ils entraînent toujours. La médecine possède, dans les préparations astringentes à base d'alun, de borax, de teinture de benjoin, de soufre, etc., ainsi que dans les eaux sulfureuses naturelles ou sulfo-arsenicales, des formules fort efficaces et d'ailleurs variables selon les cas*.

Quant aux petites irritations de la face, l'amidon de riz en est le véritable topique. Malheureusement, comme il est peu adhérent et assez cher lorsqu'il est pur, on lui substitue, trop souvent, dans le commerce, l'albâtre^vle talc, la craie, le bismuth, le gypse, etc., tous produits qui sont souvent pires que le mal.

Sous leur action, l'incarnat flatteur du visage

* Voir au Formulaire,

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disparaît peu à peu, les traits se fanent. et les rides apparaissent promptement sur le visage terni et desséché.

L'usage permanent du voile est excellent pour garantir contre les poussières et les impressions météoriques vives. Mais il exalte la sensibilité cutanée de la face et finit par lui enlever, peu à peu, son cachet de vigueur et d'alacrité. Usons donc du voile, belles lectrices, mais n'en abusons pas, si nous ne voulons pas sacrifier à la beauté du teint l'expression, si précieuse, du visage.

Le nez est la partie du visage la plus sujette aux éruption*, acnéiques ou eczémateuses, ^ux rougeurs congestives, aux engelures, etc. EfSlé et froid, décoloré, le nez indique la chlorose et la phtisie; rouge, gras et chaud, il est souvent un signe Je pléthore et d'arthritisme. Chez certains sujets lymphatiques, chçz les femmes constipées et mal réglées, le nez est sujetj d'une façon intermittente, à des gonflements douloureux, fort désagréables, qui apparaissent à la suite du moindre écart de régime (dîners en ville, ingestion de vin pur

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ou de café, etc.). Le nez est, en outre, sujet à une éruption spéciale, V acné punctata ; et sont de petits points noirs, qui apparaissent .à ses ailes, et qui sont constitués par Tirritation des follicules sébacés. 11 faut bien se garder (sous prétexte d'expulser de prétendus vers^ qui ne sont que la matière sébacée concrétée en rubans) de comprimer avec les doigts ces tannes : la compression les irrite, et c'est ainsi que Ton entretient Paffection cutanée. On se bornera à laver les points noirs avec une solution concentrée de bicarbonate de soude dans de^l'eau chaude, jusqu'à ce qu'ils soient en tièreinent effacés. On les badigeonnera ensuite à l'alcool pur. ^

Pour éviter les éruptions du visage, il faut suivre le régime général que noiis avons indiqué pour l'hefpétisme, et redoubler de précautions surtout à la puberté, à l'âge critique, aux changements de saison. Il est très important de veiller sur les fonctions gastriques et menstruelles j et d^ent retenir la liberté du ventre : le proverbe populaire a raison lorsqu'il confère au lavement le pouvoir d'assurer un

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temt frais. Au moment de l'âge critique, les démangeaisons faciales et les bouffées de chaleur nu visage peuvent être heureusement cal- 'mèes par des lotions avec l'eau distillée de cerfeuil^ aiguisée de quelques gouttes d'acide chlorhydrique * .

L'hygiène proprement dite n'a rien à voir avec les difformités de la tête, pas plus qu'avec les torticolis permanents, les déviations des vertèbres ou des membres, pieds-bots, etc.

Ces difformités sont du ressort de l'orthopédie. Les vices de conformation de l'oreille et du neZj les adhérences et chutes des paupières, leurs renversements, hypertrophies, difformités^ tumeurs, etc.. dépendent dej^la chirurgie oculaire. Pour éviter l'orgelet, dont la répétition fréquente entraîne la calvitie ci- Haire, et à sa suite, les yeux d'anchois^ il faut suivre le régime doux recommandé aux furonculeux, boire de Teau de goudron, éviter la lumière vive, les poussières, les courants d'air sec et froid, les veilles, les voyages en chemin

* Le D* Jackson a démontré que Tusage de la morphine est une cause active de couperose. Avis aux morphinomanes!

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de fer, la constipation : fuir les aliments acres et de haut goût et les boissons alcooliques.

L'inflammation du bord libre des paupières sera combattue par des lavages avec l'infusion de camomille:, suivis d'onctiops avec une pommade composée de : vaseline blanche 8 grammes; précipité blanc et huile de bouleau, 10 centigrammes de chaque. Le même traitement s'applique aux affections furonculeuses, dont l'orgelet n'est que le type palpébral.

A propos des oreilles, nous ne saurions trop insister, dans l'intérêt de la beauté des filles, en faveur de la suppression de cet usage absurde des boutons et des pendants d'oreilles. Que d'eczémas chroniques, que d'abcès déformants n'ont pas d'autre origine ! Et combien de charmants visages sont absolument défigurés par les cicatrisations vicieuses d'un lobule auriculaire divisé !...

Le nez est souvent dévié d'un côté à cause

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de rhahitude de se moucher de la même main.

Le remède consiste à prendre l'habitude de s'essuyer le nez tantôt à gauche, tantôt à droite, selon la déviation à combattre. Il faut éviter les mouchoirs de coton, qui sont très irritants, et leur préférer ceux de fil ou de chanvre. Quand la saison est rigoureuse, on doit' préserver avec soin du froid le nez, très sujet aux engelures. On évitera d'épiler les narines : cette pratique amène parfois une inflammation érysipélateuse de la mu(jueuse nasale, et des ulcérations rebelles. Matin et soir, on lavera cette muqueuse à Teau tiède. Si les narines sont trop étroites ou d'inégale grandeur, on pourra les dilater avec des cylindres d'épongé préparée, que l'on appliquera pendant la nuit.

„ Souvent, à la naissance ou dans les premiers temps de la vie, apparaissent, sur le visage, le cou ou les mains, des taches d'étendue variable, dont la nuance, plus ou moins foncée, varie également du café au lait à la lie de vin. Ces tachas sont dues à la dilatatioq ou à la rupture de vaisseaux sanguins de la peau :

Uhygiètie du mage jcj^

on les nomme nxui vasculaireSy taches de vin, ou vulgairement envies^ parce que le public les attribue, tacilement et volontiers, à des envies que la mère aurait eues durant sa grossesse.

Un grand philosophe, le Père Malebranche, était si convaincu de Tinfluence de l'imagination sur ces taches, qu'il conseillait, sans rire, aux femmes, lorsqu'elles désiraient quelque chose, étant enceintes, de se gratter par derrière, « afin que Tenfant en portât la marque seulement sur les parties du corps cachées d'habitude ». Un auteur allemand, dont Rîcherand ne cite pas le nom, dit avec raison que,' si cette erreur populaire des. envies était fondée, les enfants seraient tous souillés « par une image que je ne veux nommer, et qui est l'objet de la convoitise du plus grand nombre de femmes enceintes, vers le troisième ou quatrième mois de la grossesse ». On écrirait vingt volumes sur ce chapitre des nctvi. Disons, pour nous borner au point de vue pratique, qu'ils sont généralement au-dessus des ressources de l'arc. Dans l'enfance, ces taches peuvent disparaître par la vaccination, laliga-

8o Mygiètie de la heauU

ture ou d'autres opénmons plus radicales.

Maîsj plus tard, on ne peut que les pallier, par la coni pression ^ les badigeonnages à l'extrait de Saturne, les scarifications suivies d'attouchements avec Talcoolé de tannin, etc.

Il n'en est pas de niême des éphélides ou taches de rousseur. Fréquentes chez la femme, ces macules indolentes, grises ou safranées, lenticulaires et peu saillantes^ apparaissent sur les joues, le nez, le front, le dos des mains, dans la jeunesse, surtout chez les rousses et les blondes, La plupart du temps, c'est le soleil qui est la cause de cette pigmentation cutanée j il procède à l'égard des femmes (variété de fleurs] comme avec les végétaux, dont il augmente aussi la chlorophylle ou matière colorante. Le hâkàt la campagne et de la mer, le masque de la grossesse (qui apparaît au 4® ou S^ mois), sont des variétés d' éphélides, qui disparaissent aisément par la suppression de la cause déterminante, et les lotions avec le lait d'amandes a m ères, Teau de fraise, le lait vir-

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ginal (teinture de benjoin), les solutions acidulés ou astringentes.

Qpant aux taches de rousseur proprement dites Qentig6)y on ne peut les guérir qu'en desquamant, par lamelles, la mince pellicule épidermique qui les recouvre. L'eau oxygénée, les préparations à base de sels de plomb ou de mercure, lessolutions irritantes, les fards à base de kaolin, selon les formules si efficaces du professeur Hebra (de Vienne), réussissent très bien. Mais il faut que ces moyens irritants soient employés avec précaution, et toujours sous une direction médicale. Le docteur Halkin vient d'indiquer également un moyen très efficace contre les éphélides rebelles : c'est l'acide phénique concentré. Il faut en limiter l'action à la tache elle-même, et éviter de détacher la mince croûtelle qui se forme après la cautérisation. On obtiendrait ainsi des guérisons remarquables. Quant aux taches blanches de la peau, connues en médecine sous le nom de vitiligo (parce que, littéralement, « on dirait du veau »), elles'cèdent, quelquefois, aux lotions tanniques alcoolisées.

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Les petits boutons gris d'acné frontal, appelés boutons de sagesséy et inséparables de l'adolescence, disparaissent très aisément (ainsi que nous l'avons plusieurs fois remarqué) par les lotions avec Teau hémostatique de Pagliari, préparée selon la formule inscrite au^ Codex.

II nous reste à dire quelques i^ots des verrues^ ces tubercules ronds, durs et raboteux, qui végètent fréqueniment, à la tace et aux mains, * pénétrant par leurs racines jusque dans le tissu cellulaire sous-cutané. Les verrues sont aussi Tapanage de la jeunesse et des peaux fines et délicates. Lorsqu'elles sont pendantes, pédiculées, on peut en entraîner la chute en les serrant avec un fil de soie. Sinon, on les attaquera, avec précaution ^ par les agents chimiques ; le suc de citron, l'acide acétique, le perchlorure de fer, l'acide salicylique, l'acide nitrique, le nitrate acide de mercure, sont les agents le plus souvent usités. Il existe aussi un remède interne, trouvé par le docteur Lambert

L hygiène du visage S'j

(de Haguenau) en 1853, et recommandé par nombre d^ praticiens éminents. On prend, tous les jours, une demi-cuillerée à café de magnésie calcinée, et Ton voit, au bout de quelques semaines, la pullulation des verrues s'arrêter, et les petites tumeurs existantes se flétrissent et s'atrophient. Pourquoi ? On ne sait, mais cela est ainsi.

On a conseillé aussi, dans les cas rebelles, la teinture d'iode à l'intérieur (Imossi) et les applications d'onguent gris additionné de 5 p. 100 d'arsenic (Altschul). Les agrégations de verrues, si rebelles aux traitements ordi* naires, disparaissent par ce moyen.

Lorsque les verrues sont confluentes, on a d'ailleurs remarqué qu'il suffit d'en attaquer une pour voir bientôt les autres disparaître et s'atrophier.

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