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décoré de mosaïque, s’écoulait au dehors par un conduit. La piscine était en plein air, mais au-dessus d'elle, un toit supporté par des colonnes servait à protéger le baigneur des rayons du soleil.
Des piscines analogues à celle de Mécène ne tardèrent pas à être construites et, dès le vi° siècle de Rome, il n’est de riche patricien qui ne possède la sienne dans une aile de son somptueux palais; c’est le « Baptisterium » où les hôtes du maître de céans prenaient leur bain froid en commun avant le festin.
Sous les empereurs, apparurent les Thermes, bâtiments magnifiques et grandioses ; les premiers qu’on éleva à Rome furent ceux d’Agrippa, gendre d’Auguste, qui fit amener pour leur usage, et pour l'entretien de ses jardins, l’eau Vierge, ainsi appelée parce que des soldats, sur l’indication d’une jeune fille, suivirent quelques filets d’eau qui les conduisirent à une source abondante.
LesThermes les plus célèbres après ceux d’Agrippa étaient ceux de Néron, situés dans son palais d'or, construit près du Mont Palatin et où il avait fait amener, non seulement des eaux douces, mais encore les eaux de la mer.
1! y avait encore les fameux Thermes de Caracalla qui pouvaient contenir 3.000 personnes à la fois. Ces Thermes, construits en l’an 217 passent, à juste titre, pour avoir été le modèle le plus complet et le plus parfait de cette sorte d'établissements ; ils contenaient une grande piscine (frigidarium) alimentée par un aqueduc qui lui amenait l’eau Marcia; les
nageurs y accédaient par des marches descendant des péristyles et de la grande salle (cella Tepidaria) laquelle servait aux exercices qui ne pouvaient pas se faire à découvert. Il y avait aussi des bassins d’eau tiède où l’on pouvait se baigner encommun. A côté de ces piscines froides, de ces bassins d’eau tiède, et des salles d'exercice, la clientèle de ces Thermes avait à sa disposition des bibliothèques et des salles de lecture.
D’autres Thermes furent encore construits à Rome dans les années qui suivirent, el ceux de Dioclétien, en l’an 295 furent les plus grands ; ils pouvaient en effet recevoir 3.200 baigneurs. Les derniers Thermes construits furent ceux de Constantin en l’an 324.
L'eau, pour l’alimentation de ces Thermes, était amenée soit par des conduits souterrains, soit par
des aqueducs. Des sacs de toile tendus sur l’ouver-
ture des canalisations, lui permettaient de déposer son limon, procédé rudimentaire de filtration qui suffisait à la clarifier.
Jusqu'à l'avènement de l’empereur Justinien, aucun règlement n'avait jamais régi le fonctionnement des Thermes publics; il a fallu les édits de ce monarque pour que l’on écartât avec soin de ces établissements les lépreux et tous ceux qui étaient atteints de maladies contagieuses.
Moyen âge et Renaissance. — Après avoir soumis la Gaule par la puissance de leurs armées, les Romains lui imposèrent leurs institutions en même temps que leurs coutumes. Aussi, à l'époque
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gallo-romaine, la plupart des maisons bien organisées possédaient-elles leurs Thermes auxquels attenaient un lavoir et un gymnase pour les exercices du corps. Charlemagne lui-même aimait les piscines d’eau chaude naturelle et s'y livrait fréquemment à la natalion. Dans son palais d’Aix-la-Chapelle, où il passa les dernières années de sa vie, son historien Eginhard nous dit que, non seulement il invitait ses fils au bain, mais aussi des gardes et des amis à tel point que 100 hommes et plus se baignaient ensemble.
Au début du xute siècle, c’est-à-dire dans la seconde partie du moyen âge, les bains froids et chauds sont entrés dans les habitudes de toutes les classes de la société; les établissements balnéaires fleurissent sur tous les points du territoire et ils deviennent tellement nombreux qu’on les soumet à des droits seigneuriaux analogues à ceux que supportent les mou lins, les forges, les débits de boisson. Ces pratiques balnéaires s'étendent à d’autres pays que les Gaules : on trouve des Thermes romains en Angleterre, et, en Allemagne, l'exercice de la natation fait obliga- loirement partie de l'éducation.
Dans les châteaux de cetle seconde partie du moyen âge il y avait presque toujours une piscine de pierre que l’on remplissait d’eau tiède et dans laquelle plusieurs personnes se plongeaieut en même temps.
De ce qui précède, nous voyons qu’en Gaule comme à Rome, les pratiques balnéaires étaient en
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honneur dans toules les classes de la société. Ces usages, bien qu’on en ait dit, se sont continués avec l'introduction du christianisme, mais avec quelques modifications.
Les établissements balnéaires publics ne rappelaient que vaguement les anciens Thermes dont ils dérivaient. À Paris, on se baignait dans des étuves, sortes de grandes piscines auxquelles l’eau chaude et l’eau froide étaient amenées à travers des conduits en bois. La plupart des quartiers possédaient de ces étuves ; il y en avait entre autres, une dans une rue aujourd’hui disparue, la rue aux Etuves, qui reliait l’ancienne rue des Cordeliers (actuellement rue de l'Ecole de Médecine) à la rue Mignon.
La fréquentation de ces étuves était interdite aux femmes de mauvaise vie, el, en temps d’épidémie, la fermeture de tous les établissements de baïns était ordonnée; quiconque enfreignait ces prescriptions s’exposait à des punitions corporelles.
Les étuves fonctionnaient trois jours par semaine pour les hommes (les lundi, mercredi, vendredi) et trois autres jours pour les femmes (les mardi, jeudi, samedi); le dimanche elles étaient fermées. Malgré ces prescriptions, les deux sexes y furent souvent mêlés, et, bien que pour y remédier on construisit des étuves pour chaque sexe, ces maisons de bains devinrent à la longue de véritables lieux de débauche.
Ces étuves, devenues à la fois maisons de bains et lieux de plaisir, furent extrêmement fréquentées
jusqu'au xvr siècle, aussi bien à Paris que dans les autres villes de France.
Tous les établissements de bains n'étaient heureusement pas mal surveillés, car Montaigne, au cours d’un séjour aux bains de Plombières, en 1580, rapporta les règlements de police de ces eaux que le Bailli des Vosges faisait publier chaque année; il y était, entre autres choses, « ordonné expressément au maistre des dits beiugs prendre soingneuse garde et visiter le corps de ceux qui y entreront, tant de jour que de nuit», et cela pour Qobvier à plusieurs contagions et infections qui s’y pourroient engendrer ».
Après cette période, l'usage des bains publics subit uue assez longue éclipse, et,sous Louis XII, le bain était toute une affaire ; les piscines chaudes n’existaient plus et l’on n'avait à sa disposition que des bains de rivière. Héroard, médecin du jeune roi Louis XII, nous conte dans son journal qu’au retour d’une leçon de natation en rivière, le jeune monarque lui dit «qu’il n'avait point voulu pisser en l’eau, de peur qu'il ne le bût, mêlé dans l’eau, mais que le roi son père y avoit pissé ».
La disparition des bains publics eut surtout pour cause l'hostilité des médecins qui accusèrent les étuves d’avoir multiplié la contagion des accidents syphilitiques ; on alla même jusqu’à prétendre que « des femmes de bien et des filles nubiles seraient devenues mères à leur insu après avoir absorbé les émanations prolifiques qu’un libertin avait laissées
dans l’eau souillée par so passage ». Cette croyance absurde acheva de faire abandonner complètement l'usage des étuves et des bains publics.
De Louis XIV à la Révolution. — Sous le règne de Louis XIV, l’usage des bains peut être considéré comme nul, et c’est tout juste s'il est prescrit par les médecins comme médication ; dans ce cas, il était toujours précédé d’un purgatif. Le journal de la santé du roi cite comme un événement, qu’au mois de juin 1665 « la chaleur étant un peu plus forte que par le passé, le roi se baïgna trois fois à la rivière »,
mais il ajoute aussitôt qu’il ne put continuer plus longtemps.
Sous Louis XV et sous la Régence, les bains élaient encore rares el inexistants en dehors de la Cour, C’est seulement vers 1767 qu'apparait une réaction en leur faveur et que l’on commence à reconstruire des établissements de bains publics. Les bains et étuves à la manière romaine réapparaissent, mais leur fréquentation coûte fort cher, parce que les frais d’exploitation sont très grands; aussi crée-t-on des bains sur la rivière, plus accessibles aux petites bourses. Chacun de ces établissements sur la Seine, consistait en un grand bateau
‘appelé Joue, auquel une grande toile à voile servait de toiture. Cette toile s’étendait au dehors du bateau et le long de ses bords, jusqu’à des pieux enfoncés dans la rivière auxquels elle venait s’attacher. Elle formait ainsi une espèce d’appentis sous lequel le fond de la Seine était sablé et dressé de telle sorte
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qu'on pouvait s’y baigner el nager sans danger.
Après la Révolution, renaissent les établissements de bains avec piscine où l’on peut se plonger et nager. C’est à cette époque que furent fondés les bains de Tivoli, au n° 88 de la rue Saint-Lazare, dont la renommée était le bain nuptial, spécialement destiné aux hommes à la veille de se marier et qui ne veulent pas rester au-dessous de ce qu’on attend d'eux.
Depuis la Révolution jusqu’à nos jours, tous les établissements de bains publics furent l’œuvre d'’initiatives privées, plus ou moins encouragées par les Pouvoirs publics et il faut aller jusqu’à 1900 pour constater à Parisla création de piscines runicipales publiques.
De 1820 à 1828, Paris posséda des piscines permanentes de natation. L’eau n’en étant pas assez renouvelée, une sorte de pellicule en recouvrait la surface ; pour obvier à cet inconvénient on provoquait, dans les établissements propres, une agitation constante de l’eau du bassin, au moyen de cascades ou de jets d’eau. L'eau de ces piscines était chauffée par la vapeur. Ces bains qui appartenaient à desentreprises particulières n'étaient accessibles qu'aux gens des classes aisées.
Vers 1885, ilexistait à Paris, 31 rue de Château- Landon, un gymnase nautique : Sur le pourtour de la salle de natation, étaient aménagés des cabinets de toilette ; au milieu, se trouvait un grand bassin de 42 mètres de long sur 12 de large, avec une pro-