GÉNÉRALITÉS
avait été exagéré : on allait jusqu’à sc demander naïvement, avec Helvétius, si le talent, comme la vertu, ne peut pas s’enseigner et si les différences qui existent entre les hommes ne proviennent pas uniquement des différences de milieu et d’éducation reçue. De nos jours, après les observations relatives aux faits d’hérédité, on a plutôt tendance à adopter une croyance opposée. Beaucoup pensent avec H. Spencer que l’éducation est inutile, ou presque impuissante, que l’évolution humaine est toujours et fatalement régie par l'hérédité, que la destinée morale de l’homme est contenue dans le fœtus et que l’on naît fou ou déséquilibré comme on naît poète. Au sens de cette doctrine outrancière, il semble donc que la tare nerveuse, une fois implantée dans la famille, doive se transmettre inéluctablement à toute la descendance, produisant soit la folie morale, soit les maladies du système nerveux ou telle autre forme de la misère physiologique qui aboutira un jour à la stérilité et partant à l’extinction de la race : cette conception moderne, qui accorde à l’hérédité une puissance au moins égale à celle que les poètes anciens prêtaient à la Fatalité, est assurément excessive. L’antinomie qui existe entre le pouvoir attribué par certains penseurs à l’éducation et par d’autres à l’hérédité n’est pas dans les faits; entre les opinions extrêmes il y a place pour une opiliioii moyenne, plus conforme à la réalité des Choses.
l’hygiène du neurasthénique
11 est certain que les tares morbides accumulées dans quelques familles, agissant d'une manière en quelque sorte massive, peuvent produire chez leurs descendants d’irrésistibles poussées. Mais l influence héréditaire n’a pas toujours cette puissance d’action et c’est là à coup sûr le cas le plus fréquent. Alors l’éducation peut intervenir efficacement; elle arrive à créer des instincts artificiels capables de faire équilibre aux instincts héréditaires, de les étouffer même, de substituer enfin àl 'habitude ancestrale, innée, Y habitude individuelle, acquise.
L’éducation des enfants héréditairement prédisposés au nervosisme doit poursuivre un triple but : 1° développer harmonieusement toutes les capacités de l’individu et plus particulièrement les capacités spéciales à chaque sujet, mais dans la mesure où elles ne peuvent nuire à l’équilibre général de l’organisme ; 2° enrayer les tendances héréditaires susceptibles de troubler l’équilibre physique et moral; 3J fortifier l’énergie, la résistance physiologique du système nerveux.
Une bonne méthode d’éducation doit tendre tout d’abord à assurer le développement de la force et de ce qu’on appelle la santé physique . C’est là la première nécessité, puisque la santé physique est la condition essentielle ou, si l'on veut, la base de la santé intellectuelle. Après le développement physique se place le développe-