‹ L'hygiène du neurasthénique (volume 2)Chapitre 38 sur 55 · HYDROTHÉRAPIE · texte numérisé non relu

HYDROTHÉRAPIE

critiques qui nous paraissent fondées. Après la douche tiède ou tempérée, la réaction vasculaire est à peu près nulle ; les malades n’ont aucune tendance à se réchauffer spontanément; ils ont du frisson, et le refroidissement superficiel de la peau persistant, l’effet obtenu n’est rien moins que favorable. La douche fraîche (18 à 25°) présente à peu près les mêmes inconvénients. La réaction calorique qu’elle développe est souvent insuffisante ; elle peut provoquer le retour ou le développement de douleurs névralgiques ou rhumatismales. La douche écossaise est un meilleur mode de préparation à l’eau froide; elle doit être préférée aux procédés précédents. Elle consiste à donner tout d’abord une douche chaude à une température de 36 ou 37 degrés qu’on élève progressivement et assez rapidement à 40 ou 43 degrés. A ce maximum de thermalité, la douche chaude est continuée pendant trente secondes, une minute, deux minutes au plus et brusquement, sans transition, on abaisse la température de l’eau à 8 ou 10 degrés; la durée de la douche froide ne devant pas excéder dix à quinze secondes (F. Bottey).

Il est des neurasthéniques qui, quelle que soit la méthode d’entraînement employée, ne peuvent supporter l’action de la douche même à température modérée. C’est alors qu’il faut avoir recours, à titre de traitement définitif, aux procédés sans

l’hygiène du neurasthénique

percussion que nous avons déjà indiqués, tels que les frictions humides, les lotions, les enveloppements avec le drap mouillé ou bien le demibain fixe, le demi-bain refroidi. Certains neurasthéniques se montrent tout à fait réfractaires à l’eau froide; quelle que soit la manière dont on l’applique, ils éprouvent au moment du contact une impression tellement pénible que l’hydrothérapie froide doit être définitivement écartée de leur traitement.

Il est une catégorie de malades qui, sans être trop vivement impressionnés par le contact de la douche froide, voient leur irritabilité nerveuse, leurs malaises divers s’accroître sous l’influence de ce procédé hydrothérapique. Et quelquefois les procédés atténués de la lotion froide, de la friction humide ne leur réussissent guère mieux. On rencontre à cet égard dans la pratique des susceptibilités individuelles qu’il faut savoir respecter. Quelques-uns de ces malades hyperexcitables tolèrent cependant assez bien l’immersion dans la piscine à eau dormante et à température modérée (16° à 20°), à la condition que la durée de l’immersion ne dépasse pas une demi-minute ou une minute au plus. Sous cette forme l'usage de la piscine peut produire des effets toni-sédatifs ; tandis que la piscine froide à eau courante détermine chez la plupart des neurasthéniques des phénomènes d’excitation qu’il faüt évitef à tout prix.

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Bain tempéré. — On pourra encore prescrire à ces neurasthéniques le bain tempéré à 28 ou 32 degrés. Dans le bain, le malade doit éprouver une sensation de fraîcheur agréable, mais n’allant pas jusqu’au frisson. La durée du bain variera suivant l’impression ressentie par le sujet. Dès que le frissonnement se produit, celui-ci doit sortir de la baignoire. Lors des premières séances, la sensation de froid vif apparaît dès la seconde ou la troisième minute; mais à la longue le malade dont la sensibilité s’émousse, finit par y séjourner cinq minutes et même plus. Il est bon de maintenir, pendant la durée du bain, une compresse froide sur la tête du patient. Après le bain le malade sera simplement enveloppé dans une couverture de laine. Le bain tempéré est suivi généralement d’une réaction modérée, mais suffisante, et ses effets toniques et sédatifs sont des plus nets.

Chez les neurasthéniques rhumatisants ou arthritiques, il ne faut user de l’eau froide qu’avec beaucoup de prudence et de modération. Il est incontestable que les applications froides, même de courte durée, réveillent assez fréquemment chez ces sujets des douleurs rhumatoïdes. Dans ce cas mieux vaut s’en abstenir complètement. Il faut alors utiliser, pour le traitement hydrothérapique de ces malades, soit le bain tiède, soit la douche chaude ou bien la douche écossaise.

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Bain tiède. — Le bain tiède (de .33° à 36°) est à peu près sans action sur la température du corps. Accompagné de frictions savonneuses, il assouplit la peau, ravive ses fonctions physiologiques et agit favorablement sur les nerfs périphériques. Ses effets sont surtout sédatifs : il modère l'activité du cœur, l'excitabilité des centres nerveux et facilite le sommeil. Les résultats qu’on en obtient dans le traitement des neurasthéniques arthritiques sont d'autant plus appréciables que chez la plupart de ces sujets, les symptômes d’excitation se montrent prédominants. La durée du bain doit être de trente à quarante minutes. Prolongé outre mesure, il détermine de la fatigue, de l’accablement. Il est souvent suivi d’un refroidissement plus ou moins marqué de la surface cutanée. Aussi faut-il avoir soin après chaque bain tiède de favoriser la calorification de la peau par des frictions énergiques et un enveloppement suffisant.

La douche chaude (33° à 36°), au même titre que le bain chaud, exerce une action sédative; elle modère l’excitabilité réflexe du système cérébrospinal, calme l’éréthisme cérébral ou cardiaque, atténue l’insomnie. Elle a sur le bain chaud l'avantage d’être moins débilitante, grâce sans doute à l’action percutante du jet et à l’excitation légère qu’il détermine sur l'innervation cutanée Cette douche doit être administrée lentement en

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