‹ L'hygiène du neurasthénique (volume 2)Chapitre 42 sur 55 · Viault, Comptes rendus de V Acad, des scienc., 0. XI · texte numérisé non relu

Viault, Comptes rendus de V Acad, des scienc., 0. XI

2 Fritz Egger, in Handbuch der Neurasthénie von Fi1. Muller.

CLIMATOTHÉRAPIE. — CHOIX D'i'NE STATION

ont porté sur vingt-sept sujets normaux ou neurasthéniques et il a noté que très rapidement, en moyenne après quatre ou cinq jours de séjour à la station d’Aros, le chiffre des globules rouges s’était élevé de 5 459 606 à 6 357 047 par millimètre cube. Après quelques semaines ou quelques mois de séjour, le sang de ces mêmes sujets présentait encore un léger accroissement du nombre des globules (7 000 000 en moyenne). Les recherches de M. Egger sur les modifications parallèles de l’hémoglobine du sang et du chiffre des globules chez l’homme, ses expériences sur les animaux, que nous ne pouvons exposer ici en détail, tout conduit à admettre que cette augmentation de la richesse globulaire du sang produite sous l'influence de l’altitude est bien réelle, qu’elle n’est que partiellement imputable à la concentration du liquide, c’est-à-dire à la diminution de la masse totale du sérum, et qu’il s'agit en somme d’un phénomène d’adaptation physiologique de la constitution du sang à la raréfaction relative de l’oxygène de l’air atmosphérique. Cette interprétation, si elle est exacte, permettrait d'expliquer le mécanisme des troubles que présentent beaucoup de sujets normaux dans les premiers jours qui suivent leur arrivée à des altitudes de 2000 mètres et au-dessus. Ces troubles, d’ailleurs peu accentués, consistent en un léger éréthisme de l’appareil circulatoire, avec tendance

i/mygiène du neurasthénique

ù 1 essoufflement, et un certain état de dépression mentale. Ils rappellent assez exactement les symptômes accusés par les anémiques. C'est donc a une sorte d'oligocytémie relative qu'il faudrait imputer les troubles de la respiration et de la circulation qu’on observe chez les individus nouvellement venus dans les hautes montagnes. Chez les personnes jouissant d’une bonne santé, l’adaptation physiologique aux conditions nouvelles s’accomplit rapidement et les troubles de la période d’acclimatement durent peu. 11 s’ensuit que les neurasthéniques en état d’anémie profonde, ceux dont la nutrition est gravement atteinte, ou bien encore ceux qui par suite de l’âge ou de maladies constitutionnelles concomitantes ne sont pas en état de faire les frais de cette adaptation, ne devront pas se rendre dans les stations climatériques très élevées. Les grandes altitudes, celles qui atteignent ou dépassent 2000 mètres, leur seront peu favorables et parfois même ne seront pas tolérées. Une altitude moyenne de 1000 à 1600 mètres est généralement suffisante. Seuls les neurasthéniques qui ont conservé un bon état général, ceux qui sont atteints d'une forme légère de l’épuisement nerveux, et surtout les convalescents pourront séjourner avec profit, durant les mois d’été, à des altitudes supérieures. C’est avec raison que M. Ziemssen conseille deux séjours à la montagne, le premier vers le milieu

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