DÉFINITION ET NATURE DE LA NEURASTHÉNIE
épinière, elle intéresse presque toujours, bien qu’à îles degrés variables, l’innervation des principaux viscères. Trois grands appareils souffrent particulièrement, ce sont les appareils circulatoire, digestif et génito-urinaire. 11 est aisé de comprendre parla combien grande est la diversité des troubles fonc lionnels qu’on observe chez les neurasthéniques. Comme les symptômes peuvent s’associer chez les différents sujets de manières fort dissemblables, il s’ensuit que la maladie se présente en clinique sous des formes variées et nombreuses. Et, cependant, quelle que soit la multiplicité des syndromes et des causes qui les engendrent, il y a entre tous ces états d’asthénie nerveuse des relations et des analogies de caractères qui assurent et légitiment l'autonomie de la névrose. Les symptômes fondamentaux de cette affection sont multiples : une céphalée d’un caractère spécial, Y insomnie , l 'aslhénie musculaiie, la rachialgie , un état mental particulier et enfin la dyspepsie par atonie gastro intestinale. Ces signes cardinaux réunis en plus ou moins grand nombre caractérisent l’étal nerveux décrit par Beard, qui ne se peut confondre avec aucun autre lomplexus névropathique. La fixité de la symptomatologie, au moins des traits essentiels de cette symptomatologie, établit une distinction fondamentale entre la neurasthénie, maladie de
l’hygiène du neurasthénique
fatigue, se traduisant par des symptômes de fatigue, et les névroses, particulièrement l’hystérie, où les troubles, de nature plus spécialement psychique, dépendent de la fixation dans l’esprit de certaines images mentales ou, comme on dit couramment, de suggestions. Nous montrerons qu'en effet à l’hystérie maladie psychique, variable comme peut l’être une maladie psychique dans sa phénoménologie, on peut opposer la neurasthénie maladie somatique du système nerveux. Les relations du psychisme avec cette dernière sont toutefois étroites et nombreuses : le psychisme peut intervenir pour la produire (neurasthénie par émotions, chagrins); d’autre part, l’état de fatigue qui constitue l'affection réalise des conditions favorables au développement d'un psychisme pathologique (tristesse, aboulie, phobies, auto-suggestions) dont le type est représenté par l'association de l’hystérie à la neurasthénie (hystéro-neurasthénie . Mais même dans le cas où la neurasthénie se complique de troubles secondaires et associés, elle garde sa physionomie fondamentale, et qui en constitue l'essence, de maladie de fatigue.
La conception qui subordonne à un état spécial de faiblesse et d’irritabilité des éléments nerveux, au moins à un étal primitif, l'ensemble des troubles constitutifs de l’affection n’a pas été