‹ L'hygiène prophylactiqueChapitre 11 sur 14 · DE LA PR0PJ1YLAXIE TAR L’ALIMENTATION · texte numérisé non relu

DE LA PR0PJ1YLAXIE TAR L’ALIMENTATION

générale du principe delà saisie et de ia destruclion totale pour toutes les viandes provenant d’animaux tuberculeux, quelle que soit la gravité des lésions spécifiques trouvées chez ces animaux .

Le gouvernement a donné raison à cette première conclusion, puisque par un décret à la date du 29 juillet 1888, il a placé la tuberculose parmi les maladies que peut atteindre la loi du 21 juillet 1881 qui règle la police sanitaire des animaux.

Aujourd’hui donc, les mesures sanitaires de cette loi, applicables aux animaux tuberculeux, sont les suivantes ; elles consistent dans la déclaration de l’animal tuberculeux, dans son isolement, puis dans la surveillance de l’animal malade par Ie vétérinaire délégué, dans l’exclusion des viandes de la consommation si les lésions tuberculeuses sont généralisées, enfin dans l’interdiction du lait de ces animaux tuberculeux pour la consommation de l’homme, consommation qui est autorisée si ce lait a été au préalable bouilli.

Cette possibilité de la propagation de la tuberculose par les viandes d’animaux tuberculeux est-elle véritablement démontrée? Les expériences à cet égard sont assez contradictoires. Tandis que Nocard, en pratiquant des injections intra-péritonéales à vingt et une séries de cobayes avec du jus de la viande de vingt et une vaches manifestement tuberculeuses, n’a obtenu qu’une seule fois un résultat positif ; Chauveau et Arloing, dans deux séries, ont obtenu un résultat positif et Galtier, sur vingt-deux séries, cinq résultats positifs. Aussi, tandis qu’Arloing conclut au danger de ces viandes tuberculeuses et à leur fréquence, Nocard, au contraire, considère le fait comme absolument exceptionnel.

Je suis disposé à me ranger complètement à ce dernier avis ; en effet, dans les observations que je viens de citer, le jus de viande est introduit directement dans le péritoine et il n’a pas subi l’action destructive du suc gastrique et de la digestion intestinale. De plus, la viande n’a subi aucune préparation, ce qui fait que ces expériences ne réalisent nullement les conditions dans lesquelles on se place ordinairement pour l’alimentation.

Les expériences de Peuch (de Toulouse) se rapprochent plus de la réalité. Il donne à deux porcelets, âgés de deux mois et demi, cinq kilogrammes de viande crue pour chacun provenant d’une vache morte manifestement de la tuberculose. Il tue un de ces

Recherches

expéri-

mentales.

animaux deux mois et demi après et trouve quelques granulations tuberculeuses dans un ganglion mésentérique. L’autre animal, tué trois mois après, ne présentait pas de lésions plus avancées et c’est à peine si on apercevait quelques granulations tuberculeuses mésentériques; tous les autres organes étaient sains.

po la Ajoutons que la tuberculose est beaucoup moins fréquente f.eqiien<.o cpez ]es am'maux qU’0n ne le suppose. Depuis l’application du 1,1 tUchezUlOS0 décret du 21 juillet 1888, aux abattoirs de Paris, c’est-à-dire les animaux, (]u 4 cr aoi-q au j décembre 1888, il est entré dans les abattoirs 24 724 vaches; je prends les vaches comme exemple parce qu’elles fournissent non seulement leur viande, mais encore du lait et que nous reviendrons sur ces chiffres à propos de la transmission de la tuberculose par le lait; sur ces 24 724 vaches, on a constaté 135 cas de tuberculose, ce qui représente une proportion de 0.5 pour 100.

Ainsi donc par la rareté de la tuberculose chez les animaux, par l’action destructive de la digestion stomacale et intestinale et enfin par la préparation que nous faisons subir aux viandes, on réduit à son minimum cette possibilité de la contagion et cela fait de cette transmission un cas absolument exceptionnel.

De la J’en dirai tout autant de la transmissibilité par le lait, et iranamission qU0jqUe Legroux ait affirmé que le lait de vache non bouilli est 1 * parafe îàu°se fréquemment la cause de la tuberculose chez les enfants, je persiste à considérer le fait comme extrêmement rare et cela poulies raisons suivantes :

D’abord il faut pour que le lait contienne des bacilles de Kocli que non seulement l’animal soit tuberculeux, mais encore qu’il porte des lésions tuberculeuses de la mamelle, qu’il ait de la mammite tuberculeuse. D’autre part, il faut aussi compter avec l’action destructive du suc gastrique sur le bacille de Koch, enfin avec la rareté des vaches tuberculeusesi

Do in Vous savez que l’on donne à la tuberculose de la vache le nom pomnieiiore. (jc p0mmèHère ; on a soutenu que, dans les vacheries de Paris, si nombreuses et si souvent mal installées, la pommélière est très fréquente. Eh bien ! si on se reporte aux chiffres donnés par Alexandre (1), chargé de l’inspection dans les halles et marchés, on voit que c’est à peine s’il existe dans toutes les vacheries du

(1) Alexandre, Rapport au préfet de police sur les maladies contagieuses des animaux observées en 188S. Paris, 1889.

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