DE LA RROPUTLAXIE PAR L’ALIMENTATION
département de Ja Seine douze vaches atteintes de pommélière et ajoutons, ce qui est capital, que la tuberculose de la vache n’est pas suffisante pour donner un lait tuberculeux, il faut que ses mamelles le soient. La valeur de ces vaches est assez grande, leur prix atteint près de 600 francs, aussi les nourrisseurs ont-ils intérêt à n’avoir que des hôtes en parfait état de santé. Donc, satts nier la possibilité de la transmission expérimentale de la tuberculose par le lait, il faut la considérer comme extraordinairement rare. D’ailleurs, on a un moyen bien simple d’éviter celte contagion, c’est de faire bouillir le lait ou de se servir du lait d’ânesse et de chèvre, animaux qui ont plus rarement la tuberculose.
Mais s’il est une maladie dans laquelle l’hygiène alimentaire joue un rôle prépondérant au point de vue de la prophylaxie, c’est à coup sûr la fièvre typhoïde.
La fièvre typhoïde est une des maladies qui déciment le plus nos populations, et pour s’en convaincre il suffit de se rapporter aux chiffres que le professeur Brouardel nous a donnés il y a peu de temps et qui nous montrent que, chaque année, la lièvre typhoïde enlève environ 20 000 personnes. Ces chiffres sont encore plus significatifs quand on les fait porter sur une classe donnée de la population où la fièvre typhoïde a plus do prise, je veux parler de l’armée.
De 1872 à 1884, l’armée française, qui a vu passer dans ses rangs 5 375 609 hommes, en a perdu par maladies ou accidents, 55 189 et le tiers de cette mortalité a été produit par la fièvre typhoïde; il y a eu en effet 151 319 hommes atteints de cette affection et la mortalité a été de 17 652. En présence de pareils chiffres, on comprend tout l’intérêt que présente cette grande question de la préservation de la fièvre typhoïde par l’hygiène alimentaire.
Depuis longtemps, on attribue à l’eau contaminée par les déjections des cholériques un rôle prépondérant dans le développement de cette maladie, et cela bien avant que les études microbiologiques nous aient fait connaître la présence du bacillus typhosus dans les eaux et dans ces déjections. Ici, l’observation clinique avait depuis longtemps devancé les recherches bactériologiques ; mais il faut reconnaître que ces dernières ont donné un cachet scientifique indiscutable à celte question de la contamination de la fièvre typhoïde par les eaux potables.
Laissant de côté tous les travaux qu’ont suscités les théories
De la
transmission de la
fièvre typhoïde par l’eau.
Dos eaux contaminées.
fécales de la fièvre typhoïde et les discussions mémorables qui se sont élevées entre Murchisson et Budd, à ce propos, en 1874 et 1875, et tout ce qui a été dit sur le contage de la fièvre typhoïde, je n’insisterai que sur les points récents qu’a soulevés cette question de la contagion de la fièvre typhoïde.
Depuis longtemps, il paraissait démontré que la souillure des eaux par les déjections d’individus atteints de fièvre typhoïde était une des causes puissantes de contagion de cette maladie, et les rapports sur les épidémies envoyés chaque année à l’Académie de médecine signalaient des faits démonstratifs à cet égard. Je citerai particulièrement ceux de Lardier (de Rambervillers) qui nous montre dans les Vosges la fièvre typhoïde disparaissant dans certaines villes lorsque la population boit une eau qui n’a pas été contaminée.
Je signalerai surtout l’observation si précise de Dyonis des Carrières, à Auxerre, nous relatant ce fait important qu’il a suffi que les déjections d’un typhique pussent pénétrer dans une source captée et servant à alimenter la population de la ville pour déterminer une épidémie extrêmement meurtrière chez tous les habitants qui buvaient aux fontaines alimentées par cette source.
Je citerai aussi, en Autriche, la ville de Vienne où l’on voit la fièvre typhoïde disparaître complètement depuis que la population tout entière ne fait usage que d’eau de source. Ces faits viennent s’ajouter à bien d’autres extrêmement nombreux, et vous trouverez dans le travail de Mosny (1) des indications fort précises à ce sujet.
Présence Mais c’est à Chantemesse et Widal (3) que l’on doit la preuve ^yphosns3 expérimentale de la présence du bacille d’Eberth dans les eaux dans les eaux. C0ntaminécs. Je n’ai pas à vous rappeler dans quelles circonstances douloureuses ces -recherches ont été faites; vous vous rappelez tous cette famille qui fut décimée par la fièvre typhoïde, et cela à la suite de l’absorption de l’eau d’un puits de Pierrefonds dans lequel des matières fécales de dothiéncnlériqucs avaient été versées. A la suite de l’examen de cette eau, Chantemesse y retrouva la présence du Bacillas (yphosus.
(!) Mosny, L’eau potable à Vienne et la fièvre typhoïde [Revue d'hygiène, janvier 1888).
(2) Chantemesse et Widal, Recherches sur le bacille typhique ( Archives de physiologie, t. I, 1SS7).