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des revaccinés.
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Totaux.
Telles sont les considérations que je voulais vous présenter sur la vaccine et la vaccination. Quoique la plupart d’entre vous fussent au courant de cette grande question, je tenais à vous en rappeler les points principaux et à insister surtout sur la nécessité qui s’impose à notre pays d’adopter une loi qui rende obligatoires les vaccinations et les rcvaccinations. Mais les bénéfices
(l) Lalagade, Etude pratique sur les cicatrices vaccinales, Albi, 1887.
DE LA VACCINATION ANTI-VARIOLIQUE
que l’on a Lires de la vaccine jennérienne contre une maladie infectieuse si redoutable ne sont pas limités à la variole, et nous allons voir que, grâce aux virus atténués, nous pouvons aussi créer d’autres vaccines qui confèrent à l’homme de réelles immunités contre d’autres maladies infectieuses. C’est ce que je me propose de faire dans la prochaine leçon.
DES VACCINATIONS PASTORIENNES.
Messieurs,
Il y a près de dix ans, le 10 février 1880, Pasteur (1) annonçait à l’Académie îles sciences que la virulence des cultures du microbe du choléra des poules pouvait subir une atténuation progressive, et que l’inoculation à la poule de ce virus atténué conférait l’immunité contre une atteinte ultérieure de la maladie ; il établissait de plus cette loi que chaque virus atténué constitue un vaccin pour le virus moins atténué.
L’année suivante, le 21 mars 1881, il faisait savoir en son nom et en celui de ses collaborateurs, Chamberland et Roux (2), que l’on pouvait aussi, par des procédés spéciaux, atténuer le virus charbonneux et rendre les animaux réfractaires au charbon, et le S mai de la môme année, avait lieu la célèbre expérience de Pouillv-Ie-Fort qui démontrait la réalité des faits avancés par Pasteur.
En 1881 , toujours dans la môme année, Pasteur (3) commençait ses études sur la rage; il montrait que, par des procédés analogues, on pouvait s’opposer chez le chien, puis chez l’homme au développement des accidents rabiques, et le 6 juil-
(1) Pasteur, Swr les maladies virulentes et en particulier sur le choléra des poules (Académie de médecine, 10 février 1880); Sur le choléra des poides ; Etude sur la non-récidive de la maladie et de quelques autres de ses caractères (Académie de médecine, 27 avril 1880) ; Atténuation des virus du choléra des poules (Académie des sciences, 26 octobre 1880).
(2) Pasteur, Chamberland et Roux, De l'atténuation des virus et de leur retour à la virulence (Académie des sciences, 28 février 1881); Le vaccin du charbon (Académie des sciences, 21 mars 1881).
(3) Pasteur, Chamberland, Roux et Thuillier, Comptes rendus de l’Académie des sciences, 30 mai 1881 et décembre 1882,
Découverte
des
virus atténués.
De
l'atténuation des virus.
let 1883, à huit heures du soir, eu présence de Yulpian et de Grancher, il appliquait celte méthode au jeune Joseph Meister (I).
Telles sont les trois grandes étapes qu’a parcourues celle question des virus atténués et des vaccinations qui en résultent, étapes tout à la gloire de notre illustre compatriote, dont le nom doit désormais être attaché à cette grande découverte qui plaçait Pasteur au-dessus de Jenner, car, comme je vous le disais au début de ces leçons, si l’un a fait une découverte de génie, l’autre a créé une méthode de génie.
Mais il est un homme dont le nom ne doit pas être oublié dans celte découverte des virus alténués, c'est celui de Toussaint. Le 12 juillet 1880, Toussaint (2) communiquait à l’Académie des sciences un travail où il s’efforçait de montrer que, par la filtration ou par l’élévation de la température, on créait un virus atténué qui conférait aux animaux l’immunité. Toussaint soutenait que le Bacillus anthracis ne produisait scs effets infectieux que par des produits solubles, peut-être des alcaloïdes, sécrétés par ces micro-organismes. Le premier donc, il signalait la possibilité de conférer aux animaux l’immunité par les toxines sécrétées par les microbes, procédés de vaccination auxquels on a donné depuis le nom de vaccins chimiques. Le premier aussi, il montrait l’influence delà chaleur pour atténuer les propriétés virulentes de ce bacille.
Je me propose d’aborder devant vous les points principaux que soulève cette grande question des vaccinations pastoriennes, et je me guiderai dans cette étude, non seulement sur les travaux si nombreux qui ont été publiés à ce sujet, mais encore sur le résumé que le docteur Rodet(3)a donné de ces travaux dans l’important travail qu’il a fait paraître dans la Revue de médecine.
Lorsqu’on embrasse d’un coup d’œil général tous les procédés que la physiologie expérimentale peut mettre en œuvre pour obtenir ces virus atténués, véritables vaccins, on voit qu’ils peuvent être rangés dans trois grandes classes.
Dans la première, l’atténuation résulte des modifications que
(1 ) Pasteur, Comptes rendus de L’Académie des sciences , séance du 26 octobre 1885.
(2) Toussaint, De l'immunité pour le charbon acquise ù la suite d' inoculations préventives (Académie des sciences, 12 juillet 1880) ; Sur quelques points relatifs à l’immunité charbonneuse, 18 juillet 1881.
(3) Rodet., Atténuation des virus ( Revue de médecine, 1SS7, 1888, 1889).
DES VACCINATIONS PASTORIENNES.
l’on fait supporter à la vitalité du microbe; dans la seconde, on n’agit plus directement sur le micro-organisme, mais on obtient l’atténuation en diminuant le nombre des micro-organismes introduits, ou en modiliant le mode d’introduction, ou bien encore en faisant passer ces microbes dans des organismes différents. Enfin, dans un troisième groupe, on ne s’adresse plus au micro-organisme lui-même, mais à la leucomaïne qu’il sécrète, et c’est ici l’élément chimique qui constitue le vaccin préservateur. Examinons chacun de ces groupes.
On peut par bien des moyens, agents physiques ou chimiques, modifier la vitalité des microbes, et transformer ainsi les microbes pathogènes en microbes saprogènes, suivant l’expression de Cbauveau (1). Cette transformation a donné lieu à d’importantes et récentes communications. Les uns veulent, comme Bouchard (2), que le microbe puisse sécréter des ptomaïncs différentes, les unes virulentes, les autres vaccinales, et que l’on arrive, par les agents physiques ou chimiques, à faire disparaître les premières en conservant les secondes ; telle n’est pas l’opinion de Chauveau (3) qui pense au contraire que les propriétés vaccinales résultent de la diminution de la virulence propre au microbe pathogène.
11 faut reconnaître que nous n’avons pas encore l’explication physiologique de l’immunité créée par ces vaccins, et il faudra attendre peut-être encore longtemps avant que la science ait dit son dernier mot sur cette question de l’immunité, question que j’ai déjà abordée quand je vous ai parlé des infections et des intoxications. En tout cas, voyons donc comment nous pouvons atténuer les virus au moyen des agents physiques ou chimiques. Commençons, si vous voulez bien, par les premiers.
Les agents physiques que l’on peut mettre en œuvre sont la Desagents chaleur, la lumière et la dessiccation. physiques.
La chaleur a été l’un des premiers modes mis en usage pour
(1) Chauveau, Sur les propriétés vaccinales des microbes ci-devant pathogènas transformés en microbes d'apparence saprogène ( Archives de médecine expérimentale et d'anatomie pathologique , mars 1889, p. 161).
(2) Bouchard, Sur l’atténuation des virus (Académie des sciences séance du 25 février 18S9).
(3) Chauveau, Les microbes ci-devant pathogènes n'ayant conservé en apparence que la propriété de végéter en dehors des milieux vivants, peuvent-ils récupérer leurs propriétés infectieuses primitives? (Académie des sciences, séance du k mars 1889.)
De la chaleur.
De
l'atlénualion du virus charbonneux.
l’allcnuation des virus, et c’est, comme je vous le disais, Toussaint (1) qui, le 12 juillet 1880, a conseillé le premier ce moyen pour atténuer le sang charbonneux et créer ainsi un véritable vaccin contre le charbon. Ce procédé consistait à chauffer le sang défibriné à 85 degrés pendant dix minutes, et à pratiquer, avec 3 centimètres cubes de ce sang, des injections sous-cutanées. Toussaint, en opérant sur le mouton, obtint l’immunité par une seule inoculation et chez trois autres par deux inoculations.
Mais c’est à Pasteur que revient l’honneur d’avoir établi sur des bases définitives celle atténuation des virus et d’avoir montré comment se modiiiait le Bacil/us anlhracis sous l’influence de la chaleur. Déjà l’année précédente (2), en étudiant le choléra des poules, il avait montré que l’on atténuait les cultures du microbe de ce choléra par le vieillissement et que celte perte de virulence se faisait graduellement jusqu’à l’inactivité complète. Les organismes dont les propriétés virulentes ont été ainsi atténuées voient se transmettre cette atténuation dans leur descendance, de telle sorte qu’on peut constituer ainsi des races microbiennes à atténuation plus ou moinsmarquée. Comme je vous le dirai tout à l’heure, lorsque je vous parlerai do l’oxygène, c’est à l’action de ce corps et à celle de la lumière qu’il faut attribuer cette atténuation. C’est donc guidé par ces premières recherches que Pasteur a entrepris l'atténuation des virus charbonneux.
Pasteur et ses collaborateurs Chamberland et lloux montrèrent qu’à partir de 42 degrés les cultures du Bacillus anlhracis donnaient lieu à un abondant chevelu de mycélium, comme vous le montre la figure suivante (lig. 35), mais dans lequel on n’observe plus de développement de spores ; au delà de 45 degrés, les cultures ne se développent plus. Ce sont ces mycélium du Bacillus anlhracis privés de spores qui peuvent subir alors l’action de l’oxygène et atténuer leurs propriétés. Il y a là, comme vous le voyez, une double action : action de la chaleur qui modifie la culture du Bacillus anlhracis et eu fait une espèce qui se développe
(1) Toussaint, De l’ immunité pour le charbon acquise à la suite d’inoculalions préventives (Académie des sciences, 12 juillet 1880).
(2) Pasteur, Sur le choléra des poules. Élude des conditions de la nonrécidive de la maladie et de quelques autres de ses caractères (Académio de médecine, 27 avril 1880); Atlénualion du virus du choléra des poules (Académie desacicuoes, 20 octobre 1880).
DES VACCINATIONS PASTORIENNES.
sans sporulation, action de l’oxygène qui en atténue la virulence.
On constitue ainsi deux vaccins : l’un est un premier vaccin qui résulte du séjour d’une culture de ce bacille privé de spores maintenu à l’étuve à une température de 43 degrés pendant quinze à vingt jours; ce vaccin ne tue ni le lapin ni le cobaye, mais il tue la souris. Le deuxième vaccin est produit par une culture identique, mais qui n’a séjourné dans l’étuve que dix à douze jours ; ce vaccin tue la souris et le cobaye, et rend malade le lapin adulte sans le faire mourir.
C’est avec ces vaccins que fut faite, le 5 mai 1881, la célèbre expérience de Pouilly-lc-Fort dont vous devez garder le souvenir, car ce fut dans cctle mémorable expérience que cette question des virus atténués sortit du domaine du laboratoire pour entrer dans
Fig. 35. — Colonio du üacillus anlkracis sur plaque de gélatinu à un faible grossissement.
celui de la pratique. La Société d’agriculture de Seinc-et-Marno, présidée par le baron de la Rochette, décida qu’une expérience serait faite dans une ferme située près de Melun, à Pouilly-lcl'ort (1). Cette expérience lot commencée le 3 mai 1881. Vingt-quatre moulons, une chèvre et six vaches furent inoculés ce jour-là avec le premier virus; douze jours après, on pratiqua uncsccondcinoculation avec le deuxième virus atténué. Le 31 mai on pratiquait avec du virus extrêmement virulent des inoculations à tous ces animaux ainsi qu’à trente-deux autres bêles qui devaient servir de témoins.
Le lendemain l’on vit accourir avec empressement toutes les
(1) Pasteur, Chamberlain! cl Roux, Compte rendit sommaire des expériences faites à Pouilly-lc-Furt, prés Melun, sur la vaccination charbonneuse (Académie des sciences, 18 juin 18S1).
Expériences
de
Pouilly-lc-Furt
Atténuation par la lumière.
personnes qui avaient assisté à celte expérience, et l’émotion fut grande lorsque l’on vit que, dans l’enclos où étaient placés les animaux non inoculés, vingt et un moutons étaient morts et toutes les vaches étaient malades; au contraire, tous les animaux vaccinés avaient résisté.
L’expérience était concluante, et désormais il fut acquis que, par la méthode conseillée par Pasteur, on pouvait protéger nos troupeaux des tléaux qui les ravageaient, et je vous montrerai, lorsque je vous parlerai des conséquences pratiques des inoculations pastoriennes, à quel résultat on est arrivé aujourd’hui.
La lumière, vous ai-je dit, est un des agents d’atténuation des virus, et je dois vous citer à ce sujet les travaux d’Arloing. Arloing a opéré sur le Bacillus antliracis ; il essaya d'abord la lumière du gaz, puis la lumière solaire, et montra l’aclion dcstructive rapide de cette lumière même sur les spores de ce bacille. Cette influence atténuante n’était pas due aux rayons caloriques ou lumineux de la lumière solaire, mais à l’ensemble de celte lumière (1).
Celte action si rapide de la lumière solaire sur les spores du Bacillus anthracis donna lieu même à des discussions fort intéressantes. Lorsque je vous ai parlé des microbes pathogènes, je vous ai dit quelle résistance les spores de ce bacille offrent à nos agents de destruction. Les résultats auxquels arrivait Arloing étaient en contradiction absolue avec cette affirmation. Aussi vit-on émettre des doutes sur la valeur de ces expériences, et Nocard d’une part et Straus(2) de l’autre soutinrent cette opinion que les rayons solaires agissaient non pas sur les spores, mais sur le mycélium naissant; en un mot, les rayons solaires activeraient la germination, mais détruiraient rapidement la nouvelle progéniture.
(1) Arloing, Influence de la lumière sur la végétation et les propriétés pathogènes du Bacillus anthracis (Académie des sciences, 9 février 1885) ; Influence du soleil sur la végetabililé des spores du Bacillus anthracis (Ibid., 24 août 1885); Influence du soleil sur la végétation et Id virulence du Bacillus anthracis ( Lyon médical, 7, 14 et 21 lévrier 1886) ; Influence de la lumière blanche et de ses rayons constituants sur le développement et les propriétés du Bacillus anthracis (Archives de physiologie, 1S8G); Destruction des spores du Bacillus anthracis par la lumière solaire (Académie des sciences, 7 mars 1887).
(2) Straus, Note sur l'action de la lumière solaire sur les spores du Bacillus anthracis (Société de biologie, 6 novembre 1886).
DES VACCINATIONS PASTORIENNES.
Arloing (1) a repris depuis les expériences de Slraus cl a maintenu ses premières affirmations; d’après lui, la lumière solaire agirait egalement sur les spores et sur le mycélium, et même le mycélium serait plus résistant, surtout lorsqu il est très jeune. Ce serait donc un des plus puissants agents de destruction des microbes, et elle permettrait d’obtenir une atténuation rapide des virus charbonneux.
La dessiccation est aussi un procédé d’atténuation des virus, et nous voyons mettre en œuvre ce procédé, joint à celui de la chaleur, pour deux virus, celui du charbon symptomatique et celui de la rage.
Dans ma conférence sur les microbes pathogènes, je vous ai dit qu’il existait deux espèces de charbon, l’un qui atteint nos troupeaux de moutons, c’est le sang de rate dont le microbe pathogène est le Bacillus cinthracis; l’autre, qui est le charbon symptomatique qui décime les troupeaux de bêtes à cornes, et qu’on décrit sous le nom de mal des montagnes ; son microbe pathogène est le Bacterium Chauvei. Ces deux maladies sont absolument distinctes, on pourrait même dire opposées.
Arloing, Cornevin et Thomas, qui ont fait de ce charbon symptomatique une étude complète et qui ont examiné tous les procédés d’atténuation du Bacterium Chauvet) ont surtout mis en pratique dans leur méthode l’emploi de la chaleur et de la dessiccation, et voici comment ils procèdent : ils dessèchent, par un courant d’air sec, la pulpe musculaire charbonneuse, ils réduisent en poudre cette masse ainsi desséchée, l’humcctent, et on soumet le tout à une température de 100 à 104 degrés. Au bout de sept heures, on obtient un virus très fortement atténué et qui peut servir, de premier vaccin. Pour obtenir le second vaccin, on se sert encore de la pulpe desséchée et on la soumet pendant six heures à l’action d’une température de 85 à 90 dégrés. Mais c’est dans l’atténuation du virus rabique que l’action de la lumière, de la température et de la dessiccation est surtout mise en usage.
Lorsque Pasteur, en 1881, eut montré (2) que c’était dans le système nerveux que se localisait le virus rabique, transfor-
Atténuation par la
dessiccation.
Do
la vaccination antirabique.
(1) Arloing, Destruction des spores du Bacillus anthracis par la lumière solaire (Académie des sciences, 7 mars 1887).
(2) Pasteur, Roux, Chamberland ot Thuillier (Académie dos sciences, 30 mai 1881 et 11 décembre 1882).
ÜYGIÈNE PROPHYLACTIQUE. |0
178 neuvième conférence.
niant ainsi en réalité scientifique l'hypothèse laite en 1879 par Duboué (de Pau) (i), on fut en possession désormais d’une méthode qui permettait de faire des recherches expérimentales précises et multipliées sur la rage.
Se basant sur la période d’incubation, Pasteur établit que l’on pouvait augmenter ou diminuer la virulence de la rage en la faisant passer dans des organismes différents et établit que l’on pouvait pour chaque animal obtenir un virus fixe. La rage des chiens des rues, communiquée de lapin à lapin, donne au bout d’un certain temps un virus qui détermine, par inoculation intra-crânienne, la rage en sept jours.
C’est ce virus fixe que Pasteur a atténué et qui sert de base à ses vaccinations. Pour obtenir cette atténuation, il a mis en œuvre les procédés qui lui avaient déjà servi dans d’autres atténuations. Comme jusqu’ici il a été impossible d’isoler le microbe pathogène de la rage et d’agir sur les bouillons de culture, c’est la moelle elle-même qui a été soumise à l’action de la chaleur et de la dessiccation.
On suspend dans des vases de verre exposés aux rayons solaires des moelles de lapins qui ont succombe à la rage, el ces moelles sont ainsi maintenues à une température constante de 20 degrés, et l’air qui pénètre dans ces vases y est desséché à l’aide de la potasse caustique. La virulence de ces moelles s’atténue graduellement, de telle sorte que, au bout de sept jours, elles ne peuvent plus transmettre la rage. Cette atténuation d’abord très faible dans les deux premiers jours s’accentue le troisième, puis cette atténuation va en progressant de plus en plus.
La température a une influence très notable sur cette atténuation ; Gamalcia a montré qu’il suffit d’élever. la température de fl degrés et de la porter à 2fl degrés pour faire perdre, en cinq jours, toute virulence à la moelle. Helman, de Saint-Pétersbourg, affirme même qu’on vingt-quatre heures celte virulence est perdue si on élève la température à 35 degrés.
Grâce à cette action combinée de l’air sec, de la lumière, de lu chaleur et du temps, Pasteur était en possession d’une gamme de virus plus ou moins atténués, allant du plus inoilcnsif au plus actif. C’est cette gamme qu il a mise en œuvre
(I) Dubouô, De la physiologie pathologique et du traitement rationnel de la rage. Paris, 1S79; Des progrès accomplis sur la question de tarage et delà part qui en revient à la théorie. nerveuse, 1887.
DUS VACCINATIONS PASTOMENN1ÏS.
lioiir la vaccination antirabique, en allant graduellement chaque jour du virus le plus inoffensif au virus le plus actif. Je ne puis entrer ici dans toute cette question antirabique pastorienne et je vous renvoie à tous les travaux faits à ce sujet, et en particulier au livre de Suzor (I).
Dans l’action de tous ces agents physiques, chaleur, lumière, dessiccation pour l’atténuation du virus, il existe un facteur toujours constant, c’est l’oxygène. Déjà, dès les premières recherches sur l’atténuation du virus, Pasteur avait montré que, dans l’atténuation du virus du choléra des poules, cet oxygène était l’agent véritablement efficace, et l’expérience qu’il fit à cet égard est des plus démonstratives. Il place dans deux récipients des cultures du micro-organisme du choléra des poules faites dans des conditions identiques et dans le môme milieu nutritif; il ferme hermétiquement le premier récipient et bouche le second avec de la ouate. La culture dans le vase hermétiquement clos ne s’atténue pas, tandis que celle où l’oxygène de l’air peut se renouveler subit les effets de l’atténuation. Mais c’est Chauveau qui a surtout bien étudié cette action de l’oxygène sur l’atténuation des virus, et en a fait l’objet de travaux fort intéressants (2).
Ces recherches se firent de 1883 à 1885, et portèrent exclusivement sur l’atténuation du virus charbonneux. Il étudia d’abord quel était, de la chaleur ou de l’oxygène, l’agent le plus actif. Il établit qu’il est des conditions où la chaleur et l’air favorisent, entravent ou empêchent le développement du Dacillus anthracis. Il donna le nom de conditions eugénésiques aux premiers, de clysgénésiques aux seconds et d'ayénésiques aux troisièmes.
11 montra qu’aux températures agénésiques et dysgénésiques l’oxvgène ne joue aucun rôle, du moins dans les températures élovées. 11 n’en est plus de même aux températures basses et cet oxygène rend plus précoces la virulence et la perte de la propriété prolifique.
Mais lorsqu’on augmente la pression de l’oxygène, l’action est
(1) Suzor, Exposé pratique du traitement de la raye par la méthode pastorienne. Paris, 1888.
(2) Chauveau, Du rôle de l'oxygène de l’air dans l'atténuation quasi instantanée des matières virulentes par V action de la chaleur (Académie dus sciences, 12 mars 1883); Du râle respectif de l’oxygène et de la chaleur dans l atténuation du virus charbonneux par ta méthode de Pasteur {Ibid., 21 niai 1883); Sur la nature des transformations que subit le sang de rate atténué par culture dans l'oxygène comprimé {Ibid., 13 juillet, 188ü).
Atténuation par les antiseptiques
beaucoup plus aclivc, et voici comment il opcre, 11 place une culture de Bactllus anthracis dans un récipient suffisamment résistant pour que l’on y puisse comprimer de l’oxygène ou de 1 air, et cela à la pression de 8 atmosphères ; c’est plutôt de l’air que Chauveau utilise. La température du milieu est maintenue à 35 degrés. Au bout de trois semaines, il y a une atténuation de cette culture, mais encore faible, puisqu’elle amène la mort de la moitié des moutons inoculés.
Mais si l’on fait, avec cette première culture déjà atténuée, une autre culture dans les mômes conditions, et toujours sous la même pression, on obtient un virus plus atténué encore, et l’on peut, en renouvelant ainsi ces cultures, leur faire subir des atténuations successives. Elles portent non seulement sur leurs propriétés virulentes, mais encore sur leurs propriétés prolifiques, et, comme dans la méthode Pasteur, chacune de ces cultures, ainsi atténuée, est le point de départ d’une espèce microbienne dont la végétation et la prolification sont désormais fixées.
Chauveau affirme même que son procédé est de beau-coup supérieur à l’atténuation par la chaleur. Aussi a-t-il substitué, dans la pratique, sa méthode à celle jusqu’ici employée. Cette supériorité résulterait surtout pour lui delà résistance au vieillissement qu’offrent les cultures atténuées par la compression de l’air. Ces cultures conserveraient leurs propriétés vaccinales pendant plusieurs mois, et d’autant plus longtemps que l’atténuation est moins forte. Pour le virus vaccinal employé chez le mouton, celte conservation pourrait être de trois mois.
A côté de l’oxygène se placent toutes les substances chimiques capables de modifier la vitalité de ccs microbes, et c’est ainsi que Chamberland et Roux(1) ont montré que la plupart des substances antiseptiques avaient la propriété d’atténuer le Bacillus anthracis. Voici quelques-unes des recherches faites par ces expérimentateurs.
Lorsqu’on emploie par exemple l’acide phénique dans des bouillons de culture, on voit que 1 pour S00 ne modifie pas sensiblement le développement du Bacillus anthracis , mais en
(1) Chamberland et Roux, Sur l'atténuation de la virulence de la bactéridie charbonneuse sous l’influence des substances antiseptiques (Académie des sciences, 9 avril 1883) ; Sur l'atténuation de la bactéridie charbonneuse et de ses germes sous l'influence des substances antiseptiques Ibid., 14 mai 1883).
DES VACCINATIONS PASTORIENNES.
revanche, la proportion douille de I pour 400 détruit toute végétation en quarante-huit heures. Mais si l’on prend un moyen terme et que l’on place, dans un bouillon de culture à 35 degrés,
1 pour 600 d’acide phénique, on obtient une culture privée, de spores et suffisamment atténuée.
Chamberland et Roux montrèrent même que le bouillon de culture avait une réelle importance dans ces cas et que, si l'on substitue par exemple au bouillon de culture de l’eau distillée, celte môme proportion de 1 pour 600 entraîne la mort rapide du Baallus anthracis, et il faut abaisser la dose à 1 pour 900 pour obtenir, dans l’eau distillée, la même atténuation que 1 pour 600 produit dans le bouillon ordinaire.
Arloing, Corncvin et Thomas ont, de leur côté, étudié avec un grand soin l’action des antiseptiques sur l’atténuation du Bacterium Chauvei. Ils ont mis en lumière ce fait important et intéressant, c’est que les antiseptiques agissent différemment sur chacun des microbes que l’on veut atténuer et qu’il est impossible, a priori , d’établir une loi applicable à l’atténuation des différents micro-organismes, et voici comment ils concluent : On peut , en déterminant le litre de certaines solutions antiseptiques et les proportions suivant lesquelles ces substances antiseptiques doivent être associées et la durée du contact, préparer des vaccins à l’aide desquels on arrive à pratiquer des inoculations prophylactiques.
A la longue liste des substances antiseptiques expérimentées par Arloing, Cornevin et Thomas pour l’alténualion du charbon symptomatique, Nocard et Mollereau (1) ont joint l’eau oxygénée. De son côté, Gamaleia a appliqué à l’atténuation du virus charbonneux le bichromate de potasse, et c’est ainsi que la vaccination charbonneuse a été pratiquée en Russie (“2).
Maximovilsch (3) a étudié l’action des naphtols sur le même virus, et ses expériences ont montré ce fait curieux, c’est que le naphtol a, à la dose de 0,3 pour 1000, et le naphtol (3, à la dose
(1) Nocard et Mollereau, De L’emploi de l'eau oxygénée comme moyen d'atténuation de certains virus ( Rulletin de l'Académie de médecine .
2 janvier 1883).
(2) Gamaleia, Etude sur la vaccination charbonneuse ( Annales de /'institut Pasteur , 1888, n°10).
(3) Maximovilsch, Nouvelles Recherches sur les naphtols a et S (Académie des sciences, 14 mai 1888).
Du nombre des microbes.
de 0,6 pour 1000, détruisent la végétabilité du Bacillus anthracis en quinze à vingt minutes; mais, pour détruire la virulence, il faut cinq à six jours de contact avec les mêmes solutions. Ainsi donc, la végétation de ce bacille et sa virulence ne marcheraient pas de pair.
Maximovitsch a aussi fait agir ces napbtols sur le bacille pyocyanique et a montré, comme pour le virus charbonneux, qu’il fallait distinguer dans leur action antiseptique les effets sur la végétabilité de ceux sur la virulence. Plus récemment, Grancher et Chautard (1) ont montré que si l’acide lluorbydrique ne détruit pas le bacille de la tuberculose, il en atténue les effets ; cependant, ils n’ont pas constitué un véritable vaccin avec ces bacilles.
Enfin, on doit rapprocher de ces faits les récentes expériences de Manfredi (2) qui, en mettant dans les milieux de culture où l’on cultive le Bacillus anthracis des matières grasses, a constaté que ces matières grasses modifient la culture et permettent d’obtenir des virus atténués. S’il est des substances chimiques qui atténuent les virus, il en est d’autres, au contraire, qui exaltent leurs propriétés virulentes, et je puis vous signaler à cet égard les effets de l’acide lactique sur les virus du charbon symptomatique.
Arloing et Cornevin ont montré que l’on doublait pour ainsi dire sa virulence en le mettant en contact avec 1 cinquième d’acide lactique. Les virus atténués par d’autres méthodes reprennent leur virulence première quand on les mot en contact avec de l’acide lactique. C’est là un fait important qui montre que l’on peut trouver dans une même série de corps des substances qui augmentent ou affaiblissent la virulence des microbes pathogènes.
Je passe maintenant au second groupe des moyens à mettre en œuvre pour atténuer les virus.
Ici aucune atteinte n’est portée à la vitalité du microbe pathogène, mais on obtient l’atténuation soit en introduisant un nombre très minime de micro-organismes dans l’économie, soit
(1) Grancher et Chautard, Influence des vapeurs d'acide flllorhjdrique sur les bacilles tuberculeux ( Annales de l’Institut Pasteur, 1888, n° 5).
(2; L. Manfredi, De l’excès de graisse dans l'alimentation des microorganismes pathogènes comme cause de l’atténuation de leur virulence (i Giorn . internez, delscienze Mediche, 1887, n° 6).
DES VACCINATIONS PASTORIENNES. 1 S3
en modifiant le mode d’introduction, soit en faisant passer ce microbe dans des organismes différents.
Lorsque je vous ai parlé de l’immunité, j’ai signalé les expériences de Chauveau montrant que l’on peut, en introduisant un très petit nombre de Bacillus anthracis à des animaux, conférer à ceux-ci l’immunité. Je ne reviendrai pas sur ces points, et je vous renvoie à l’important mémoire que Chauveau vient de publier Sur les propriétés vaccinales clés virus atténués (I).
Mais je désire insister un peu plus longuement sur l’immunité acquise par le point où se pratique l’inoculation. Je puiserai surtout mes exemples dans l’atténuation du virus du charbon symptomatique et dans la rage.
Arloing, Cornevin et Thomas ont montré que le mode d’introduction du Bacterium Chauvei modifiait considérablement les effets de ce microbe. Ainsi, quand on injecte ce microbe dans le sang, on provoque des malaises pendant deux ou trois jours, mais l’animal ne succombe pas, et cette injection lui a conféré l’immunité. C’était môme là le premier procédé de vaccination conseillé par ces expérimentateurs. Mais, comme ce procédé donnait lieu souvent à des accidents, on lui a substitué celui qui consiste à inoculer les animaux à l’extrémité de la queue, et ce procédé est encore employé aujourd’hui.
Pour la rage, nous trouvons aussi des faits comparables, et nous pouvons, selon le mode d’introduction, augmenter ou atténuer la virulence. Tandis qu’inoculée sous la peau, l’incubation est longue et incertaine, elle diminue considérablement lorsque l’inoculation est faite directement dans le cerveau. Pour répondre aux objections qu’on a faites à cette méthode des inoculations intra-crâniennes, on a recours, aujourd’hui, à un procédé tout aussi rapide et qui n’entraîne aucun traumatisme, c’est l’inoculation de la matière virulente dans la chambre antérieure de l’œil, d’après le procédé de Gibier.
Tels sont les moyens d’augmenter la virulence de la rage par le mode d’introduction ; mais on peut aussi atténuer ses effets en injectant le virus rabique dans le sang, et on obtient môme une certaine immunité, comme l’a montré Galticr (2), en injcc-
(1) Chauveau, Sur les propriétés vaccinales des microbes ci-devant pathogènes ( Archives de médecine expérimentale, n° 2, 1er mars 1889, p. jgi)
(2) Galtier, Comptes rendus de l'Académie des sciences, I cr aoiU 1 881
Du point où se fait l'inoculation.
NEUVIÈME CONFÈnENCE.
Dos vaccins chimiques.
De l’immunilé par les leticomaïnes.
tant, dans les veines, de la salive de chien enragé à des moutons et à des chèvres.
Lorsque l’on fait passer une maladie virulente d’un organisme dans un autre, on en exalte ou on en diminue les propriétés virulentes, et l’on peut, en reprenant ce môme virus chez ces animaux, constituer un vaccin.
Nous en sommes arrivés au troisième groupe que nous avons établi, c’est-à-dire examinons les procédés de vaccination, non plus par le microbe lui-même, mais par les liquides de culture où il se développe.
Comme je vous le disais au début même de cette leçon, c’est à Toussaint que l’on doit la première idée de ce mode de vaccination. Dans ses communications faites en 1880 et 188! à l’Académie des sciences, Toussaint (I) avait obtenu l’immunité pour le charbon en filtrant le sang charbonneux défibriné par le battage entre -10 ou 12 doubles de papier à filtre et en injectant aux animaux le liquide ainsi dépourvu de bacilles, ce qui donnait raison à l’hypothèse qu’il avait soutenue, que le Bacillus anthracis produisait ses effets nocifs non par lui-même, mais parles produits toxiques qu’il sécrétait. Malheureusement, comme le démontra Pasteur, cette filtration était incomplète et laissait passer un certain nombre de bactéridies, de telle sorte que la question resta à l’état d’hypothèse, hypothèse déjà soutenue par Pasteur qui avait démontré, dès 1880, la possibilité d'expliquer l’immunité par la sécrétion de certains produits faits par les microbes. Chauveau, de son côté, la même année, admettait la même hypothèse.
Tous ces travaux devaient être repris en 1887. Mais je dois vous signaler cependant une œuvre qui n’a pas été indiquée dans l’historique si complet que le professeur Bouchard a consacré à ce sujet dans son beau livre sur la thérapeutique des maladies infectieuses (2). Cette brochure, sans nom d’auteur, parut en 1886, et elle porte comme titre: f Immunité par les leucomaïnes.
L’auteur, qui signe E. G... B. (3), après avoir fait la critique
(1) Toussaint, De l'immunité pour le charbon acquise à la suite d’inoculations préventives (Académie des sciences, 12 juillet 1SS0) ; Sur quelques points relatifs à l’immunité charbonneuse [Ibid., 18 juillet 1881).
(2) Bouchard, Thérapeutique des maladies infectieuses. Paris, 1889,
(3) E. G... B., T Immunité par les leucomaines . Paris, 1886.
DES VACCINATIONS PASTORIENNES.
de tous les ouvrages parus sur les virus allénués, les vaccins et l’immunité, arrive à cette conclusion que ce sont les leucomaïnes sécrétées par le microbe pathogène qui, en pénétrant dans l’organisme, confèrent l’immunité, soit que le microbe ait pénétré dans l’économie, soit qu’on introduise les leucomaines par la filtration du bouillon de culture.
D’ailleurs, l’auteur inconnu ne fait qu'œuvre de critique et non d’expérimentateur. Mais nous allons voir à partir de 1887 ces expériences se précipiter eL devenir de plus en plus démonstratives, établissant la réalité de la vaccination par les matières solubles.
Le 27 janvier 1887, Pasteur, dans une lettre adressée à Duclaux et publiée dans le premier numéro des Annales de l' Institut Pasteur , à propos de la rage, tend à admettre que, dans un bulbe rabique, il y a deux choses: le virus et la matière vaccinante, séparant ainsi les propriétés virulentes des propriétés vaccinales.
La même année, au mois de septembre, Salmon et Smith font connaître au Congrès de Washington les résultats auxquels ils sont arrivés et montrent que les bouillons de culture du choléra des poules, débarrassés de leurs micro-organismes par la chaleur, comme l’avait fait d’ailleurs Toussaint pour le charbon inoculé à des gallinacés, confèrent à ceux-ci l’immunité. Ces recherches remonteraient d’après leurs auteurs aux années 1885 et 188(i.
Au mois d’octobre 1887, Charrin, dans des communications faites à l’Académie des sciences, démontre le même fait pour le bacille pyocyanique, et lorsqu’on injecte sous la peau la culture filtrée de ce microbe, on confère au lapin une immunité aux injections intra-veineuses du liquide infectieux.
Toujours dans cette même année 1 887, Peyraud (de Libourne), le 80 avril, communique à la Société de biologie ses curieuses expériences sur la tanaisie et les phénomènes convulsifs qu’elle détermine chez les animaux. 11 tend à montrer que ces phénomènes se rapprochent de ceux de la rage; il attribue à cet empoisonnement le nom de rage tanaisique et soutient qu’en injectant cette substance sous la peau on confère aux animaux l’immunité contre la rage des rues. Il s’efforce de rechercher la leucomaïne de la rage et compare le poison rabique à l’essence de tanaisie (I).
(1) Peyraud, l'Immunité par les vaccins chimiques. Paris, 1888
NEUVIEME conféhence.
Enfin Roux et Chamborland font connaître, en décembre 1887, leurs belles recherches sur la septicémie gangréneuse et montrent que les bouillons de culture du vibrion septique injecté aux animaux confère à ces derniers l’immunité.
De leur côté, Cbantemesse et Widul ont fait connaître, en février 1888, que l’on pouvait aussi par les lcucomaïnes sécrétées par le bacillus typ/iosus conférer l’immunité. Enfin, Gamaleia (d’Odessa) affirme, en janvier 1888, qu’il en est de même pour le choléra. Le charbon lui-même pourrait rentrer, si l’on s’en rapporte aux expériences de Roger, dans le groupe des maladies infectieuses trouvant dans les liquides de culture un vaccin chimique.
Comme on le voit, cette question des vaccins chimiques tend à s’agrandir de jour en jour.
Comment expliquer cette action si curieuse des lcucomaïnes sécrétées par les microbes pour conférer l’immunité aux animaux ?
Faut-il, comme le veut Bouchard, séparer les propriétés vaccinales des propriétés virulentes? Faut-il, au contraire, supposer que la même substance chimique est à la fois vaccinante et virulente, et, si elle rend l’animal réfractaire à des inoculations ultérieures, c’est qu’il est, comme on dit, mithridatisé , c’està-dire que son économie s’est habituée aux toxines sécrétées par le microbe pathogène.
Ce sont là des questions d’une haute importance qui sont loin d’être résolues et la découverte des vaccins chimiques est trop proche de nous pour que nous puissions espérer, malgré l’ardeur des travaux entrepris à ce sujet, voir cette solution nous être prochainement donnée. Mais quoi qu’il en soit, il faut admettre comme démontrée aujourd’hui la réalité de ces vaccins chimiques, et il est probable que bientôt cette question passera du domaine du laboratoire dans le domaine de la pratique.
Des résulta i9 Examinons maintenant quels résultats pratiques ont fourni
pratd^3UC3 les vaccinations pastoriennes et nous les envisagerons surtout PHsTo'riênncs. dans deux ordres de maladies, le charbon pour les animaux domestiques, la rage chez l’homme.
Pour le charbon, nous avons des chiffres démonstratifs. Ce sont ceux fournis par Chamberland au Congrès de Vienne. Répondant aux détracteurs des inoculations charbonneuses qui soutenaient que ces inoculations ne donnaient aucun
DES VACCINATIONS PASTORIENNES.
résultat pratique, Clmmberland fournit alors la statistique sui vante :
Dos
vaccinations contre le charbon.