‹ L'hygiène sexuelle et ses conséquences morales [microform]Chapitre 18 sur 65 · LA. POLYGAMIE CHEZ LES ORIENTAUX · texte numérisé non relu

LA. POLYGAMIE CHEZ LES ORIENTAUX

rais qu'à citer Néron parmi les hommes et Messaline parmi les femmes. Je n'ai pas à voir ici jusqu'à quel point on doit considérer ces êtres comme normalement constitués. Ces désirs insatiables se trouvent encore relatés et commentés dans la

mythologie de plusieurs nations et dans certaines légendes populaires. Je me contenterai de rappeler ici la légende de don Juan, et sa contre-partie, ceHe du Tannhauser. Dans le premier de ces poèmes on a dépeint l'intempérance masculine, dans le second, l'intempérance féminine; mais tandis que don Juan nous apparaît comme un homme raisonnable en

chair et en os, la Vénus du Tannhauser se présente à nous comme un être d'un genre tout différent. Il se dégage de ces deux légendes la vague impression que, pour atteindre le même degré de débauche, une femme doit plus s'écarter de la loi naturelle qu'un homme.

La polygamie chez les Orientaux.

Nous avons dit que la nature, plus généreuse pour l'homme que pour les hôtes, n'avait pas limité ses facultés génitales à certaines époques de Tannée pas plus que par d'autres circonstances spéciales. EUe lui a permis de les satisfaire en tout temps. Mais il ne s'ensuit nullement que l'homme doive

toujours se procurer cette jouissance. Il semblerait

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au contraire que la satisfaction constante de ses instincts génitaux exerçât une influence fâcheuse sur son moral et son physique. C'est ce que l'on observe, par exemple, chez les hommes qui appartiennent aux familles les plus riches de Turquie. Les riches diffèrent considérablement, sous ce rapport, des hommes du peuple; et tandis que ces derniers se distinguent parleur santé et leur vigueur,

les turcs nobles ont généralement l'organisme

anémié et énervé. En s'adonnant de bonne heure aux pratiques du harem, ils se sont exercés à distiller, pour ainsi dire, les préférences physiques et les points faibles des sensations voluptueuses de leurs femmes, ces raffineries exquises que les roués des pays occidentaux mettent une certaine vanité

à satisfaire; mais à ce jeu leur verve et leur vigueur se sont épuisées, anéanties. Celte faiblesse de constitution s'étend du particulier à la généralité, de l'individu à la masse ; et il n'est pas douteux que « rhonime malade » serait moins atteint si les enfants d'une nation avaient un peu de cette « inexhausta pubertas » que Tacite considérait comme un privilège particulier des Germains.

Tacite, d'ailleurs, n'est pas le seul auteur qui ait fait des remarques de ce genre. Dans les anciens états de l'Amérique du Nord réduits à l'esclavage, des voyageurs dignes de foi nous disent que la

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