‹ L'hygiène sexuelle et ses conséquences morales [microform]Chapitre 19 sur 65 · LA POLYGAMIE CHEZ LES ORIENTAUX · texte numérisé non relu

LA POLYGAMIE CHEZ LES ORIENTAUX

vigueur des jeunes gens était gaspillée, épuisée par des rapports sexuels trop précoces. Un médecin Scandinave qui pratiquait au Brésil fit également observer au congrès médical de 1884 que les individus du sexe masculin dégénéraient de la même façon, tandis que les jeunes filles qui, par tradition, sont obligées de contenir leurs désirs, se portaient moralement et physiquement beaucoup

mieux.

Les auteurs européens qui plaident si ardemment en faveur des unions précoces n'ont pas d'autre idéal que de voir donner à un jeune homme une jeune esclave pour satisfaire ses désirs. Mais la voix de Texpérience parle un tout autre langage. La nature veut que l'homme gagne par ses mérites les grâces de sa compagne. Quand des conditions sociales la lui livrent sans efforts et sans lutte, elles blasphèment contre la nature et le maître en souffre peut-être plus encore que Tesclave.

Ajoutons enfin, en ce qui concerne la polygamie^ que si, dans l'avenir, les biens, l'éducation, etc.,. doivent être en rapport avec le mariage, la polygamie devrait être le privilège de la fortune et des classes les plus élevées de la société; mais alorslous les hommes ne seraient rien moins que certains de pouvoir concilier leurs désirs sexuels et

leur puissance génitale avec la position sociale qu'ils occupent. Le parti le plus avancé du socialisme a déjà eu conscience de cet état de choses.

C est pourquoi il demande, comme conséquence logique, que toutes les unions légitimes soient dissoutes, que les croisements des sexes n'aient

d'autres lois que les caprices plus ou moins passagers des individus. Enfin, il exige que tous les enfants soient élevés dans des établissements publics.

La domination de l'instinct sexuel considérée

comme une force morale.

Un auteur, dans une autre situation et d'une autre valeur que ces séducteurs, Georges Brandès, n'hésite pas à formuler le souhait de voir les plaisirs erotiques des individus s'accomplir comme des actes personnels de la vie privée, et qu'en même

temps les sentiments humanitaires des hommes progressent assez pour que l'humanité ne laisse aucun de ses enfants dans l'embarras ^ Cette opinion montre combien est fausse l'idée que l'auteur se fait de l'évolution du monde. Il devient un réactionnaire de la pire espèce, un réactionnaire dont les idées ne reculent pas seulement par rapport à celle de son époque, mais qui nous feraient

(1) Tilskueren, II, p. 502.

Page 1