‹ L'hygiène sexuelle et ses conséquences morales [microform]Chapitre 32 sur 65 · L HYGIENE SEXUELLE · texte numérisé non relu

L HYGIENE SEXUELLE

Je me permets d'ailleurs d'ouvrir ici une parenthèse. L'auteur ne se nomme pas; il garde l'anonyme parce qu'il craint de blessor un de ses parenis '

L'auteur a eu de plus la chance de trouver un traducteur anonyme et enfin une personne également inconnue qui déclare avoir revu l'édition suédoise et avoir trouvé la traduction excellente ; cependant le critique anonyme aurait fait de nombreuses corrections surtout dans la partie médicale de l'ouvrage. Mais il y en a encore tant à faire que ce livre peut être considéré comme un modèle d'inexactitude.

Encore un mot à ce sujet. On sait que l'histoire

de la littérature compte tel ou tel excellent ouvrage

,dont l'auteur est resté inconnu à son époque et àk

postérité; mais l'histoire de la science ne connaît

pas de faits de ce genre. Cette pléiade de personnes

anonymes qui ont la prétention de s'éri-er en savants et en réformateurs sociaux n a droit ni à notre confiance ni même à notre attention. Un journal dont le rédacteur responsable aurait été acheté présenterait encore plus de garanties que les personnages obscurs dont nous parlions à l'instant. Le rédacteur d'un journal est toujours au moins

connu, de sorte que le public peut lui reconnaître une certaine responsabilité morale.

Puisque j'ai donné précédemment un aperçu des

différentes opinions recueillies dans la littérature médicale sur la continence, qu'il me soit permis de présenter une objection à Styrbjorn Starke. Cet auteur pense qu'étant données les divergences si grandes dans les opinions des médecins, touchant notre sujet, « on pourrait bien laisser à l'avenir le soin de trancher la question ».

Je crois avoir démontré que, parmi les véritables médecins, les opinions sont univoques et que, par

conséquent, il n'est pas nécessaire d^attendre la réponse de l'avenir. D'ailleurs, à part les principes fondamentaux des mathématiques et de la logique, je ne connais aucune doctrine qui ait été acceptée universellement. Dans le domaine de Ja médecine par exemple, l'homéopathie fleurit à côté de la médecine rationnelle ; ne trouve-t-on pas des médecins,

instruits, adversaires de la vaccination? Néanmoins,

je pense que la science a marqué sa place d'une façon suffisamment précise, pour que tous ceux qui la cherchent puissent la trouver. Sans m'agenouiller devant le succès mondain, je crois que l'on a toute raison pour se ranger à l'avis de ceux de nos contemporains, ou des hommes qui nous ont précédé, chez lesquels on reconnaît la plus grande compétence en la matière ; on doit s'écarter du petit nombre de contradicteurs qui ne montrent qu'excentricité, ignorance et haine du progrès.

s. RIBUING. 6

l'hygiène sexuelle L'ouvrage anonyme dont nous avons parlé, a découvert un nouveau genre de maladies : « les troubles de la continence ». Ce nom était jusqu'alors complètement inconnu en médecine. Pour l'homme ces troubles consisteraient en un affaiblissement dii pouvoir fécondant, spermatorrhée et hypocondrie. En ce qui concerne la femme, ces troubles se traduisent par l'hystérie, l'anémie et la dysménorrhée. Plusieurs écrivains modernes sont tombés d'accord avec l'auteur de l'ouvrage précité, sur ce point : que la femme devrait être dégagée des liens des préjugés qui l'empêchent de jouir aussi librement que l'homme, des plaisirs sexuels. Nordau veut que « sa part naturelle à la vie sexuelle de l'humanité lui soit assurée ;,. George Brandès a pris également la défense des malheureuses femmes célibataires et déclare que « la vie austère, telle que la mène aujourd'hui l'immense majorité des femmes du monde, est un malheur, un état hors nature,

un sacrifice qu'elles font à un jugement souvent sans valeur* .. Plus loin, on lit dans le même auteur : « si quelquefois les avantages spirituels sont achetés trop chers, au prix du sacrifice de la pureté et de l'innocence, de même la pureté véritable ou simplement son apparence, sont payées trop

U) Tilskueren, H, p. 22.

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