MALADIES DE LA CONTINKNGE
cher, quand ces exigences amènent la consomption de l'individu et entraînent encore la sottise d*une stérilité constante, la tristesse et la mélancolie ». Il est fort intéressant de remarquer que Brandès, en montrant les conséquences malheureuses du célibat féminin, insiste, d'une part, sur ses dévorants désirs et que, d'autre part, il traite si durement l'état borné de Tàme qui en résulte! On pourrait lui demander si cette particularité de la femme est un si grand malheur, et s'il y a lieu de regretter qu'une femme, pour éviter tout blâme, acbète à ce prix, non seulement la tranquillité de
son lime et sa position sociale — ces choses n ont pas grande valeur aux yeux de Brandès — mais encore une existence assurée bien que solitaire, sa
paix et son repos. La femme qui se livre à un libertin frivole, n'acquiert par là, même quand elle a une belle position de fortune, aucun des avantages physiques et psychiques d'une femme légalement mariée.
Maladies de la continence.
Etudions maintenant, de plus près, ces troubles attribués à la continence. En ce qui concerne les formes particulières sous lesquelles cette maladie se produit chez l'homme, c'est-à-dire l'impuissance,
la spermatorrhée, l'hypocondrie, tous ces symp-
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L UYGIÈNE SEXUELLE
tomes ne résultent jamais, ou du moins bien rarement, de la véritable continence. Ils sont, au contraire, souvent produits par des excès, des habitudes vicieuses ou l'hérédité.
Quant aux maladies de la femme, qui seraient consécutives à la chasteté, je puis déjà, sans parler de mon expérience personnelle, citer les opinions des célébrités scientifiques. Au sujet de l'hystérie, Kraft-Ebing^ dit :
« L'opinion généralement admise dans le public, que cette maladie est due à un manque d'exercice des fonctions génitales de la femme, cette opinion, dis-je, est absolument sans fondement. Si les vieilles filles vierges sont quelquefois hystériques, cela tient à des causes morales et non psychiques.
Les femmes non mariées et qui remplacent le mariage par des occupations sérieuses auxquelles elles se donnent cœur et âme, comme par exemple, les sœurs de charité qui se dévouent aux malades et à l'enfance, ces femmes ne deviennent qu'exceptionnellement hystériques*. » Et à un autre endroit, cet auteur ajoute : « C'est une triste preuve
de 1 insuffisance des connaissances hygiéniques, que nous fournissent encore actuellement les médecins qui espèrent guérir les maladies nerveuses,
(1) Ueber gesunde und kranke Nerven^ p. 123.