MESURES CONTRE LES MALADIES VÉNÉRIENNES EN SUKDE
Mesures prises contre les maladies vénériennes
en Suède.
Bien qu'en Suède la vérole n'ait jamais sévi avec une telle fréquence, les cas de contagion ont été assez nombreux pour attirer l'attention de l'autorité. C'est pourquoi nous avons à constater une série de mesures prophylactiques édictées depuis le commencement de ce siècle. Ainsi, pour faire disparaître cette calamité, le peuple suédois s'est imposé un impôt personnel (dit Kurhusafgift, c'està-dire taxe des maisons de santé), qui devait être employé aux soins gratuits à donner aux syphilitiques. Cet argent a servi à ériger des hôpitaux ou des services spéciaux affectés à ces malades, etc.. Des ordonnances, affiches, circulaires nombreuses ont été publiées soit par ordre du roi, soit sur l'initiative de fonctionnaires subalternes. Je crois plus pratique de ne pas vous les énumérer ni de les reproduire toutes, mais de vous donner un exposé
d'ensemble qui vous fera connaître leur contenu (d'après Rabenius)*.
V Celles-ci consistent tout d'abord en ce que le préfet de police (à la rigueur un juge d'un tribunal local) a le droit d'autoriser un médecin légiste à
(1) Nouveau Dictionnaire de médecine et de chirurgie^ XXXI V, p. 598 et suivantes.
(I) Handbok i Sveriges gallande flirvaUningsratt ^ H. Upsal, 1871, §56, p.- 82.
procéder à un examen complet, dès qu'un cas de
syphilis aura élé dénoncé dans un endroit quelconque. Après examen de ce genre, le médecin doit délivrer au maire (ou à la rigueur au conseil municipal) un certificat concernant le malade en question, pour qu'il soit admis dans un hôpital par les soins de l'autorité. Le chef ou les membres de l'autorité locale ont le devoir de s'informer de
temps en temps du sujet, de l'état du malade, après que ce dernier sera retourné dans son foyer, et dans le cas où il se produirait de nouvelles manifestations de la maladie, ils devraient les faire traiter énergiquement.
Un cas de contagion vénérienne se présente-t-il dans la clientèle privée, le médecin est tenu de s'entourer de tous les renseignements nécessaires
pour découvrir la source de la contagion ; il doit ensuite en prévenir les autorités compétentes, les fonctionnaires de la couronne, les agents de police, afin que la personne qui a transmis la maladie soit forcée de se soumettre à un examen médical. Si la personne suspecte s'y refuse, l'affaire est remise au Préfet qui doit prendre les mesures
qu'il juge convenable; or, comme cette autorité a le droit d'ordonner une inspection générale, cette jurisprudence revient en somme à lui conférer le droit de soumettre de force la