‹ L'hygiène sexuelle et ses conséquences morales [microform]Chapitre 49 sur 65 · MESURES CONTRE LES MALADIES VÉNÉRIENNES EN SUÈDE · texte numérisé non relu

MESURES CONTRE LES MALADIES VÉNÉRIENNES EN SUÈDE

personne en question à l'examen de son état de

santé.

Dans le même but, il est ordonné que, quand les troupes se rassemblent pour exécuter une marche, ou bien qu'elles sont cantonnées à la caserne ou au camp, les médecins examinent leurs hommes à ce point de vue. Les marchands ambulants n'ont pas l'autorisation de se rendre aux foires ou de voyager dans un endroit quelconque sans avoir

obtenu un passeport de santé qui ne leur est délivré qu'après examen médical; mais depuis que l'obligation des passeports a été abolie, cette prescription ne peut plus être suivie.

D'autres ordonnances ont trait à l'examen des nourrices et des enfants qui, provenant des maternités ou d'autres établissements publics, sont

confiés à des particuliers qui doivent les soigner et les élever. Les capitaines de ports doivent veiller à ce que cette maladie ne soit pas importée par des matelots, etc. Toutes ces mesures ont donné à notre peuple de grands avantages. La contagion de la syphilis s'est trouvée limitée, bien qu'elle soit encore assez fréquente pour pouvoir sévir

avec violence dès que ces ordonnances seraient moins rigoureusement observées . Aujourd'hui encore, les médecins de cantons entreprennent tous les ans des voyages et visitent des centres plus

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OU moins peuplés où la maladie a s6vi; je n'ai jamais entendu dire que la masse de la population ait considéré cette mesure de prudence comme incompatible avec la liberté individuelle ou comme offensante. Les malheureux qui sont devenus, sans qu il y ait de leur faute, les victimes de cette maladie, sont au contraire reconnaissants des mesures que prennent les autorités.

Dans cette affaire, comme dans toutes celles du môme genre, on peut poser la question de droit ou plutôt ergoter sur elle. On peut laisser entendre,

par exemple, que les mesures dont nous avons parlé ne sont appliquées qu'aux classes pauvres, mais qu elles épargnent les classes aisées, etc.. Cette objection n'est vraie qu'en apparence. Dans les maisons de santé, on soigne tous les ans une quantité de jeunes hommes — et quelquefois aussi des jeunes femmes — appartenant à des familles fortunées. D'ailleurs, ces mesures ne doivent en

aucune façon être considérées comme des pénalités punissant des licences antérieures, mais elles sont bien plutôt commandées par Tobligation qui incombe à l'État de préserver la société d'afflictions imméritées. Un homme rangé, marié et père de famille, n'a pas besoin d'être envoyé dans une maison de santé, alors que cela devient indispensable pour des soldats casernes, par exemple, ou

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pour ceux qui vivent dans les camps. Un jeune enfant doit parfois être envoyé dans un établissement public; d'autres fois, au contraire, cette précaution est inutile. Une honnête femme peut parfaitement se soigner chez elle ; il n'en est évidemment pas de même d'une fille de joie. Les syphilographes expérimentés ont pris avec raison pour règle de conduite de ne laisser se soigner chez eUes que les personnes dont le caractère, la bonne volonté et les moyens inspirent assez de confiance pour qu'elles ne propagent pas leur maladie. Dans

ce sens, la syphilis ne se distingue nullement des

autres maladies. Un médecin peut, avec l'autorisation des autorités, soigner une variole, une fièvre typhoïde à domicile, mais un médecin ne prendra pas sur lui de laisser un varioleux dans un établissement de couture, ni un typhique dans une laiterie.

Je ne crois pas que des protestations quelconques qui auraient la prétention de s'appuyer sur le droit de la liberté individuelle puissent empêcher le moins du monde les médecins d'envoyer les malades dans les hôpitaux, et je doute même qu'elles trouvent quelque écho dans la majorité

du public.

Quelques-uns de mes critiques ont prétendu que

toutes les difficultés dans le traitement de la syphilis

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seraient aplanies si Ton voulait avoir pour principe de la traiter « comme les autres maladies contagieuses «.Malheureusement, certaines circonstances naturelles viennent mettre de grands obstacles aune manière d'agir aussi simple. Les autres maladies contagieuses (variole, fièvre typhoïde, choléra, etc. . .)

ont des symptômes qui frappent à première vue ; elles se manifestent dès le début avec une certaine intensité; ceux qui en sont atteints ne sont plus en état de travailler et d'avoir des rapports avec le reste de la société. Il résulte de tout cela que les malades demandent eux-mêmes à être soignés, et quand ils sont guéris on les renvoie dans leurs foyers; on ne les laisse sortir que lorsqu'ils ne

peuvent plus contarjionner leurs semblables. Jusqu'à un certain point, les choses se passent ainsi poulies individus atteints de chaudepisses et de chancres simples. Quand ces malades sont sur le point de quitter l'hôpital, le médecin est en droit d'exiger qu'ils ne soient plus contagieux pour la société. Mais, en ce qui concerne la syphilis, il en est tout autrement. Celle-ci peut redevenir contagieuse à différentes époques, et cela pendant un temps qui varie de deux à cinq ans ; mais elle ne Test nullement pendant toute cette période. Après les périodes de santé relative, on voit en survenir d'autres qui durent plusieurs mois, et pendant

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