MESURES CONTRE LES MALADIES VÉNÉRIENNES EN SUÈDE
lesquelles les malades sont dangereux pour tout leur entourage. Ces poussées d'aggravation ne se manifestent pas toujours par des symptômes bien marqués; il s'ensuit que là, comme toujours, le médecin n'est appelé que quand un malade sait avoir cette maladie dans le sang, ou le craint. Une personne vertueuse n'a aucune raison pour
y penser; d'autre part, le libertin la dédaigne et s'éloigne soigneusement du médecin, parce qu'il sait que ce dernier le ferait entrer pour un temps indéterminé dans un hôpital. Au point de vue pratique, la ressemblance de la syphilis avec les autres maladies contagieuses n'est donc que très relative. Dans un mémoire déjà cité, Wicksell a reproché
aux médecins de nos jours de se croire obligés ou autorisés à ne pas cacher le dégoût qu'ils éprouvent à soigner les individus atteints de maladies vénériennes *. Avec un peu plus de réflexion, Wicksell aurait reconnu que cette attitude n est pas dirigée contre la maladie, mais seulement contre le caractère et la nature du malade en particulier. Je n'ai jamais entendu dire que les enfants syphilitiques aient été plus mal soignés que d'autres, ni qu une honnête femme syphilisée ait eu à se plaindre de manque d'égards de la part de son médecin.
(I) Om prostilutioncnj p. 24.
In I
Si Wicksell voulait se donner la peine de ré fléchir un instant sur le cynisme et le peu de confiance
que méritent les adeptes de Tamour libre (l'auteur en donne lui-môme des preuves suffisantes) * il s'étonnerait moins de l'attitude des médecins.
Pour trouver une autre confirmation de ce que je viens d'avancer il suffira d'étudier plus complètement les rapports de la syphilis avec le mariage*.
La Prostitution.
Si j'ai été assez heureux, messieurs, pour gagner dans ce qui précède vos suffrages et celui de nos contemporains, sans de trop fortes protestations, je crains que cela me soit plus difficile dans la question spéciale que nous allons traiter maintenant : la prostitution. Ceux qui aiment se reposer dans
une douce quiétude feraient assurément mieux de ne pas s'occuper du tout d'un sujet sur lequel les opinions s'entre-choquent avec tant de violence. Je ne puis cependant point passer outre dans une série de leçons qui ont pour thème l'hygiène sexuelle et ses conséquences morales. Il serait si utile de traiter une fois pour toutes celte question sans passion, avec calme et équité.
{[)Loc.cU., p. 22, 26.
(2) Comparez Alf. Founiier. Syphilis et Mariage. Paris.