ANNEXE E
Dépenses moyennes des sanatoriums populaires
allemands
L'AUemagoe n'a pas échappé, pour quelques-uns de ses sanatoriums, à l'attrait et au danger financier des constructions luxueuses. L*album-prospectus publié eu 1900 à propos du Congrès d'hygiène de Paris renferme de nombreuses photographies •où on ne voit que clochetons, terrasses ajourées, pavillons décoratifs, céramiques, et la description de l'aménagement intérieur prouve qu'il est parfois luxueux.
Il y en a quelques-uns pour lesquels les dépenses par lit atteignent ou dépassent celles que nous commençons à faire en France. Mais il y en a d'autres, précisément ceux dont on n'a pas publié les photographies, qui, construits par des caisses d'assurances, ont été faits et sont gérés plus économiquement. Voici quelques chiffres relatifs à ces sanatoriums populaires.
L'Office régional d'assurance du Hanovre possède trois sanatoriums qui fonctionnent dans le Harz. Celui de Konigsberg, près de Goslar, contient en hiver 36 lits et 5o en été. Les frais de construction se sont élevés au total à 2.8o5 fr., et ceux d'aménagement à 725 fr. par lit, en tout 3.53o fr. par lit.
Pour celui de Schwarzenbach, près de Clausthal, qui contient en hiver 5o lits et en été 64, les chiffres correspondants sont de 2 540+525 = 3. 060 fr. par lit.
Pour celui de Erbprinzentanne, près de Zellerfeld, qui contient en hiver 43 lits et en été 57, les chiffres sont 3.53o -f-6io = 4 i4o fï*- par lit. Bien que le texte ne le dise pas, on peut penser que ces chiffres sont comptés par lit d'hiver. En été l'augimentalion du nombre des malades est permise par l'emploi d^ iharaques système Docker, très répandues en Allemagne.
LA TUBERCULOSE 18t;
• Tous ces chiffres sont remarquablement bas, et représentent à peu près le tiers de la dépense correspondante dans nos sana— toriums de France avec l'argent de la charité publique. Ici la dépense est faite avec Targent d'une société d'assurance qui sur> veille ses intérêts.
De même, une Société privée^ la Société des Dames de la Croix. Rouge de Gassel, a édifié à Oberkaufungen un hôpital de loo lits, 120 en cas de besoin, avec une somme de 600.000 francs dool 536.000 francs pour les constructions, et 5o.ooo francs pour les-» installations et l'ameublement. Cela fait près de 5.goo francs par lit, et le rédacteur de Talbum a conscience de la grosseur de la dépense, car il fait remarquer lui-même que la situation élevé^. du sanatorium a augmenté les frais de construction.
L'Office régional d'assurance de Brunswick a été aussi économe. Il possède aux environs de Stiege, dans le Harz, deux sanatoriums : i^ l'Alhrechthaus, pour les hommes, avec 76 lits, pouvant être portés à 92 au moyen de baraques Docker, a coûté par lit 2.626 francs pour la construction, et i.i5o pour l'aménagement : en tout, 3.776 francs ; 20 le Marienheim, pour le» femmes, avec 3o lits pouvant être augmentés, a coûté par lit : construction 3. 000 francs, aménagement, I\20 francs, en tout 3.420 francs.
Notons en passant que l'Albrechthaus a soigné 271 malades pendant l'année 1899. C'est un chifiPre qui confirme ce que nous avons dit dans le texte : la durée moyenne du séjour au sanatorium est de quatre mois.
La déclaration de principes du Comité central allemand, qu'on trouvera ci-après prévoit une dépense de 3 10 à 32o raille francs pour la construction d'un sanatorium populaire de 100 lits. Cesage Comité a pensé au malade plus qu'à l'architecte.
Naturellement Talbum dont je résume ici quelques-unes desdonnées ne relate pas les frais de construction des sanatoriumsconstruits par l'initiative privée, s'adressant à une clientèlepayante, et dans lesquels on est allé jusqu'au luxe. Ce qui nousintéresse ici, ce sont les sanatoriums populaires.
Le même document donne aussi quelques renseignements surla dépense journalière par malade ou le prix de la pension. On va voir que, là encore, on a visé et réalisé une stricte économie,, tout en donnant aux malades la nourriture et le confort qui sont
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les éléments principaux de leur guérison. Voici en effet pour •divers sanatoriums, la dépense journalière de chaque malade.
Sanatorium de Kœniçsberg^ 3 fr. 70
-» Dannenfels 4 fr. 20
» Albrechthaus 3 fr. 5o
> Marienbeim 3 fr. o5
Voilà les chiffres qu'on peut relever dans l'album pour les établissements créés ou alimentés par les caisses d'assurances. 11 arrive ici ce qui arrive dans toutes les statistiques : quand on a des chiffres, il faut les interpréter. Ceux-ci comprennent-ils uniquement les frais journaliers de chaque malade, ou bien comportent-ils aussi une part des frais de personnel ou de l'amortissement du matériel ? C'est ce que ne dit pas le document que j'ai sous les yeux.
Un renseignement donné à M. Brouardel ' par M. Pannwitz, secrétaire général du comité central allemand pour la construcr tion d'hôpitaux pour les tuberculeux, donne des chiffres plus explicites. Le prix de revient du séjour d'un tuberculeux dans un sanatorium populaire est de 4 fi** 4o, par jour, y compris l'amortissement de l'établissement, non compris les secours donnés à la famille du malade. Ce secours en moyenne est de I fr. 5o. Le prix de revient moyen en Allemagne serait de 6 fr. En évaluant dans le texte, pour la France, où tout est plus cher, le prix de revient à 2.000 fr. par malade et par an, c'est-à-dire à moins de 6 fr. par jour, je suis resté au-dessous de la réalité.
' Rapport cité, p. 33.