‹ L'Hygroma Suppuré de la Bourse Séreuse de BoyerChapitre 12 sur 22 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

ETIOLOGIE

L’hygroma suppuré de la bourse séreuse de Boyer est certainement une des infections aiguës les plus rares de la région antérieure du cou. Sont de beaucoup les plus fréquents les adéno-phlegmons. Les cellulites sont exceptionnelles. À

S'il est facile d'expliquer par la voie lymphatique létiologie des adéno-phlegmons du cou, dont les deux causes les plus fréquentes sont : 1° Les affec- - tions dentaires (surtout molaires et dents de sagesse), l'adéno-phlegmon est alors le plus souvent sous-angulo-maxillaire, et 2° les angines, quelle que soit leur nature : angine rouge, pultacée, phlegmoneusse, ou angine d’une fièvre éruptive, l’adéno-phlegmon est habituellement sous-angulo-maxillaire ou carotidien, nous ne pouvons qu'émettre des hypothèses sur l’étiologie de l’hygroma de la bourse séreuse de Boyer.

En effet, comme nous l’avons vu, cette bourse est complètement isolée des autres organes de la région et en particulier les lymphatiques traversent la mem-

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brane thyro-hyoïdienne avec les vaisseaux laryngés supérieurs un peu au-dessous des prolongements latéraux de la bourse séreuse.

On ne peut guère invoquer davantage, comme pour les infections des autres bourses séreuses de lorganisme, ni l’innoculation directe qui succède à un traumatisme (plaie pénétrante), ni l’innoculation indirecte qui se voit au cours des lymphangites aiguës

ou des affections cutanées de voisinage.

D’après Les trois cas que nous avons pu observer, l’étiologie de cette affection nous paraît très obscure, et l'hypothèse de la localisation à cette bourse séreuse des germes pyogènes, transportés par la circulation, nous paraît la plus vraisemblable.

Y a-t-il une cause locale qui favoriserait cette localisation ? Quelques auteurs admettent que certaines professions y prédisposeraient, par exemple, celle de

chanteur ambulant, employé de magasins, etc...

Comme pour toute espèce d'infection, il est classique d’incriminer aussi toutes les causes de déchéance physiologique, d’insister sur la fréquence des suppurations chez les sujets affaiblis, les alcooliques, les diabétiques. Le fait est loin d’être constant et nous avons pu remarquer un hygroma suppuré chez un homme robuste et sain. Ce qui est plus exact, &’est la gravité des phlegmons chez les débilités et sa tendance à l'extension et à l’envahissement.

Quant aux micro-organismes que l’on peut rencontrer dans le pus de cette affection, ils ne sont pas très variés ; ce sont, le plus souvent, des staphylocoques et des streptocoques, contrairement à ce qui se passe dans les adéno-phlegmons de la région, où lon trouve, en outre, les hôtes habituels de la cavité buccale et parfois des anaérobies, surtout quand l’infection est d’origine dentaire ou buccale.

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