‹ L'Hygroma Suppuré de la Bourse Séreuse de BoyerChapitre 13 sur 22 · ETUDE CLINIQUE · texte numérisé non relu

ETUDE CLINIQUE

L'hygroma de la bourse séreuse de Boyer débute plus ou moins brusquement.

Début. — Ce n’est d’abord qu’une vague douleur à la déglutition. Le malade croit à une simple angine, et, comme dans la plupart des cas, ne se soigne pas. | Mais si l’on voit le malade, à cette période de début, on ne trouve ni gorge rouge, ni enduits blanchâtres dans les cryptes amygdaliennes, et surtout pas d’adénite cervicale bilatérale, laquelle est constante dans les angines.

Ce n’est parfois qu’au cours de la recherche de ces ganglions que le doigt localise par hasard une douleur plus ou moins accentuée dans la gouttière soushyoïdienne. L'état général n’est nullement atteint et n’inquiète pas le malade.

Période d'état. — Le plus souvent, c’est à cette période que l’on a l’occasion d’examiner le malade. Celui-ci va consulter son médecin, car son état général ne l’oblige pas à garder la chambre.

Late

La température peut atteindre 38° ou 38°5. Le pouls reste normal ou légèrement accéléré. Le faciès

n’est pas altéré.

Les symptômes fonctionnels sont beaucoup plus accusés. Le malade parle d’une voix rauque ; il a de la difficulté pour parler. S'il peut tourner légèrement la tête, il lui est impossible de la relever. Il l’immobilise dans la position où la bourse séreuse a le plus de place dans sa loge, c’est-à-dire la tête en légère flexion sur le cou. Il est dans l'impossibilité d'étendre la tête par la tension douloureuse de la membrane thyro-hyoïdienne. |

La dysphagie surtout est intense. Les mouvements d’ascension du larynx sont très douloureux et rendent la déglutition très pénible, tellement, parfois, que le malade n’ose plus manger. Il n’y a pas de trismus.

La dysphonie, également, est très accusée et s'explique par la compression mécanique et lirritation des nerfs laryngés supérieurs dont le rameau supérieur qui traverse la membrane thyro-hyoïdienne

est exclusivement sensitif.

La dyspnée est à peu près nulle ou très faible.

Les signes physiques sont peu nombreux. L’inspection de la région sous-hyoïdienne ne nous révèle absolument rien. On ne trouve aucun des signes exté-=

rieurs qui sont constants dans les phlegmons : ni

gonflement, ni œdème de la peau, ni rougeur, ni chaleur locales.

La palpation seule nous permettra de faire un diagnostic. En effet, le doigt localisera sur la lign? médiane, au niveau de la gouttière sous-hyoïdienne, un point douloureux très précis. Il est impossible de sentir aucune fluctuation. Tout au plus, peut-on apprécier, dans certains cas, la forme d’une petite tumeur arrondie, grosse comme une cerise, très dure et très douloureuse. Au devant d’elle, la peau dont elle est séparée par les aponévroses superficielle et moyenne, est libre et mobile sur les plans sousjacents.

Abandonné à lui-même, quelle sera l’évolution de cet hygroma suppuré ?

Les trois malades que nous avons pu observer ne nous permettent pas de l’indiquer, puisque nous les

avons toujours opérés à temps.

RE <'NLe

Page 1