TRAITEMENT
Nous serons très bref sur les traitements « médicaux » que l'on a opposés aux.bursites chroniques. La révulsion, la compression ouatée, les ponctions suivies d’injections modificatrices ont, en général, donné de mauvais résultats. Ces dernières sont presque toujours suivies de fistules et d’interminables suppurations.
Morisson, à ce sujet, arrive aux conclusions suivantes: Un cas d'injection de teinture d’iode après ponction suivi de suppurations élendues ayant nécessité l’amputation de la cuisse (Forget, in Pull. de la Soc. de Ehir., 1855), mais dans ce cas une arthrite suraiguë du genou et un phlegmon de la cuisse étaient apparus huit jours après l'injection et on peut penser que l'opération n'avait pas été pratiquée avec toute l’asepsie voulue; deux cas de ponction avec injection iodée ayant présenté de la suppuration, l'un guéri au bout d’un mois, l’autre au bout de quinze jours; un cas de ponction avec injection iodée,
sans suppuration, suivi de guérison tardive.
Dans nos observations, nous relevons un cas de guérison au bout d'un mois par injection de quatre gouttes de chlorure de calcium (Obs. IV) et un cas de guérison tardive par ponction suivie d’une injection de teinture d’iode iodurée (Obs. VI).
Forget (èn Thèse Lyon, 1899) préconise le simple curetlage avec cautérisalion secondaire et drainage préventif jusqu'à guérison. Cette méthode, dit Morisson, « semble avoir donné d'assez bons résultats, cependant la guérison était longue et on observa
IDR Ne
dans quelques cas de la suppuration et même un décès QRé généralisation. »
Quelle sera donc la Do de choix ? Il semble, d'après re résultats obtenus, qué le seul traitement rationnel soit l'extirpation totale de la poche, en prenant bien soin de ne pas l'ouvrir au cours de l'opération. Il faudra donc par une dissection minutieuse.-suivre méthodiquement le plan de clivage, ce qui sera assez facile pour une poche à parois épaisses, à surface lisse et ne présentant ni rétrécissement ni adhérences avec: les plans voisins. |
Dans les cas de poche bi ou multilobée, de diverticules plus ou moins profonds, l'opération est plus délicate et il s’agit surtout d’avoir de la patience. C’est Le cas de notre Observation I où il fallut sculpter la tumeur qui était très adhérente.
Dans ces cas difficiles, le tracé de l'incision nous parait avoir une assez grande importance-et nous nous demandons s'il ne
vaudrait pas mieux préférer à l’incision verticale médiane un grand lambeau convexe en bas, en forme d'U. Ce procédé, employé par le médecin principal Batut, lui a permis d’extirper un hygroma « facilement et vite, en un seul bloc ». Combien plus délicate, dit-il, est la dissection latérale lorsqu'on se contente d’une incision verticale médiane ou même d’une incision transversale dont la cicatrice est destinée à un frottement ultérieur répété dans la position à genou.
Au cours de l’intervention, nous conseillons au chirurgien de rechercher systématiquement si la bursite n’est pas le résultat de la propagation d'un point osseux d'ostéite. Le fait de méconnaitre ce foyer osseux pourrait e entrainer des complications : récidive, fistulisation, etc.
Précisons, pour terminer, un petit point de technique opératoire. Doit-on drainer ou non après l'opération ?
Morisson est d'avis que l'emploi d’un drain est à préconiser dans tous les. cas. Il n'indique pas d’ailleurs le siège où ce drain doit être placé, nile temps qu'il faut le laisser en place.
Ombrédanne pense qu'il est sage de placer un drain dans un des angles de la ligne d’incision, mais de l'enlever au bout de: quarante-huit heures.
Moi
A notre avis, le drainage systématiqne n’est pas utile; même il pourrait être nuisible. [Il est classique, à l'heure actuelle, de
ne pas drainer après l'opération, lorsque l’on intervient pour
des lésions de nature tuberculeuse.
Dans ces cas-là, il faut toujours redouter la fistulisation.
Entin, rappelons que le traitement général ne doit pas être négligé, puisqu'il est démontré qu'il s’agit de tuberculose.
En résumé, nous pensons que l'on doit abandonner les traitements médicaux et les ponctions suivies d’injections modificatrices (4) auxquels on doit préférer l'intervention sanglante, la « cure radicale » qui a toujours donné, si nous en croyons nos observations, des résultats très satisfaisants : guérison complète et définitive entre le dixième et le vingtième jour.
LT
(A) Cas cité par MM. Lerioue et Raeuter (Lyon médical, 1908) d’un malade qui ayant subi 3 ponctions suivies d’injections de glygérine iodoformée en même temps qu’une immobilisation rigoureuse, sans résultat, fut obligé de subir l'intervention sanglante.