‹ L'Hymen dans les Expertises Médico-LégalesChapitre 21 sur 31 · SR · texte numérisé non relu

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des déchirures plus ou moins accentuées et partantune hémorragie variable comme intensité ; les déchirures se prolongeant jusqu’au vagin, intéressant même la muqueuse vaginale, saignent beaucoup, à plus forte raison si elles entament la fourchette ou même le périnée, telle cas de viol d’une enfant de 10 ans, cité par le Professeur PARISOT.

La structure a, à ce point de vue, une importance au moins aussi grande; on comprendra facilement qu’un hymen charnu, épais, bien vascularisé, entraîne par sa rupture une hémorragie abondante, qu’un hymen mince, en pelure d’oignon, puisse se rompre avec perte de sang minime.

Exceptionnellement, la défloration entraîne une hémorragie très abondante, nécessitant une intervention urgente ; il s’agit alors là d’une disposition générale de la femme (hémophilie), ou d'une anomalie locale par suite d’une vascularisation exagérée de la membrane. LuscakaA a étudié la vascularisation de l'hyæen:il a pu voir que les vaisseaux y sont peu importants à l’état normal. NEUGEBAUER a cité plusieurs cas de mort par hémorragie à la suite de défloration.

3° La Douleur. — Elle existe presque constamment, mais elle peut manquer, c’est le cas de ces dispositions complaisantes de l'hymen que nous avons déjà signalées, parfois aussi en raison des faibles dimensions de la verge. C’est, en tous cas, un caractère secondaire, puisque ce n’est, après tout, qu'une simple assertion de la femme, non contrôlable par l'expert.

4° L'Hymen après la défloration. —— Les déchirures

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ont tout d’abord les caractères d’une plaie contuse à bords cruentés. Fréquemment, ces surfaces saignantes s’infectent, deviennent le siège d’une inflammation tuméfiant la membrane avec parfois un peu de suppuration, si les soins de propreté sont négligés. Peu à peu, les lèvres de la plaie se rapprochent par épidermisation progressive et la cicatrisation est obtenue; à partir de ce moment, la défloration est dite ancienne. La justice demande souvent à l'expert de préciser s’il s'agit d’une défloration récente ou ancienne, parfois même de fixer la date de l'attentat; aussi est-il important de rechercher la durée de cette période de cicatrisation : BROUARDEL l'évalue à 4 jours, Brranp et CHaupé à 5 ou 6 jours, TouLmoucHEe à 8-12 jours; c’est là aussi l’opinion de TARDIEU, qui fait remarquer qu’elle se prolonge souvent jusqu’à 15 et même 20 jours suivant « le degré d’inflammalion des bords de la plaie et l’état de repos ou d’excitations répétées des parties » (1). Nous admettrons les conclusions du Professeur BALTHAZARD : « Lorsque la cicatrisation n’est pas accomplie, on peut admettre que la déchirure remonte au plus à 15 jours, on dira qu'elle est récente ; au contraire, si la muqueuse qui recouvre les bords des déchirures a repris les caractères de la muqueuse normale, surtout s’il existe des cicatrices blanches linéaires, on peut affirmer que la rupture de l’'hymen n’est pas récente et qu’elle remonte à au moins 1 mois » (2). Il faut se garder de donner des indications plus précises.

(1) TarprEu. — Loc, cil., page 53.

(2) BazrHazarD. — Médecine légale, 1921, page 365.

Il est très rare de voir se souder entre eux les lambeaux isolés par les déchirures traumatiques, ils restent isolés et flottants, tout comme des lambeaux congénitaux. BROUARDEL cite pourtant le cas d’une jeune fille de {4ans qu'il examina quatre jours après le viol; 1l constata sur un hymen en croissant une déchirure oblique de 2 à 3 mm. Le juge d'instruction, ignorant qu'un premier expert avait été commis, LAUGIER revoit la jeune fille onze jours après l'attentat et conclut à l'intégrité de la membrane. BROUARDEL et LAUGIER sont alors commis tous les deux pour une contre expertise qui a lieu 35 jours après le viol, et ils constatent une simple cicatrice blanche, sans encoche sur le bord. Ces cas sont évidemment très rares, il faut y songer pourtant, et BROUARDEL ajoute très justement : « Pour éviter des erreurs de ce genre, le mieux est de ne pas conclure après un seul examen » (1).

Lorsqu'après une défloration, s’établissent des rapports sexuels fréquents, les lambeaux hyménaux s'écartent de plus en plus les uns des autres, et diminuent de volume par atrophie progressive, prenant même une forme arrondie, 1ls conservent néanmoins à l’hymen sa forme primitive.

Mais, au moment de l'accouchement, les lambeaux restants se déchirent, en sorte qu'après cicatrisation, il ne reste de l’hymen que des débris informes qu'un œil non averti prendra facilement pour de simples replis muqueux : ce sont les caroncules myrtiformes. On retrouvera souvent en outre la trace de lésions de l’anneau

(1) BROUARDEL. — Loc, cil., page 80.

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vaginal sous forme de cicatrices blanchâtres plus caractéristiques.

9 Déchirures hyménales produites par une cause autre que le rapport sexuel. — La défloration n’est pas forcément le résultat du coït, elle peut être due encore à d’autres mécanismes.

On a prétendu que les manœuvres onanistiques avec le doigt ou des corps étrangers pouvaient amener des déchirures de lhymen; il est bien improbable que la fille qui se livre à la masturbation le fasse avec une fureur telle qu’elle déchire son hymen, elle se gardera bien de se faire souffrir elle-même. HorrManx a observé de nombreuses filles idiotes ou imbéciles connues pour se livrer à une masturbation enragée, jamais il n’a retrouvé de déchirure de la membrane, tout au plus lui a-t-il trouvé un aspect flétri avec dilatation de l’orifice.

Ce qui est plus fréquent, c’est la déchirure de l'hymen par une main étrangère, au cours d’un attentat à la pudeur, par exemple. L'introduction brusque du doigt dans les parties sexuelles pourra produire des déchirures profondes. Si le doigt ne pénètre pas dans l’orifice hyménal, mais vient buter contre la membrane, il peut causer Ja désinserlion de lhymen qui se traduit par une perte de substance concave au niveau de la ligne d’insertion vaginale; le diagnostic sera fait avec l’hymen en pont par la présence sur les parties sexuelles et sur l'hymen en particulier de stigmates unguéaux caractéristiques.

On trouve dans la littérature médicale quelques cäs

de défloration involontaire par le médecin, au cours d’un examen gynécologique, par exemple.

Nous n'’insisterons pas sur la défloration que demande parfuis au chirurgien la femme ou son mari, en cas d'hymen résistant, infranchissable, ne permettant pus le coït complet.

Divers auteurs ont rapporté des observations de rupture de l’hymen dans les chutes. HorFMANN en cite un cas intéressant, celui d’une jeune fille de 15 ans trouvée morte dans une cave. Nina RopbrIGuESs a fait un exposé complet de la question et distingue : les chutes sans empalement, avec rupture indirecte de l’hymeu, surtout si les cuisses sont largement écartées, et les chutes avec empalement, où la rupture est due au traumatisme d’un corps pointu en saillie qui pénètre dans la vulve. Ces cas s’observent rarement. Si d’autres mécanismes ont été invoqués parfois (équitation, danse, écartement brusque des cuisses), c’est simplement, comme le fait remarquer THOINOT, pour masquer une origine beaucoup moins hypothétique.

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