IV. Paludisme et recherche du coefficient uro-toxique
OBSERVATION XVIII (MM. ROQUE et LEMOINE, In Revue de Médecine)
Accès pernicieux comateux
Malade âgé de 27 ans, qui fit l’objet d’une clinique du Professeur BONDET.
Sans antécédents héréditaires ni personnels, il partit pour l’Algérie en 1885, et y contracta les fièvres intermittentes en 1887 ; il exerçait la profession de jardinier. Après trois séjours à l'hôpital il abandonna le pays et rentra en France au commencement de février, à peine rétabli d’une grippe qu'il avait contractée en janvier. Jusqu'à ce moment ses accès avaient toujours été bénins et avaient cédé rapidement à l’emploi du sulfate de quinine. À son arrivée en France, ils disparurent complètement. Le malade se plaça comme garçon de brasserie. En Algérie, au début de son séjour, il avait fait quelques abus d’absinthe. Dans sa nouvelle profession, 1l se mit à boire de la bière en grande quantité.
Peu de temps après, il remarqua qu’il devenait polyurique non seulement pendant le jour, mais pendant la nuit, où il devait se lever trois ou quatre fois pour uriner.
En même temps, il eut des crampes dans les mollets et des céphalées fréquentes.
Le 11 avril il reprit sans cause occasionnelle un accès intermittent d’une heure de durée environ.
Le lendemain, se sentant las et brisé, il resta au lit et eut un nouvel accès à la même heure d’une durée de trois heures.
Après l’accès, il garda de la céphalée, des bourdonnements d'oreilles et une sensation de brouillard devant les yeux, une amblyopie légère.