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OBSERVATION XIX (MM. ROQUE et LEMOINE, In Revue de Médecine)
Accès pernicieux dyspnéique à
Un homme de 27 ans, sans antécédents personnels ni héréditaires, partit en 1885 pour l'Algérie, où il contracta en 1889 les fièvres intermittentes.
Pendant quatre mois il eut des accès tous les deux jours et dut revenir en France.
Mais jamais ces accès n'avaient eu de formes anormales et leur répétition fréquente créait seule le danger qui avait obligé le malade à quitter l'Algérie.
Il y avait fait d’ailleurs des excès d’absinthe,son appétit était perdu et il avait noté déjà un peu d'œdème des membres inférieurs survenant le soir.
En France, pendant les cinq premières semaines de son séjour, il n'eut pas d'accès, mais il continua à faire des excès alcooliques, son œdéme augmenta, son ventre doubla de volume, et à l'entrée on constata la présence d’une ascite de moyenne abondance.
Le malade avait un teint blafard, il accusait une anorexie complète, des vomissements pituiteux le matin et une cénhalée intense, avec une amaurose presque absolue depuis huit à dix jours.
La matité hépatique était augmentée, et le fois IUT loureux à la pression.
Il n’y avait rien d’anormal au cœur ni aux os Les urines peu abondantes, très colorées, avaient un précipité abondant d’albumine.
C'était un brightique et un cirrhotique d'origine à la fois alcoolique et paludéenne.
Le second jour de son séjour, il eut un frisson et une élévation de un à deux degrés, mais le stade de sudation ne survint pas ,et il resta vingt-quatre heures avec du malaise, de l'anxiété et une fièvre continue.
Les urines examinées à ce moment avaient un coœfficient très bas, 0,192, un cœæfficient de néphrite.
Au bout de ce temps le malade fut pris brusquement d’une dyspnée intense qui alla en augmentant, si bien que l’asphysie était imminente.
= kG —
Les extrémités étaient cyanosées. La parole était impossible.
Assis sur son lit les jambes pendantes, le malade étouffait avec soixante-dix respirations à la minute, et pourtant à l’auscultation aucun bruit anormal, pas de matité à la percussion.
On songea à l’urèmie et on s’apprétait à saigner le malade quand on pris sa température.
Il avait 41°2.
On songea alors à un accès pernicieux à forme dyspnéique on pratiqua de quatre en quatre heures des piqûres de 0,50 de bromhydrate de quinie.
Dès la troisième piqûre, la dyspnée cessait, la température tombait, il y avait une crise polyurique abondante.
Le cœfficient urotoxique dans les vingt-quatre heures qui suivirent s’éleva à 0,800.
Mais, dès le surlendemain, les mêmes accidents apparurent et malgré tous les efforts, en dépit de la quinine et la saignée, le malade succomba.
A l’autopsie on put constater l'intégrité du cœur et du poumon, la rate était énorme.
Le foie présentait les lésions de l’hépatite nodulaire, le rein était le siège d’une congestion intense avec adhérence de la capsule et diminution de la substance corticale.
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