PRONOSTIC
Si la notion d'hyperazotémie, dans le paludisme, est intéressante au point de vue diagnostique elle le devient davantage au point de vue pronostique, comme le montre la lecture de nos observations. Elles nous font voir d’abord que le taux de l’urée sanguine peut atteindre des chiffres très élevés: 3 gr. 60, 2 gr. 70, 2,35, 2,30 (Observations XI, IXV, XII, XIII). Ces taux considérables se rencontrent chez des malades qui ont une réaction de Hay négative et qui présentent des troubles de l'élimination aqueuse, oligurie et anurie. Tous ces paludéens, chez lesquels la concentration uréique dépassait deux grammes, sont morts, et nous pensons, avec Benhamou, Jahier et Barthélemy, que la seule constatation d’un taux d'urée sanguine supérieur à deux grammes commande un pronostic fatal.
Les autres observations qui nous montrent des rétentions beaucoup moins élevées sont d’une interprétation plus délicate. Les indications pronostiques qu’elles comportent doivent, pour avoir quelque valeur, être envisagées, non pas d’une façon générale, mais bien dans les différentes formes cliniques dans lesquelles l’hypérazotémie accompagne le paludisme.
Vouloir dans ces cas attribuer à un certain taux d’urée sanguine une valeur pronostique toujours la même serait faire œuvre de mauvais observateur qui irait au-devant de faits qu’il ne saurait expliquer.
C’est ainsi que les malades des observations (XVI et XV) ont un taux d’urée sanguine (1 gr. 44 et 1 gr. 41) à peu près équivalent à celui des malades des observations II et IT (1 gr. 10 et 1 gr. 16). Ceux-là meurent alors que ces derniers guérissent,
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Le faible écart existant entre ces deux concentrations uréiques ne peut, sans le secours de la clinique, expliquer ces évolutions dissemblables. Les deux pre-miers sont en état d'insuffisance hépatique et ce degré relativement restreint d'hyperazotémie (1 gr. 44 et 4 gr. 41), s'accompagne de symptômes nerveux d'intoxication : Torpeur, syndrome méningé, hoquet, myosis, ataxo-adynamie, symptômes qui nous autorisent à distinguer deux formes cliniques d’hyperazotémie.L'une que le laboratoire a découverte, et l'autre que l'observalion attentive du malade nous a fait pressentin.
Les malades, chez lesquels le dosage de l’urée sanguine a seul révélé l'hyperazotémie, guérissent rapidement sous l'influence du traitement quinique. (Observations Ï, Il, II, IV, V, VII et VII).
Ceux, chez qui l’observation clinique faisait pressentir l’hypérazotémie (XI, XII, XIII, IXV, XV, XVI), sont morts à l’exception du malade de l’observation XVII, qui avait un taux d’urée sanguine de 0,92 par litre que la quinine fit rapidement tomber à 0,37. Ce qui nous permet de dire que, dans le paludisme, lorsque l'hypérazotémie se manifeste par des symptômes cliniques, son pronostic est généralement fatal si le taux de l’urée sanguine ne regresse pas rapidement sous l’influence du traitement quinique.
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