‹ L'hyperémie et son action thérapeutiqueChapitre 101 sur 111 · PARTIE SPÉCIALE · texte numérisé non relu

PARTIE SPÉCIALE

94. Un architecte de 55 ans, issu d’une famille bien portante, fut victime de divers traumatismes de la tète. Dans l’exercice de sa profession, il fut atteint, à diverses reprises, par la chute de tuiles qui blessèrent le cuir chevelu superficiellement. Une autre fois, il reçut un violent coup de bâton sur la tête. En 181)0, on lui tira un coup de revolver, de très près, dans la région de l’os malaire droit. La Dalle ne fut pas extraite; la blessure guérit rapidement. Un an et demi après, il survint, d’abord la nuit, des crises épileptiques. Le malade poussait un cri, avait de l’écume aux lèvres, grinçait des dents, restait sans connaissance et se blessait souvent. Les convulsions se produisaient soudainement et avaient le caractère de convulsions toniques ; on ne put pas constater qu’elles débutassent par une partie déterminée du corps. En outre, le malade souffrit très fréquemment d’accès de vertige. C’est ainsi que la maladie se passa, sans grandes modifications, jusqu’au moment où elle s’aggrava visiblement, il y a six mois. Les crises de vertige et de convulsions se répétèrent plus fréquemment et le malade tomba plusieurs fois dans la rue. Il perdit la mémoire, négligea ses affaires ; il faisait des fugues d’une journée, avec amnésie consécutive ; il était, alternativement, très agité ou somnolent ; il y avait des maux de tête presque continuels.

Le 1er janvier 1906, il fut admis au Johannishospital. C’est un homme maigre, qui paraît sain à part son mal de tête. Le cuir chevelu est le siège de plusieurs cicatrices. On ne voit, pour ainsi dire, aucun vestige d’un coup de feu au-devant de l’oreille droite. Il y a des cicatrices sur le bord de la langue. La radiographie montre la balle immédiatement sous la calotte crânienne, droit devant la colonne vertébrale. Il y a quelques débris du projectile plus près de la surface. Il n’y a rien de notable à relever dans l’examen du système nerveux.

Le 17 janvier, le malade eut plusieurs crises de vertige après une nuit agitée. Dans la nuit suivante, il eut également plusieurs crises vertigineuses et une crise convulsive.

Comme le projectile siégeait à une place très défavorable pour l’extraction, on s’abstint d’une intervention sanglante, avec d’autant plus de raisons que nous ne pensions guère que l’opération pût modifier la maladie, même si elle avait bien réussi. Je me décidai donc à essayer la stase chez ce malade et lui fis un essai d'application de la bande, le soir du 19 janvier, pendant 3 heures. La nuit fut tranquille. Du 20 au 28 janvier, jour de l’exeat, on appliqua la bande pendant 8 à 10 heures par jour. Pendant cette période, le malade n’eut ni attaque convulsive, ni maux de tète ; le vertige disparut complètement pendant 5 jours et fit une légère apparition pendant 3 jours, une fois par jour et, pendant un jour, deux fois.

Les personnes qui s’intéressent aux observations que j’ai faites dans l'épilepsie, trouveront les détails dans mon travail des Grenzgebiete. Il serait certainement bon que des essais analogues fussent faits par des neurologistes spécialistes.

Je pense qu’il ne manquerait pas de cas, dans les cliniques psychiatriques, où l’on pourrait essayer les procédés d’hyper-

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