‹ L'hyperémie et son action thérapeutiqueChapitre 18 sur 111 · PARTIE SPÉCIALE · texte numérisé non relu

PARTIE SPÉCIALE

employé comme il faut dans le premier cas, et mal appliqué dans le second. C’est à cette conclusion que j'étais arrivé après mes expériences de cette époque. J’avais remarqué que l’hyperémie par stase avait donné de bons résultats pour la tuberculose de l’épaule, où elle est cependant relativement très difficile à appliquer, ainsi que pour quelques cas de tuberculose du testicule. Or, comme je l’ai déjà expliqué, dans ces deux cas la région ne permet pas une application continuelle de l'hyperémie ; elle peut être employée au plus pendant douze heures par jour, parce que la région ne permet pas de changer de place le lien élastique qui produit la stase. En effet son application trop longue provoquerait des symptômes de compression nuisibles. En comparant ensuite les cas que nous avions traités, nous avons remarqué que c’étaient justement ceux de l’an 1891 qui donnaient les meilleurs résultats ; or, à ce moment, je n’employais l’hyperémie par stase que pendant peu d'heures par jour.

J’avais observé en outre qu’un emploi prolongé de la stase continue produisait beaucoup d’œdème et très peu d’hyperémie. Il se formait un œdème chronique qui rendait excessivement difficile la production d’une hyperémie persistante. Je me décidai donc à employer l’hyperémie par stase prolongée seulement pendant peu de jours, puis à l’interrompre pendant un certain temps pour la reprendre ensuite ; plus les cas s’amélioraient, plus la durée de ces pauses était prolongée, si bien que finalement l’hyperémie ne fut employée qu’une heure par jour.

Plus tard je constatai encore que l’hyperémie par stase était nuisible quand elle produisait des troubles de la circulation graves, telles qu’une teinte bleue très accusée, l’abaissement de la température des régions où elle était appliquée ; mais surtout quand elle provoquait des douleurs et de véritables désagréments. C’est pourquoi je formulai ces préceptes :

1° La stase ne doit jamais produire de douteurs, autrement elle est mal appliquée, ou bien le cas n’est pas justifiable de ce procédé et il doit être traité d’une autre manière.

2° La stase ne doit pas être f roide ; elle ne doit pas abaisser la température de la peau, de façon que celle-ci devienne sensiblement plus froide que la peau de l’autre membre. Au contraire, le degré de stase favorable à la guérison de la tuberculose, se reconnaîtra à ce que la température de la peau s’élève, et que les régions exposées au traitement donnent l’impression d’une inflammation aiguë.

TRAITEMENT DE LA TUBERCULOSE

Après l'introduction de cette règle les accidents les plus dangereux, c’est-à-dire les inflammations aiguës graves, disparurent.

La première règle peut être suivie facilement, car il n’y a qu’à bien recommander au malade de dire ce qu’il ressent et de desserrer la bande dès qu’il perçoit les moindres douleurs ou paresthésies dans le membre ; mais la seconde règle est très difficile à observer. Autant il est facile d’obtenir la stase chaude dans des régions enflammées d'une manière aiguë ou subaiguë, autant il est difficile de l’obtenir, et encore beaucoup plus difficile de la conserver dans les tuberculoses chroniques. La surveillance des tuberculoses articulaires traitées par l’hyperémie par stase exigeait une grande attention, il se développait des abcès froids volumineux même dans des cas évoluant d’une manière satisfaisante.

Nous avons ensuite réduit de plus en plus la durée de la stase quotidienne, surtout sous l’influence du travail de Nötzel. Gomme nous l’avons vu, cet auteur donna la preuve expérimentale que l’œdème chronique, succédant à une stase prolongée, est aussi nuisible pour les maladies infectieuses que les modifications produites par la stase aiguë sont favorables. J’ai raccourci de plus en plus la durée du traitement, en procédant par exemple de la manière suivante : Les premiers jours on applique la stase pendant sept à douze heures par jour, jusqu’à ce que les douleurs articulaires aient diminué d’intensité. La durée de l’application est ensuite raccourcie de moitié, puis de plus en plus ; de sorte que, quelques semaines ou quelques mois plus tard, l’hyperémie par stase est appliquée seulement pendant une heure par jour. Comme exemple de la manière de procéder, je citerai les cas suivants :

1. Un enfant de 7 ans, issu d’une famille tuberculeuse, commença à souffrir en juin 1899 de douleurs dans le poignet droit; elles augmentèrent progressivement d’intensité, jusque dans l’hiver 1899, pendant lequel l’articulation carpo-métacarpienneaugmenta de volume et s’enraidit. Des mouvements passifs et des massages entrepris par un médecin aggravèrent les souffrances. Je trouvai le 20 mars 1900 le poignet droit uniformément enflé; sa circonférence mesurait 1 </s centimètre de plus qu’à gauche. La llexion et l’extension étaient à peu près abolies ; la supination un peu limitée. Les mouvements des doigts étaient douloureux ; l’avant-bras droit atrophié. L’articulation était douloureuse à la pression en deux endroits. A la radioscopie, les os du carpe apparaissaient complètement diffus, si bien qu’il n’était pas possible de distinguer leurs contours. Je pratiquai la

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