‹ L'hyperémie et son action thérapeutiqueChapitre 19 sur 111 · PARTIE SPÉCIALE · texte numérisé non relu

PARTIE SPÉCIALE

stase 7 à 12 heures par jour, avec des interruptions de 8 jours, du 20 mars au iei octobre 1900. Après l’enlèvement -de la bande, le membre était placé pendant plusieurs heures dans une position élevée.

L 'hyperémie fut pratiquée 2 à 3 heures par jour, d'octobre 1900 à mars 1901. Le traitement fut alors suspendu. L’amélioration fut rapide, surtout au point de vue des mouvements et de la douleur. Cependant, en octobre, la tuméfaction était à peu près stationnaire, et à la radioscopie les os du carpe étaient toujours tlous, bien que le reste de l’image fût parfaitement net.

J’examinai l’enfant la dernière fois le 8 mars 1902. La mobilité du poignet droit était complète et son fonctionnement normal, sans aucun obstacle. A la mensuration, les circonférences des poignets étaient égales. L’enfant utilisait de nouveau le bras droit et la main droite de préférence; l’atrophie de l’avant-bras droit avait disparu et même la circonférence mesurée à sa partie la plus développée était de 1 '/.2 cm. plus grande que du côté gauche. L’enfant s’était servi de la main pendant tout le traitement et autant que le lui permettaient les douleurs du début. Une radiographie du 18 mars 1902 montre que les os sont absolument normaux.

2. Un enfant de 4 ans, également de famille tuberculeuse, fut atteint dans l’hiver 1899 d’une tuberculose carpo-métacarpienne. Plusieurs abcès furent incisés par un médecin. Je vis l’enfant pour la première fois le 12 juillet 1901 et constatai l’état suivant: l’articulation carpo-métacarpienne est le siège d’une tuméfaction fusiforme ; sur le dos delà main une ulcération de la grandeur d’une pièce de cinq pfennigs et plusieurs fistules conduisent sur des os rugueux. La main fléchie est contracturée et subluxée en avant; les mouvements sont fortement compromis.

L 'hyperémie par stase fut pratiquée 8 à 12 heures par jour, avec de nombreux intervalles de 1 et 2 jours, du 12 juillet 1901 au 1er avril 1902, et 1 heure par jour du 1er avril au 23 août 1902. Les souffrances ne diminuèrent que tout à fait graduellement, mais l’amélioration fut constante. Le 23 août 1902 le traitement fut suspendu, la guérison paraissant complète. Je constatai l’état suivant : la main est légèrement subluxée, l’articulation carpo-métacarpienne n’est plus du tout enflée, les fistules et les ulcérations sont complètement cicatrisées. Tous les mouvements des articulations carpo-métacarpiennes sont possibles dans toute leur étendue malgré la subluxation. L’enfant se sert aussi bien de la main gauche que de la droite. Il l’a utilisée autant que possible pendant toute la durée du traitement. Les os du carpe paraissent flous et indistincts sur une radiographie du 12 juillet 1900 ; sur une autre du 7 janvier 1902 les contours de ces os sont plus distincts. Tous les autres os de la main et de l’avant-bras étaient fortement atrophiés. Sur une radiographie du 23 août 1902, les contours des os sont nets, mais il y a une telle destruction des os du carpe et du métacarpe, que l’on peut s’étonner du bon fonctionnement de la main.

En appliquant le procédé de cette manière, l’oedème ne se manifestait qu’au début du traitement. Il disparaissait en maintenant le membre dans une position aussi élevée que possible entre les séances d’hyperémie.

TRAITEMENT DE LA TUBERCULOSE

Depuis que j’employais la méthode sous cette forme, je crus avoir remarqué que les abcès froids n’étaient pas pins fréquents et se développaient même moins souvent que dans les tuberculoses traitées d’une autre manière. Mais une observation prolongée m’a appris que même la stase très courte, que nous produisons maintenant, favorise toujours le ramollissement des fongosités tuberculeuses et le développement des abcès froids. Cependant ces abcès n’augmentent pas aussi vite que ceux produits par la stase prolongée ; ils sont faciles à traiter et ne compromettent pas le résultat final du traitement.

Les résultats du traitement que nous venons de décrire étaient très satisfaisants. Toutefois il est encore trop compliqué pour la pratique courante, et nous nous servons maintenant presque exclusivement d'une méthode de traitement, que Tilmann a expérimentée d’abord à la policlinique chirurgicale de Greifswald. Il a obtenu de très bons résultats avec cette méthode, en traitant les articulations tuberculeuses uniquement à la policlinique. La stase n’est employée qu’une heure par jour, de la manière que nous avons décrite plus haut à la page 55 (fig. 8). Il est permis, pour une durée aussi courte, de produire une très forte hyperémie; mais il ne faut pas serrer la bande assez fortement pour produire de vraies douleurs ou des paresthésies dans le membre traité. Je ne pense pas qu'il soit utile de faire apparaître les nombreuses taches rouge vermillon déjà décrites ; néanmoins l'hyperémie doit être forte. Dans ce court espace d'une heure, il ne se manifeste pas d’œdème vrai, mais il se produit une tuméfaction distincte du segment du membre traité.

Les régions situées à la périphérie des parties malades ne sont pas bandées, ce qui simplifie encore beaucoup la méthode de traitement. De même il n’est pas nécessaire que la bande élastique soit attachée juste au-dessus de l’articulation malade ; mais, par exemple, pour une tuberculose articulaire de la main ou du pied, on peut fixer la bande élastique au bras ou à la cuisse, s’il existe une raison spéciale pour agir ainsi. Nous n’employons du reste pas cette méthode d’une manière purement schématique. Nous avons observé qu’il y a des tuberculoses rebelles, qui exigent au début une hyperémie par stase d’une durée de deux à trois heures par jour. Nous n’avons pas laissé la bande appliquée plus longtemps pendant ces dernières années.

Je crois que l’hyperémie par stase employée sous cette forme

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