PARTIE SPÉCIALE
Greifswald et Bonn. Mais la plupart de ces cas ont été traités d'une autre manière que celle que j’estime actuellement la bonne, et un grand nombre n’ont pas été traités seulement par la stase hyperémique, mais encore par d'autres méthodes conservatrices que nous avons supprimées plus tard, comme inutiles ou nuisibles, de sorte que les observations ne sont pas concluantes. J’avoue que la statistique ne mettrait pas en évidence des résultats particulièrement remarquables, si l'on voulait y comprendre tous les cas qui ont été traités par la stase hyperémique. A coté de brillants succès on aurait à constater beaucoup d’échecs, car il nous a fallu nous instruire par diverses expériences, et je répète ce que j'ai déjà dit : aucune des nombreuses maladies auxquelles l'hyperémie, et surtout l hyperémie par stase, a été appliquée' avec succès, ne nous a donné autant de difficultés techniques que la tuberculose. 11 est vrai qu’actuellement cette technique est assez perfectionnée pour qu'on puisse confier sans souci le traitement à n'importe quel médecin praticien, à condition qu’il se donne la peine de lire au moins une fois, attentivement, la description de la technique, ce qui n’a pas toujours été le cas pour beaucoup de ceux qui ont employé cette méthode. Le fait suivant, dont j’ai eu connaissance dernièrement, ne se serait pas produit si l’on n’agissait pas à l’aveuglette. Un médecin a tellement serré la bande élastique, qu’il s’est produit une gangrène des orteils : aux lamentations du malade, il a répondu qu’il devait en être ainsi. Je ne peux pourtant pas faire plus que de répéter encore une fois et toujours, que l’hyperémie par stase ne doit jamais causer de douleurs. Tous les traitements, les appareils plâtrés par exemple, deviennent dangereux entre les mains des ignorants, négligents ou naturellement maladroits.
Voici de quelle manière un autre médecin, un peu moins stupide, appliqua le traitement à un enfant : il produisit une ischémie artificielle avec la bande d’Esmarch et l’entretint aussi longtemps que les douleurs le permirent, puis il desserra la bande ; c’est ce procédé qu’il enseigna aux parents. Il ne. prolongea pas cependant la compression assez longtemps pour amener des troubles de nutrition dans le membre traité, et il produisit du moins l’hyperémie active de courte durée qui succède à la ligature, et que nous avons également expérimentée.
J’estime utile de relater les cas de tuberculoses traités à Bonn d’après la méthode actuelle ; depuis le 1er avril 1903, soit depuis
TRAITEMENT DE LA TUBERCULOSE
le commencement de mon activité ici, jusqu’au 1er août 1904, pour avoir une période d’observation suffisamment longue, et je ne citerai que les cas où le traitement a été continué au moins pendant neuf mois, quand il le fallait. La statistique n’est pas très considérable, parce qu’au début les patients souffrant de tuberculose articulaire étaient relativement peu nombreux. Actuellement le procédé de traitement avec la bande élastique et les appareils d'aspiration (ventouses), est devenu si populaire, que nous pourrons bientôt présenter de tout autres chiffres : c’est un fait qui parle en faveur de la valeur de la méthode.
Les cas cités sont ceux qui ont été traités exclusivement avec la bande élastique, exception faite pour les membres inférieurs gravement atteints, qui ont été pourvus des appareils de soutien pour la marche déjà mentionnés. Ce sont donc des cas tout à fait purs. Ils ne sont pas choisis, et l’on n’a mis à part que les arthrites tuberculeuses du genou qui devront être décrites spécialement. On y trouve des tuberculoses ouvertes de la plus haute gravité et des tuberculoses au début, des vieillards aussi bien que < les enfants. Ce n’est qu'exceplionnellement que le traitement a pu être interrompu avant neuf mois. La guérison ne survint dans une période plus courte que pour treize cas de tuberculose articulaire : six cas d’arthrites de la main, quatre du coude, un du pied, deux du genou. Naturellement beaucoup de malades ont, perdu patience, ont cessé le traitement ou sont allés se faire traiter ailleurs et opérer.
Le D1 Schwalbe, qui s’est, occupé de cette récapitulation, a fait une enquête sur l’évolution ultérieure des cas suivants traités au moins pendant neuf mois 1. .fai du reste contrôlé personnellement les résultats dans presque tous les cas. Schwalbe publiera sous peu un travail détaillé sur ce sujet. Sa statistique sera aussi bonne que celle-ci mais un peu plus considérable, parce qu’il a réussi depuis à découvrir et à examiner encore un certain nombre de cas.
I. Tuberculose du poignet. — Dix-sept cas ont été traités, parmi lesquels quatre avec fistules et abcès dès le début. Dans cinq cas des abcès ont été incisés pendant le traitement : quinze cas ont été guéris, trois avec mobilité parfaite et tous avec une mobilité satisfaisante, malgré de graves lésions anato-
1 Celle slïitistique s’arrête à la lin d’août 1905.