‹ L'hyperémie et son action thérapeutiqueChapitre 25 sur 111 · PARTIE SPÉCIALE · texte numérisé non relu

PARTIE SPÉCIALE

gréable se manifestait par le développement rapide d'abcès volumineux, conséquence d’une stase trop prolongée.

Il faut bien dire que tous les chirurgiens considéraient l'apparition de l'abcès froid comme une aggravation, même lorsqu'il se développait graduellement.

J'ai donné moi-même autrefois, à tort, le conseil d’éviter autant que possible leur ouverture, de les ponctionner et de les traiter par l’iodoforme, en combinant ce traitement avec l'hyperémie par stase. On considérait l’ouverture spontanée de l’abcès comme une indication de la résection, à cause des idées qu’on avait sur la division des cas de tuberculose articulaire en deux catégories, celle des cas à traiter par la méthode conservatrice, et celle des cas à traiter par la méthode opératoire. J’ai déjà déclaré que cette classification est absurde. L’abcès froid qui se développe sous l'influence de l’ hyperémie par stase n’est pas du tout le symptôme d’ une aggravation de la tuberculose, pourra qu’il soit reconnu au moment roula et traité comme il le faut. De même il n’y a pas de contre-indication à traiter la tuberculose fistuleuse par le traitement conservateur. Je puis assurer que ces cas guérissent souvent beaucoup mieux et plus vite que les tuberculoses sèches, fermées et restant fermées. On a donc suivent considéré comme aggravations ce qui n'en était pas.

J’estime que la troisième raison de l’abandon de l'hyperémie par stase comme traitement de la tuberculose, provient du fait qu’on en attendait des succès trop rapides. Comme je viens de le dire, ce n’est que très rarement que je cesse le traitement avant neuf mois, et je l’emploie souvent beaucoup plus longtemps. Mais le traitement de la tuberculose par d’autres procédés n’est-il pas ennuyeux aussi? Des résultats fonctionnels beaucoup meilleurs compensent la longueur du traitement. Il faut ajouter que la plupart des tuberculeux conservent l’usage de leurs articulations pendant le traitement, ce qui est tout à fait impossible avec la méthode opératoire.

Nous avons fait dernièrement de grands progrès dans le traitement des tuberculoses fistuleuses et compliquées d’abcès, principalement depuis que Klapp a repris, à la policlinique de Bonn, le traitement par les ventouses, que j’avais beaucoup employé il y a environ dix ans. Il a perfectionné la technique et obtenu

TRAITEMENT UE LA TUBERCULOSE

de meilleurs résultats. J’ai déjà dit que, dans les formes de tuberculoses en question, nous aspirons ordinairement les abcès et les fistules avec la ventouse, en même temps que nous nous servons de la bande élastique ; de cette manière nous aspirons au dehors le pus et les granulations caséuses, tout en liyperémiant. Klapp a essayé aussi de traiter uniquement avec la ventouse les cas compliqués d'abcès ou de fistules.

Ce traitement semble être indiqué; en effet, comme je l’ai déjà dit, la ventouse hyperémie réellement à une grande profondeur, et les fistules et les abcès articulaires se trouvent d’ordinaire immédiatement au-dessus du foyer tuberculeux, au lieu d’en être éloignés, comme c’est souvent le cas dans la carie vertébrale.

Voici la technique du traitement :

Les formes de ventouses employées sont décrites à la page 73. Ce sont les mêmes que celles dont on se sert pour le traitement des inflammations aiguës superficielles. Souvent le gonflement des articulations tuberculeuses n’est pas aussi accentué que dans les inflammations aiguës, où il est très facile de placer les ventouses, justement à cause de la tuméfaction et de la disparition des inégalités ; il faut alors se servir de verres, qui s’adaptent particulièrement bien à la forme des diverses régions, par exemple de verres dont les bords ne sont pas taillés dans une surface plane, mais sont incurvés pour correspondre à la forme de l'articulation (voir fig. 10 e). Ces derniers peuvent être appliqués très facilement, ce qui n’est pas le cas pour les autres. Avec un peu de pratique, quelques formes différentes suffisent à l’usage courant.

La préparation des ventouses exige une attention spéciale : le nettoyage mécanique, la stérilisation et la conservation dans une solution de sublimé à 1 %o nous ont le mieux réussi ; mais un contrôle permanent est nécessaire, si ces manipulations sont exécutées par le personnel hospitalier. J’insiste sur ce point, afin qu’on ne puisse pas reprocher au traitement par l’aspiration d’être malpropre, d’exposer à de nouvelles inoculations, etc.

La préparation est minutieuse et longue : mais on s’y accoutumera, si ce traitement résiste au temps et à la critique, comme on s’est habitué par exemple à nos précautions aseptiques, parfois fort ennuyeuses.

On emploie les ventouses presque exclusivement dans les for-

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