‹ L'hyperémie et son action thérapeutiqueChapitre 26 sur 111 · PARTIE SPÉCIALE · texte numérisé non relu

PARTIE SPÉCIALE

mes de tuberculose qui ont une tendance au ramollissement, et pour le moment je ne recommande ce traitement que dans ces cas.

Il n’y a aucune distinction à faire, qu’il s’agisse de tuberculose osseuse, ganglionnaire ou autre. Dans ces cas la tuberculose compliquée de fistules ou d’abcès réagit très bien à la ventouse. Celle-ci doit être appliquée au début trois-quarts d’heure par jour pour toutes les tuberculoses ouvertes et fistuleuses qui n’ont pas encore été traitées. Les mêmes règles, que nous avons déjà données pour les inflammations aiguës, sont applicables : Il faut enlever la ventouse pendant trois minutes, après une aspiration de cinq minutes. Les malades sont traités tous les jours jusqu’à ce que les granulations tuberculeuses flasques et pâles deviennent rouges et dures, et jusqu’à ce que la région la plus voisine de la fistule prenne peu à peu une consistance dure. C’est alors le moment d’augmenter les intervalles entre les applications qui avaient lieu jusqu’alors chaque jour ; on commence par appliquer la ventouse tous les deux jours, puis tous les trois jours et enfin tous les huit jours.

Lorsqu’il existe des abcès froids, on les ouvre en pratiquant une ponction avec un bistouri, avec des précautions aseptiques minutieuses, et on les aspire tout de suite avec la ventouse. Au début, l’abcès se reforme jusqu’au lendemain ; mais la suppuration s’arrête bientôt si l’on continue l’aspiration tous les jours, jusqu’à ce qu’il ne sorte plus que du liquide séro-sanguinolent ; quand on en est arrivé là et que les granulations deviennent en même temps dures et rouges, on prolonge la durée des intervalles.

Il ne faut pourtant pas s’imaginer que la rapidité de la guérison dépende de la fréquence de l’aspiration. On peut aussi trop bien faire et pécher par excès de zèle, comme dans tout traitement efficace.

On se rappelle que, suivant la recommandation de Klapp, l’aspiration doit être très faible dans les inflammations locales aiguës, telles que les furoncles, les anthrax et les abcès chauds. En effet, dans ces affections douloureuses, on doit se limiter à une aspiration assez modérée pour que le patient n’accuse pas de douleur. Par contre l’aspiration peut être un peu plus forte pour les fistules et les abcès tuberculeux.

Pour ceux qui ne connaissent pas encore cette méthode de traitement , je dirai qu’en pratique il ne faut produire qu’une légère dépression du ballon qui raréfie l’air pendant l’application de la ven-

TRAITEMENT £>Ë LA TUBERCULOSE

tome dam les inflammations aiguës, tandis que cette dépression doit être plus prononcée dans les affections tuberculeuses.

Il semble que ce traitement de la tuberculose produise, dans les cas fistuleux et compliqués d’abcès, des résultats tout aussi bons, et peut-être même meilleurs que la stase avec la bande. C’est la réunion des deux procédés qui nous a donné jusqu’à présent les meilleurs résultats. On voit assez souvent se produire dans les régions voisines de la fistule tuberculeuse, des abcès qu’on peut bien considérer comme provenant d’inoculations. Klapp recommande le procédé suivant pour éviter cette complication : Après avoir enlevé le pansement et avant l’aspiration, on nettoie la région voisine avec de la benzine et on l’enduit, surune vaste étendue avec un corps gras (lanoline et vaseline, parties égales). Après l’aspiration, la vaseline est enlevée avec de la benzine et remplacée par de la nouvelle.

Le traitement avec la ventouse me parait avoir une grande importance, parce qu’il n’exige pas une technique aussi minutieuse que la stase avec la bande. Mais il peut cependant être mal employé. La preuve en est que je n'avais pas réussi à obtenir d’aussi bons résultats que ceux obtenus actuellement par Klapp, lorsque j’ai fait, il y a dix ans, des expériences avec les ventouses, et c’est pour cela que j’avais abandonné ce procédé. Mes insuccès provenaient surtout de ce que j’employais la ventouse beaucoup trop longtemps, sans interruptions et avec trop de force. En expérimentant les grands appareils d’aspiration, déjà décrits, nous avons vite observé qu'il fallait des interruptions entre les séances d’hyperémie. C’est en appliquant ce procédé aux ventouses que Klapp a obtenu de meilleurs résultats.

Lorsqu’on emploie ce traitement, il ne faut pas curetter les granulations, ni tamponner, ni drainer, ni sonder ; les incisons, les fistules et les abcès sont seulement recouverts d’un pansement aseptique.

Dans le traitement de la tuberculose articulaire avec les ventouses, on reconnaît qu’une amélioration se produit lorsque les régions molles et fongueuses deviennent dures et lorsque la tuméfaction fusiforme est remplacée par des contours normaux.

Hofmann 1 a fait d’intéressantes observations sur les effets

1 Hofmann, Veränderungen im Granulationsgewebe fistulöser fungöser Herde durch Hyperämisierung mittels Saugapparate. Münchner med. W ochenschrift, 1905, n° 39.

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