‹ L'hyperémie et son action thérapeutiqueChapitre 28 sur 111 · PARTIE SPÉCIALE · texte numérisé non relu

PARTIE SPÉCIALE

nique. Le coude gauche présentait une tuméfaction fusiforme avec un abcès froicl volumineux. La radiographie faisait admettre la présence d’un séquestre olécranien. Le coude était fortement fixé à un angle de 105<>. Les mouvements actifs n’étaient pas possibles ; les mouvements passifs très limités.

Comme il s’agissait d’une tuberculose avec grande tendance à la formation d’abcès, ceux-ci furent incisés, vidés, et suturés d’après la méthode de Billroth après injection d’une solution de glycérine iodoformée : on ne trouva pas le séquestre présumé de PolécrAne. La réunion se fit par première intention et le malade fut traité depuis le 12 juillet par son médecin habituel.

Il fut ramené le 21 février 1902 avec une tuberculose du coude très grave. La région du coude présentait une tuméfaction allongée, diffuse, avec de nombreuses ulcérations recouvertes de granulations grises, fongueuses, à bords exulcérés et communiquant par des fistules avec les parties profondes. L’ulcération la plus étendue était de la dimension d’une pièce de cinq marks. Les ulcérations et les fistules suppuraient énormément. On ariivait avec la sonde sur des os rugueux. La peau était tellement creusée, qu’une sonde pouvait être introduite par une fistule et sortie par une autre, distante de sept centimètres de la première. L’articulation était très douloureuse à la pression, le bras très fortement atrophié.

Le malade fut traité depuis le 25 février avec l’appareil d’aspiration, pendant 20 minutes par jour. La région articulaire devenait bleu sombre, et il sortait par les fistules de la sérosité, du pus, du sang et des masses fongueuses et granuleuses. La région articulaire malade était encore chaude une heure après l’emploi de l’appareil. 14 jours après le début du traitement, la sécrétion des ulcérations et des fistules était déjà moins abondante, les granulations avaient pris une teinte rouge sombre ; la peau décollée commençait à adhérer aux tissus sous-jacents. Quatorze jours plus tard, on remarquait que la tuméfaction, qui était molle précédemment, devenait dure. Le 1er mai on constatait que les fistules ne secrétaient presque plus, la peau était normale partout et les ulcérations recouvertes d’une croûte qui ne fut pas enlevée. En mai le traitement avec l’appareil d’aspiration fut interrompu pendant quatorze jours, puis repris seulement tous les deux jours. Le 1er août 1902, le malade sortit avec le status suivant : toutes les ulcérations et les fistules sont guéries et cicatrisées, l’articulation paraît dégagée, son aspect fusiforme a disparu ; la consistance du coude est dure comme de la pierre. La mobilité n’a pas reparu. On a enseigné au malade à appliquer la bande élastique avant son départ, pour qu’il l’emploie chez lui une heure par jour.

Les radiographies donnèrent des renseignements très intéressants. Sur la radiographie prise à l’entrée, les surfaces articulaires des os étaient effacées et ne pouvaient pas être distinguées les unes des autres. Le tissu osseux était fortement atrophié. Avec l’amélioration progressive, les os apparaissaient plus distinctement ; à la sortie ils étaient très nets ; il y avait dans le voisinage des régions qui avaient été malades, une partie notablement plus sombre que les parties éloignées non malades ; il existait une augmentation de volume très considérable. D’après la dernière radiographie, on constate une ankylosé osseuse des surfaces articulaires.

TRAITEMENT DE LA TUBERCULOSE

Dans les parties molles péri-articulaires, on voit des parties sombres, en forme de cordon, constituées vraisemblablement par du tissu conjonctif infiltré qui s’est développé à la place des granulations et constitue les parties dures perçues en palpant l’articulation.

A côté de ces résultats favorables, auxquels je pourrais ajouter un grand nombre d’autres, nous avons constaté, sous l'influence de l'appareil d’aspiration, des aggravations importantes des lésions tuberculeuses articulaires. Je cite deux de ces plus mauvais cas :

11. Un maître menuisier, de 53 ans, tomba malade le 23 février 1901, à ce qu’il rapporte, à la suite d’une blessure de la main droite, qu’il s’était faite en hachant de la paille. Le poignet était enflé et douloureux. Les symptômes s’aggravèrent graduellement. Le malade fut admis à la clinique le 22 novembre 1901.

Il était atteint d’une tuberculose avancée des deux poumons. La circonférence de la main droite mesurait environ 3 V2 cm. de plus que la main gauche : l’ankylose de la main et des doigts était presque complète. La rotation était également très limitée. Le membre malade fut traité deux fois par jour pendant une V2 heure avec l’appareil d’aspiration dès le

24 novembre. Une forte hyperémie se produisit et, après plusieurs séances, un œdème chronique se manifesta. Le 22 janvier 1902 il se développa un abcès froid au bord cubital de la main, après que la mobilité des doigts et du poignet se fut améliorée considérablement. Cet abcès fut ponctionné sans injection iodoformée consécutive. Le traitement avec l’appareil d’aspiration fut alors interrompu pendant quelques jours, puis repris de nouveau. Depuis le 14 février l’appareil ne fut appliqué que 20 minutes tous les deux jours. Le 20 février l’abcès perça de lui-même, mais dut être incisé à cause de l’écoulement purulent qui s’était établi. Une infection mixte se produisit avec des symptômes fébriles très accusés, si bien que la résection du poignet dut être exécutée le 23 avril, et l’amputation de l’avant-bras le 27 mai, à cause de la suppuration croissante, et surtout à cause d’une aggravation de la tuberculose pulmonaire.

12. Un garçon de 3 ans, très scrofuleux, était atteint d’une tuberculose articulaire grave ouverte de la main droite. Il fut traité avec la ventouse du 1 0 au 25 mars 1 902, vingt minutes par jour. L’appareil produisit une très forte hyperémie et un œdème chronique étendu. Le 26 mars il se déclara une inflammation aiguë de la main et du poignet malades, avec rougeur de la peau s’étendant jusqu’au bras, qui nécessita l’interruption du traitement. L’inflammation disparut quelques jours après, mais pendant ce temps la tuberculose carpo-métacarpienne fit des progrès considérables. L’aggravation se manifesta par la formation de plusieurs nouvelles ulcérations recouvertes de fongosités exubérantes et par une destruction de la peau. La bande élastique fut appliquée une heure par jour depuis le

25 juin ; elle produisit une amélioration lente mais évidente.

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