PARTIE SPÉCIALE
les ventouses beaucoup trop longtemps à la même place et j’employais de trop grands instruments, parce que je cherchais à produire une très forte hyperémie pour obtenir un effet meilleur. Mais nous fîmes l'expérience, d’abord avec des grands appareils d'aspiration, que l’hyperémie forte et prolongée, exercée à la même place et sans interruption, aggravait généralement la tuberculose. Klapp fit aussi cette expérience avec le traitement par les ventouses. Il commença, comme pour les fistules articulaires, par des séances de 45 minutes, puis ne laissa plus la ventouse que 5 minutes, l’enlevant alors pendant 3 minutes, pour la remettre 5 minutes et ainsi de suite.
Il vaut mieux se servir de petites ventouses que des instruments de grandes dimensions, tels, par exemple, que les ventouses que j'avais fait construire dans le but d’hyperémier tout un côté du cou. En effet, le petit instrument aspire beaucoup mieux le pus et les tissus nécrosés hors de la fistule. Comme Rube l'a démontré, ce fait est dù, en grande partie, à ce que l'on peut arriver à raréfier l’air avec beaucoup plus d’énergie dans les
L’affection avait débuté pendant l’été 1905, une tuméfaction s’était développée peu à peu dans l’aisselle gauche, elle avait atteint la dimension d’une pomme puis s’était ouverte spontanément en octobre. Nous avons vu le malade pour la première fois en novembre 1905 ; à cette époque, il y avait dans la région axillaire 3 fistules dont il s’écoulait continuellement un liquide séro-purulent ; ces listules conduisaient sur une tuméfaction formée par plusieurs petites tumeurs du volume d’une noisette, agglomérées, de consistance dure, adhérente aux tissus sous-jacents. La peau de la région axillaire était colorée en rouge violet, infiltrée et adhérente au paquet ganglionnaire. Le malade fut traité du 15 novembre 1905 au 1er janvier 1900, soit pendant 6 semaines par les méthodes habituelles (tamponnement, injections iodoformées, etc.) sans aucun résultat. Le traitement par la ventouse fut commencé le 5 janvier 1906 ; le 15 février, les fistules étaient fermées, la tumeur réduite à une petite nodosité de consistance ligneuse, et le malade complètement guéri.
3. Jeune fille de 15 ans, tuberculose cutanée ulcérée de toute la région sternale ayant nécessité un râclage étendu avec cautérisation, adénite tuberculeuse suppurée fisluleuse cervicale et axillaire bilatérale. Il existait 8 fistules, 3cervicalesetôaxillaires, avec de nombreuses ulcérations cutanées autour des ouvertures fistuleuses ellesmêmes ulcérées et fongueuses. La malade était traitée depuis 10 mois par les méthodes habituelles, son état s’était légèrement amélioré ; après 4. mois de traitement par les ventouses, toutes les fistules étaient fermées, les ulcérations cicatrisées et la guérison complète.
Nous avons encore traité par l’aspiration avec les ventouses 15 cas d’adénite tuberculeuse suppurée encore fermées ou déjà ouvertes spontanément, ulcérées et fistuleuses. Il s’agissait d’enfants dans la plupart des cas. La guérison a toujours été plus rapide qu’avec les procédés habituels Le traitement par la ventouse présente encore d’autres avantages, particulièrement chez l’enfant. Il remplace l’extirpation ou le curettage et supprime le tamponnement ouïe drainage consécutifs à l’incision simple et fort douloureux pour le petit malade. (Note des traducteurs) .
Traitement de la tuberculose
petites ventouses que dans les grandes, tout en évitant d’exercer aucune violence sur le malade.
Maintenant que nous avons une expérience très favorable du traitement par les ventouses dans diverses affections, il vaudrait sans doute la peine de reprendre mon ancien traitement du lupus à l’aide de cet instrument. J’ai guéri, maintes fois, des lupus ulcérés de la joue avec les ventouses.
J’ai eu l’occasion de voir, en 1897 1, deux cas de lupus que j’avais traités de cette manière ; un de ces cas était guéri depuis trois ans et demi et l’autre depuis deux ans et il ne s’était pas produit de récidive. Les cicatrices étaient à peine visibles. J’ai cependant déclaré, dans la première édition de ce livre, que ce traitement du lupus était sans grande importance pratique, car il ne pouvait s’appliquer au lupus étendu, envahissant le nez et la bouche et qu’il était préférable d’extirper le lupus de la joue et de suturer les bords de la plaie, même dans les cas où le traitement par les ventouses eût été possible. Je croyais aussi que ce procédé serait remplacé par le traitement de Finsen. Il est cependant possible qu’une amélioration de la technique des appareils d’aspiration permette de les appliquer au traitement du lupus étendu de la face.
Je n’ai pas constaté de succès, ou seulement une amélioration passagère, en traitant le lupus ulcéré des membres avec la bande élastique.
Jacoby2 a fait l’essai de traiter la tuberculose pulmonaire par l’hyperémie. Il s’est inspiré tout à fait des mêmes idées qui m’ont amené au traitement de la tuberculose chirurgicale et travaille, en principe, avec les mêmes procédés que j’ai employés au début, pour le traitement de la tuberculose. Il fait coucher le malade, de façon que les sommets des poumons se trouvent en position très déclive, et fait agir un bain d’eau chaude sur la poitrine. Bien que j’aie dit plusieurs fois que je ne considère pas l’hyperémie active par la chaleur comme appropriée au traitement de la tuberculose, je ne veux pourtant pas prétendre que l’eau chaude ne puisse pas avoir un effet très favorable dans le cas présent. Car, comme je l’ai dit également.
1 Bier, Heilwirkung der Hyperämie. Münchner med. Wochenschrift, 1897, n° 32.
2 .Iacory, Münchner med. Wochenschrift, 1897, n°" 8 et 9; et: Verhandlungen des Kongresses für innere Medizin.