PARTIE SPÉCIALE
descendions au-dessous de 8 à 10 heures par jour, car l’expérience nous a démontré qu’une période d’application plus courte est insuffisante h
La stase de courte durée est employée partout où la région nous force à attacher la bande élastique, et surtout le tuyau élastique, toujours à la même place, comme par exemple pour l’épaule. Dans ce cas on n’applique pas le tuyau élastique pendant 8 à 10 heures d’une façon continue, s’il se produit des symptômes de compression désagréables, mais on l’enlève de temps en temps, pendant quelques instants, et on lave à l’alcool la région qui présente des signes de compression.
Mais il y a encore des cas où l’on ne peut pas employer la stase normale de 20 à 22 heures, pour des raisons spéciales ; il faut savoir individualiser avec ce procédé comme avec tous les autres.
L’hyperémie par stase exige aussi une technique minutieuse quand il s’agit d’inflammations aiguës, quand même elle n’est pas aussi difficile que la stase prolongée, que nous avions employée autrefois pour la tuberculose. Le procédé ne doit également jamais causer de véritables désagréments au malade. Au contraire, la bande doit apaiser les souffrances dans la plupart des inflammations douloureuses. Mais, abstraction faite de la douleur, la bande à stase doit réellement produire une augmentation de l’inflammation dans les cas vraiment aigus ; je la considère comme le processus curatif naturel, qu’il est indiqué de renforcer et non pas d’affaiblir. C’est pourquoi, pendant l’application de la bande, les symptômes inflammatoires : rougeur, œdème et gonflement, augmentent fortement, pendant que les traînées lymphangitiques sont plus rouges et que, parfois, le membre entier prend une coloration rouge jusqu’au niveau de la bande. Ces symptômes inflammatoires, gonflement compris, diminuenf'avec les progrès de l’amélioration, même si la bande continue à être portée. C’est, un signe de la disparition du principe délétère, qui produit l’irritation inflammatoire ; en d’autres termes, c’est un signe de l’amélioration ou de la guérison de l’affection. Par contre, la persistance ou la progression des symp-
1 Frommer a recommandé dernièrement des périodes de stase plus courtes qui lui ont donné de bons résultats. J’ai aussi commencé, pour les inflammations aiguës, avec des stases de courte durée; mais je les avais trouvées insuffisantes. Je reconnais, cependant, que de nouvelles expériences devraient être instituées, car ce serait un progrès si l’on pouvait employer des périodes de stase moins prolongées. (Frommer, Wiener klin. Wochenschrift, 1906, n° 8.)
tûmes inflammatoires sont un indice certain de la présence d’un abcès qui doit être incisé.
Quand le traitement produit une amélioration, on diminue de plus en plus la durée de la stase, pour ne laisser finalement la bande que pendant quelques heures par jour. Il ne faut pas l’enlever trop vite, car nous avons souvent observé qu'il se produisait alors une aggravation de l’affection ; la même observation a été signalée de différents côtés (Habs, Stich).
L’hyperémie par stase ne doit provoquer aucun trouble nutritif; elle doit produire une amélioration de la nutrition. Elle permet souvent, en effet, d’éviter des nécroses dans des cas où celles-ci se produisaient régulièrement avec notre traitement antiphlogistique. Elle ne doit gêner que le reflux veineux et non le flux artériel.
Dans les inflammations aiguës, la coloration bleuâtre du membre soumis à l’hyperémie ne doit pas être plus accusée; il doit rester chaud et le pouls doit toujours être très distinct.
À ce point de vue, je pourrais comparer le courant sanguin à un ruisseau qui coule à travers une prairie, en alimentant de nombreux fossés d’irrigation. Lorsque le fermier place un barrage dans le ruisseau, à la partie inférieure de la prairie, l’écoulement de l'eau s’arrête au début et la prairie est inondée. Mais ensuite, l’eau s’écoule exactement comme auparavant, et, cependant, la prairie reste inondée. Dans les inflammations aiguës, le barrage établi sur la partie efférente du courant sanguin est représenté par la bande élastique. Le flux et reflux restent, en fin de compte, égaux ou à peu près, mais néanmoins nous inondons les tissus soit avec le sang, ou plutôt, avec les parties constituantes du sang.
Il apparaît parfois des vésicules sur les régions enflammées soumises à l’hyperémie par stase. Dans ce cas, la bande est trop fortement serrée ou bien il existe un abcès qui doit être incisé.
J’ai toujours appliqué la bande élastique sans aucune appréhension, lorsqu’il existe des traînées lymphangitiques ; il se produit. ordinairement aussi une amélioration de la lymphangite et de la lymphadénite du côté central de la bande, car celle-ci a une influence favorable sur l’affection primitive et diminue en outre la résorption des bactéries et de leurs toxines. Autant que possible il ne faut pas appliquer la bande trop près du foyer inflammatoire; par exemple si l’on traite une inflammation des