PARTIE SPÉCIALE
l'hyperémie par stase dans les inflammations aiguës sans répéter, qu'elle est tout autre que celle de la tuberculose.
Il faut une stase de courte durée, sans production d’œdème, pour la tuberculose, et c’est justement le contraire pour les inflammations aiguës, où nous cherchons à provoquer un œdème aussi fort que possible. Mais il ne faut jamais oublier de placer le membre dans une position élevée entre les séances de stase, pour produire une disparition partielle de l’œdème. Nous désirons en effet que l'œdème ne s'immobilise pas, nous voulons produire un nouvel œdème à la place de l’ancien. À vrai dire on ne réussit jamais à le faire disparaître tout à fait pendant les courtes interruptions de la stase ; mais ce n'est du reste pas nécessaire b
Traitement abortif des Suppurations au début par la Stase iiyperémique
On trouvera dans mes travaux antérieurs, ainsi que dans les observations citées plus loin, la description de cas dans lesquels l’arrêt de la suppuration au début a été obtenu sous l’influence de l’hyperémie par stase. Je citerai encore comme exemples les cas de métastases pyémiques tout à fait récentes, que j’ai vues se développer sous mes yeux. Je fais remarquer en passant que dans toutes les observations où il n’y a pas d’indications spéciales, les températures indiquées ont été prises dans l'aisselle.
17. Le 4 février 1904 j’avais réséqué un carcinome du gros intestin
presque inopérable. La plaie suppura fortement et
7iv 8 9 îo il 12 longtemps. Le 3 avril une métastase pyémique se localisa dans l’articulation de la main gauche, avec frissons et élévation de température jusqu’à 39,4». La région articulaire était très rouge, enflée et extrêmement sensible. L’hyperémie par stase fut aussitôt employée pendant 20 heures par jour. La sensibilité diminua rapidement et le 11 avril la maladie avait disparu presque sans laisser de traces ; la température était normale ; l’hyperémie fut alors suspendue.
(La figure 19 donne la courbe de température).
18. Une femme de 42 ans fut admise le 30 juin 1903, à la clinique, avec un phlegmon grave de la main et de l’avant-bras gauche, qui nécessita, le
1 Voir ma description du traitement des suppurations aiguës par la stase hyperémique in : Münchner med. Wochenschr., 1905, n09 5, 6 et 7.
Fig. 19
3 juillet, l’amputation clu bras, parce que l’état général était gravement compromis ; la suppuration persista, malgré plusieurs incisions étendues, une diarrhée septique se déclara, une métastase pyémique se produisit dans l’articulation métacarpophalangienne du pouce droit, avec des symptômes inflammatoires très accusés. Le traitement par la stase hyper émique fut appliqué immédiatement. Le 7 juillet déjà , la métastase avait considérablement diminué et, six jours après le début du traitement, elle avait disparu sans laisser de traces.
19. Un ouvrier corroyeur de 24 ans fut amené le 19 décembre 1904, avec un abcès profond de l’articulation coxofémorale ; il avait une forte fièvre et se trouvait dans un état très précaire. Le 20 décembre au matin, il se plaignit d’une douleur subite dans l’articulation du coude gauche, qui persista toute la journée. En même temps la température s’éleva encore plus. L’après-midi l’articulation était légèrement tuméfiée et fléchie à angle droit. Les plus petites tentatives d’apporter une modification à cette position causaient les plus vives douleurs. Le soir à 7 heures on commença l’hyperémie par stase. Il se produisit un gonflement de toute la région articulaire aussi prononcé que celui qu’on observe dans les affections inflammatoires très aiguës. Le lendemain matin les douleurs du coude avaient considérablement diminué; la bande avait été appliquée pendant 13 heures. Le malade fit des mouvement actifs dont l’amplitude approchait de la normale, sans accuser une sensibilité particulière ; la flexion et l’extension passives exagérées provoquaient encore de légères douleurs. Le traitement par l’hyperémie fut continué jusqu’au 23 décembre. Le 21 décembre l’abcès de la hanche fut incisé après narcose par l’éther ; il s’écoula environ 3/4 de litre de pus sanguinolent. On retira à la fin un thrombus, de la longueur du doigt, bifurqué, ramolli et purulent par places ; la sortie du thrombus fut suivie d’une forte hémorragie veineuse, qui s’arrêta après un tamponnement.
20. Un boulanger de 35 ans se présenta le 5 mai 1904 à la clinique chirurgicale pour une suppuration grave des sinus ; il avait déjà été opéré 38 fois sans succès. Il fut encore opéré par Killian le 14 mai. Une suppuration abondante se déclara après l’opération ; le malade était fiévreux. Il se produisit tout à coup, dans la nuit du 23 au 24 mai, une métastase dans l’articulation du coude gauche ; les douleurs étaient très violentes et la température, qui oscillait les jours précédents entre 38°6 et 38<>9, s’éleva jusqu’à 39° 5. Cette métastase disparut complètement sous l’influence de l’hyperémie par stase entretenue pendant 9 jours.
Dans ces quatre cas de métastases articulaires pyémiques, très douloureuses, on constate très nettement l'apaisement immédiat des douleurs et la disparition rapide de tous les autres symptômes inflammatoires, sous l’effet de l’hyperémie par stase, après une forte recrudescence passagère.
Les quatre articulations sont si complètement guéries, que