PARTIE SPÉCIALE
l’examinateur le plus minutieux ne pourrait pas trouver la moindre trace de l’ancienne affection. Le retour au fonctionnement complet de l’articulation a exigé neuf jours dans l'observation n° 20, où la guérison a été la plus lente.
Nous n'avons pas aussi bien réussi dans le cas suivant, où nous ne sommes pas parvenus à arrêter la suppuration. Néanmoins la marche de la maladie a été très rapide et son issue très favorable.
21. Le 1er août 1904, un garçon de 16 an« fut blessé d’un coup de feu dans le ventre. On pratiqua une laparotomie et une suture intestinale. Il so produisit une fistule stercorale avec une infection grave. Le 5 août, il se déclara une inflammation aiguë de la parotide gauche, et le 6, de la parotide droite, avec une tuméfaction très prononcée, de la douleur et une forte élévation de température. Le malade eut plusieurs frissons. Une bande élastique fut placée autour du cou depuis le 6 août, conservée pendant la journée et enlevée pendant la nuit. Le 8 août un abcès s’ouvrit dans le conduit auditif externe des deux côtés. Il se forma encore un abcès de la parotide, des deux côtés, en avant de l’oreille. Le 17 août, l’abcès situé à droite s’ouvrit de lui-même ; l’abcès du côté gauche, qui était sur le point de s’ouvrir, fut vidé par une petite incision. Les deux abcès guérirent complètement en 14 jours. Il n’est pas resté la moindre trace de l’affection. La petite cicatrice provenant de l’incision est presque complètement invisible. J’ai observé dernièrement un cas absolument semblable.
La suppression de ces foyers d’infection, au début de leur phase inflammatoire aiguë, restera toujours un des succès les plus remarquables de l’hyperémie par stase. Ce procédé agit, d’une façon merveilleuse dans ces affections, comme j'ai pu m’en rendre compte dans un grand nombre de cas observés pendant une période de plus de onze ans.
Les résultats seront d’autant plus favorables que Lhyperémie par stase sera appliquée plus tôt dans le traitement des maladies inflammatoires aiguës. Malheureusement les cas sont toujours traités trop tard, c’est-à-dire au moment où les toxines microbiennes ont déjà produit des nécroses qu'on ne peut plus éviter. Je crois qu’on pourrait obtenir de très bons résultats avec ce procédé dans les hôpitaux militaires ; en effet, les soldats malades sont forcés de s’annoncer immédiatement. C'est à la bonne volonté de MM. les médecins supérieurs de l’état-major Gerdeck et Oertel, à Bonn, que je dois une grande partie des cas que j’ai pu traiter dès leur début.
Nous avons surtout pu vérifier les effets remarquables de l hyperémie par stase sur les plaies opératoires infectées. Nous
bavons souvent employée, après nos interventions, pour traiter des plaies infectées par des causes diverses. Les résultats obtenus ont été si satisfaisants que je crois pouvoir prétendre que ce procédé réalise un progrès très considérable pour le traitement de plaies opératoires, et qu’aucune autre méthode ne peut lui être comparée. En voici quelques exemples :
22. Un ouvrier de 19 ans se blessa le dos de la main gauche avec une hache, en coupant du bois ; le même jour, soit le 46 novembre 1905, il fut amené à la clinique chirurgicale. On constata sur la face dorsale de la main gauche une plaie s’étendant obliquement de l’articulation métacarpophalangienne de l’auriculaire jusqu’à l’épiphyse du radius. Les tendons extenseurs étaient tous sectionnés. L’articulation carpienne était ouverte et les os apparaissaient dans la plaie.
Les tendons et la peau furent suturés avec de la soie.
Le 20 novembre , le pansement dut être changé à cause de la température élevée (39,2° dans l’aisselle) et des vives douleurs éprouvées par le malade. Le dos de la main était très rouge et très enflé. La pression faisait écouler du pus entre les sutures. Un fil fut enlevé et le pus exprimé aussi bien que possible. L’hyperémie par stase fut employée ensuite pendant 20 heures chaque jour; elle produisit un énorme gonflement ; le pansement fut changé tous les jours. Les douleurs disparurent, la température baissa et devint normale. La plaie guérit par première intention, sauf en un point où la suture avait été enlevée. Les tendons se réunirent sans qu’un seul fil de soie s’éliminât. Le 24 janvier 1906 le malade sortit, les mouvements des doigts étaient normaux.
23. Le 26 juin 1905, je pratiquai un cerclage de la rotule avec un fort fil d’argent, pour une fracture transversale, chez un ouvrier de 42 ans. Je suturai également les parties fibreuses du tendon extenseur avec du catgut ; la peau fut réunie avec de la grosse soie. Le malade eut un accès de délirium tremens pendant la nuit du 28 au 29 juin. Il sauta de son lit, arracha son pansement et désunit partiellement la suture de la peau. On voyait par la radiographie que le fil d’argent était rompu, et que les fragments de la rotule étaient éloignés l’un de l’autre. Une seconde suture de la rotule fut pratiquée de la même manière, le 3 juillet. L’articulation du genou suppura; la température était très élevée, le malade était gravement atteint. Quelques sutures de la peau furent enlevées, mais l’articulation ne fut pas ouverte. L’arthrite purulente fut traitée par Yliyperémie par stase, du 4 au 21 juillet. La température s’abaissa rapidement et la suppuration articulaire, très abondante au début, disparut.
Cependant les extrémités fracturées de la rotule se consolidèrent et le malade sortit le 14 octobre, après un traitement orthopédique de longue durée.
Etat du blessé le 5 mars 1906 : la rotule est parfaitement consolidée. Les mouvements actifs de l’articulation sont possibles, mais limités; les mouvements passifs sont possibles dans l’appareil d’aspiration jusqu’à la