‹ L'hyperémie et son action thérapeutiqueChapitre 37 sur 111 · PARTIE SPÉCIALE · texte numérisé non relu

PARTIE SPÉCIALE

moitié de l’angle droit. La mobilité de l’articulation s’améliorera vraisemblablement avec un traitement postérieur.

Nous pouvons citer également le cas suivant :

24. Un commissionnaire, de 48 ans, fit une chute sur le genou, le 9 janvier 1906 ; ce traumatisme occasionna une fracture transversale delà rotule. Il fut admis le 11 janvier à la clinique chirurgicale. Comme les fragments étaient très peu éloignés l’un de l’autre, et que les tissus fibreux du tendon extenseur n’étaient pas déchirés, on ne ht pas de suture et on n’appliqua pas de bandage. L’articulation fut placée une heure par jour dans la caisse à air chaud pour faire disparaître l’épanchement. En outre, les mouvements passifs et actifs furent entrepris dès le début. Le 17 janvier il se produisit une forte inflammation du genou malade ; la température s’éleva progressivement. Une ponction exploratrice avec la seringue de Pravaz donna du pus, avec culture pure de staphylocoques. L’hyperémie par stase fut instituée. L’affection s’améliora rapidement, et à partir du 29 janvier la température était normale. Le 28 janvier la ponction exploratrice ne donna qu’une sérosité sanguinolente, complètement stérile. On continua tout le temps les mouvements passifs de l’articulation suppurèe.

Le 8 février le genou était désenflé et les mouvements actifs et passifs étaient presque normaux. L’hyperémie par stase fut abandonnée ; on entreprit à la place le traitement par l’air chaud pendant une heure par jour.

Le 1er mars, le malade sortit, l’articulation fonctionnait normalement.

La ventouse joue aussi un grand rôle dans le traitement consécutif des plaies infectées. Il se produit souvent de petites infections locales, surtout après les laparotomies, lorsque la fermeture de l’abdomen n’a pas été pratiquée tout à fait aseptiquement, ou après les cures radicales de hernies. Ces infections peuvent amener la formation de fistules. Si on les traite d’après les règles que nous donnerons dans un des chapitres suivants, sur l’application de la ventouse, la fistule se ferme avec une rapidité surprenante, quelquefois après la première séance d’aspiration. Si l’on a employé des fils de soie, la ventouse les aspire ou bien la guérison se produit sans que les fils sortent, malgré la suppuration. Les plaies infectées du tronc peuvent être traitées par les ventouses avec de très bons résultats. Nos observations ont été confirmées par d’autres.

Transformation des Abcès chauds en Abcès froids

Ce n’est que dans des cas rares que l’hyperémie par stase transforme les abcès chauds en abcès froids, comme le démontrent les exemples suivants :

25. Un garçon de 7 ans fut admis à la clinique la 28 juillet 1904, pour une inflammation aiguë, violente et très douloureuse de la jambe droite. La rougeur de la peau et le gonflement intéressaient principalement le côté externe. Cette tuméfaction était très distinctement fluctuante. La ponction exploratrice donna un pus épais, contenant des staphylocoques. L’abcès ne fut pas incisé, mais on appliqua simplement l’hypcrémie par stase. L’abcès s’était déjà refroidi le 30 juillet. Tous les symptômes d’inflammation avaient disparu ; la température, élevée auparavant, était redevenue normale. L’abcès avait conservé ses dimensions primitives ; la peau était très amincie. L’abcès s’ouvrit spontanément le 5 août et il en sortit une épine de 1 cm. de longueur Le pus fut exprimé par la petite ouverture, sans incision de la peau. Le malade sortit entièrement guéri.

Je n’ai pas eu, dans ces derniers temps, de cas à citer comme exemple de refroidissement d’un abcès à streptocoques sous l'influence de l’hyperémie par stase. Je suis donc obligé de mentionner un cas de l’année 1901. que j’ai déjà décrit ailleurs d’une façon plus détaillée1.

26. Il s’agissait d’un garçon boucher de 18 ans, que j’ai traité à Greifswald. Il fut admis le 14 mars 1901 avec une inflammation aiguë, grave, de la région du genou droit. Le segment malade du membre était si fortement enflé que sa circonférence dépassait de 5 cm. celle du côté sain. Il existait également une forte lymphangite de la cuisse. La température était très élevée, l’état général fortement atteint. Le malade délira la première nuit, sauta hors de son lit, et dut être surveillé spécialement. L’hyperémie par stase fut employée dès le 15 mars au matin. Les symptômes généraux et la fièvre disparurent vite sous son influence, et, ce qui nous intéresse, les symptômes inflammatoires également; si bien queie 18 mars, la bande élastique fut enlevée. Mais, après la disparition de la tuméfaction, on trouva un abcès au-dessous de l’articulation du genou, sans symptômes inflammatoires. Cet abcès fut incisé, il contenait du pus de couleur chocolat. L’examen donna une culture pure de streptocoques.

Résorption des Abcès sous l’Influence de l’Hyperémie par stase

27. Un garçon de 12 ans fut admis le 23 juillet 1904. On constatait, sur la partie postérieure de la tête et sur la nuque, une forte inflammation qui avait l’aspect d’un anthrax. La peau de l’occiput, jusqu’au milieu de la nuque, était infiltrée et indurée. Les régions avoisinantes étaient très enflées, œdématiées et très sensibles à la pression. Une tuméfaction molle, de la dimension d’une noix, existait au centre de la région indurée. La ponction exploratrice donna du pus épais qui contenait des staphylocoques. Le malade avait la nuque très raide et tenait la tête fléchie en avant. La température axillaire était à peine augmentée (37,9°).

' Verhandlungen des 19. Kongresses für innere Medizin 1901, p. 219.

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