‹ L'hyperémie et son action thérapeutiqueChapitre 43 sur 111 · PARTIE SPÉCIALE · texte numérisé non relu

PARTIE SPÉCIALE

saine. L’enflure encore existante était très ferme et dure. La forte pression seule provoquait encore des douleurs entre le carpe et le métacarpe.

La flexion active de la main était presque complète, la rotation possible, l’extension encore un peu limitée; la llexion des doigts était possible jusqu’à 2 cm. de la paume de la main, et leur extension complète également possible. L’hyperémie par stase fut encore appliquée i heure par jour jusqu’au 5 août ; ensuite on pratiqua le massage quotidien, suivi d’une demiheure d’hyperémie. Quelques jours plus tard le malade abandonna le traitement, il ne ressentait plus aucune douleur; il pouvait fléchir complètement les doigts et faire le poing.

Dans les formes très graves des arthrites blennorrhagiques, l’hyperémie doit être maintenue longtemps, autant que possible pendant 20 à 22 heures, autrement on n'obtient pas de bons résultats, ou la maladie ne s’améliore que peu à peu et se termine avec des raideurs. On n’obtient des guérisons promptes et complètes que si la stase entretenue longtemps produit un œdème très accentué. Ces conditions ont été réalisées dans le cas que nous venons de décrire. L’amélioration s’est produite seulement lorsque nous avons remplacé les courtes périodes de stase par de plus longues. A l’époque où je traitais ce cas, je faisais justement des expériences sur les effets de l'hyperémie par stase entretenue seulement pendant quelques heures.

Nous avons constaté d’une façon encore plus évidente l’effet insuffisant produit par une stase de courte durée dans un second cas très semblable à celui qui vient d'être décrit, bien qu'un peu moins grave. Nous n’avons pu obtenir un résultat vraiment satisfaisant qu’en maintenant l’hyperémie pendant 22 heures de suite, comme nous avions l’habitude de le faire auparavant, et surtout ce n’est qu'en laissant la bande appliquée pendant la nuit entière que le malade a pu avoir une nuit de repos complète. L’hyperémie par stase m’a toujours réussi dans les formes graves des arthrites blennorrhagiques. Son emploi donne des résultats brillants qui dépassent tout ce que j’ai vu jusqu’à présent dans ce genre, soit au point de vue de la rapidité de la guérison, soit surtout au point de vue du fonctionnement du membre atteint. Ces cas étaient assez fréquents à Kiel, et mon maître von Esmarch les traitait avec un bandage plâtré. Bien que celui-ci fût enlevé aussitôt que la marche de l'affection le permettait, des ankylosés et des raideurs graves se produisaient régulièrement. Dans les arthrites blennorrhagiques qui ont une tendance à l’ankylose, il faut commencer les mouvements actifs et passifs île bonne heure et dès

( pie les douleurs le permettent. L’hyperémie par stase calme ordinairement très rapidement les douleurs, comme nous l’avons déjà dit plusieurs fois: on peut souvent commencer ces mouvements, déjà une heure après le début de son application. On ne se sert do bandages avec attelles que pendant les intervalles où la bande n’est pas appliquée ou parfois en même temps que celle-ci , pendant la nuit, lorsque les douleurs sont encore trop fortes et que des mouvements involontaires risquent de les aggraver pendant le sommeil.

Le traitement des arthrites blennorrhagiques par la stase byperémique est bien supérieur aux autres méthodes hyperémiantes, par exemple au traitement par l’air chaud, comme j’ai pu m’en convaincre déjà tout au début de mes expériences. Le cas suivant qui avait déjà été traité par une autre méthode confirme cette opinion :

32. Une jeune fille de 19 ans souffrait depuis 10 semaines avant son admission, de fortes douleurs dans la main gauche, qui se produisaient subitement le matin. Elle fut traitée pour cela, pendant plusieurs semaines, par l’air chaud, dans un autre hôpital. Mais l’articulation devint toujours plus raide et la sensibilité ne diminua pas. Le 28 septembre 1900, elle fut admise à la clinique chirurgicale de Greifswald. La main gauche était le siège d’une tuméfaction peu développée et diffuse; sa circonférence mesurait seulement 1 cm. de plus que celle de l’autre main. La peau était rouge ; l’articulation était très sensible à la pression au niveau du dos de la main; elle était fixée en légère flexion et pronation et chaque essai de mouvement était accompagné de terribles douleurs. L’hyperéynie par stase fut employée chaque jour du 28 septembre au 27 octobre. Les douleurs diminuèrent en peu de jours si bien que, bientôt, des mouvements passifs et actifs purent être exécutés. La malade pouvait parfaitement se servir de son bras malade lorsqu’elle quitta la clinique; la flexion et l’extension active de la main étaient possibles sans douleur sur une étendue de 50° ; la rotation active était complète.

Par contre, on traite, par l’air chaud, avec de très bons résultats les arthrites blennorrhagiques presque chroniques et surtout leurs suites, les raideurs consécutives. Les appareils d’aspiration orthopédiques que j'ai décrits dans la partie générale, agissent encore avec plus d’efficacité sur les raideurs articulaires, surtout celles de la main, des doigts et du poignet.

Dans certains cas rares d’arthrite Jdennorrhagique, l’hyperémie par stase n’a aucune influence sur les douleurs qui peuvent même augmenter d’intensité au début du traitement. J’ai

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