‹ L'hyperémie et son action thérapeutiqueChapitre 45 sur 111 · PARTIE SPÉCIALE · texte numérisé non relu

PARTIE SPÉCIALE

J'ai traité d'autres inflammations articulaires aiguës par l' hyperémie avec des résultats analogues à ceux que nous avons constatés dans l’arthrite blennorrhagique. Quant aux arthrites rhumatismales aiguës, je n’en ai traité que 10 cas ; les malades m’ont déclaré, à l'unanimité, que les douleurs disparaissaient rapidement sous l’influence de l’hyperémie par stase. Et l’on voyait les autres symptômes de l’affection céder avec beaucoup plus de rapidité dans les cas traités par la stase hyperémique, que dans les cas de même gravité qui n'avaient pas été soumis à ce traitement. Mais le nombre des cas traités est si petit que l’on n’en peut pas tirer des conclusions certaines, surtout pour une affection aussi capricieuse que le rhumatisme articulaire aigu, où les articulations qui semblent un jour encore très malades, paraissent un autre jour aussi saines que si elles étaient complètement libres. Le traitement est, du reste, le même que celui de la blennorrhagie articulaire.

Dernièrement, von Leyden et Lazarus 1 ont décrit des cas de rhumatisme articulaire aigu dans lesquels le traitement par la stase hyperémique avait eu une influence très satisfaisante. 11 est vrai qu’ils faisaient suivre en même temps un traitement interne et déclarent que, dans d’autres cas, les essais de traitement du rhumatisme articulaire par l'hyperémie passive seule n’ont donné aucun résultat.

J'ai observé fréquemment aussi les excellents effets de l'hyperémie sur toutes sortes d’autres affections articulaires aiguës et. encore mieux, subaiguës. C’est ainsi que j’ai eu 2 cas d'arthrites puerpérales graves du genou, non suppurées, datant déjà de plusieurs semaines, qui ont guéri avec un rétablissement fonctionnel très satisfaisant. Ceci a de l'importance car, généralement, ces articulations s'enraidissent très fortement.

Traitement des Suppurations des Grandes Articulations par la Bande élastique

J’ai déjà dit précédemment que j'avais vu guérir des arthrites purulentes très normalement et rapidement, avec une mobilité satisfaisante, sous l’influence de l’hyperémie par stase, après ponction et lavage de l’articulation. J’ai également décrit, dans la première édition de ce livre, un cas d’arthrite traumatique

su p purée du genou, communiquant avec une plaie, qui guérit complètement en douze jours, uniquement sous l'influence de l’hyperémie par stase et sans autre moyen adjuvant. J'ai employé de plus en plus fréquemment ce procédé dans les arthrites purulentes et j’ai renoncé pour une série de cas, à tout autre traitement, pour avoir des observations concluantes. Lorsqu’il existait des plaies ou des fistules articulaires, on ne pratiquait ni débridement. ni drainage et on ne cherchait à amener l’évacuation du pus que par des mouvements passifs exécutés journellement. En présence d’un abcès intra-articulaire fermé, on pratiquait une ponction exploratrice avec une seringue de Pravaz pour établir un diagnostic certain et bien déterminer la cause initiale de l’affection : la collection purulente n’était pas évacuée. Nous avons aussi renoncé à l’immobilisation avec des attelles et nous avons employé uniquement l’hyperémie par stase.

Les cas d’arthrite du genou et du coude que nous allons décrire ont donc une grande valeur démonstrative. Les règles suivantes, que nous résumons encore une fois brièvement, ont été observées dans le cours du traitement. Pour les arthrites purulentes du genou, les malades gardaient simplement le lit : pour les arthrites supputées du coude, le bras était placé dans une écharpe lorsque le malade était levé, et posé sur le lit, d’une façon quelconque, mais commodément, lorsqu’il était couché.

On évitait toute position fixe de l'articulation : l’effet calmant de l’hyperémie par stase permettait de renoncer à l’immobilisation. En cas de fistule ou de plaie communiquant avec l’articulation, on entourait celle-ci d'un pansement aseptique, épais et absorbant à cause de l’abondance de la sécrétion séreuse. Ce pansement était très peu serré, de façon à permettre le gonflement considérable de la région articulaire consécutif à l’application de la bande élastique, et pour laisser au malade la liberté nécessaire pour pratiquer des mouvements de l’articulation en voie de suppuration.

On commençait déjà à faire des mouvements passifs et actifs quelques heures après l’application de l’hyperémie par stase. L’effet calmant du traitement le permettait. Les malades étaient eux-mêmes surpris qu'on pût si vite mobiliser des articulations suppurées, excessivement douloureuses. Les mouvements passifs n’étaient pratiqués qu’une fois par jour, au début ; ils produi-

Page 1