‹ L'hyperémie et son action thérapeutiqueChapitre 47 sur 111 · PARTIE SPÉCIALE · texte numérisé non relu

PARTIE SPÉCIALE

t u re normale et la plaie fongueuse se détergea. La banda élastique fut enlevée le 23 mars. Le malade resta encore à la clinique jusqu’au 26 avril ; pendant ce temps, la plaie se cicatrisa complètement et des mouvements articulaires passifs et actifs furent exécutés. Âl’exeat, l’articulation malade n’était pas plus volumineuse que celle du côté opposé et presque complètement mobile. Le malade se présenta de nouveau le 10 mai. La ilexion était peut-être encore un peu limitée. Les autres mouvements étaient normaux et il pouvait très bien se servir de son bras. IL n’y avait plus de vestige de l’affection précédente, à part une cicatrice et un léger frottement articulaire produit par la rotation.

Les suppurations articulaires décrites communiquaient, avec l'extérieur, par des fistules ; elles se trouvaient donc bien, incomplètement il est vrai, dans les conditions réclamées anciennement par la chirurgie, c’est-à-dire que, dans toutes les circonstances, le pus devait pouvoir s’écouler au dehors. Mais les deux cas suivants démontrent que l’hyperémie par stase peut aussi transformer des abcès chauds en abcès froids et les faire disparaître ensuite, comme je l’ai déjà exposé.

37. Un jeune garçon de 3 ans fut blessé, 4 semaines avant son entrée, par une esquille de bois qui pénétra dans la région externe du genou droit. Peu de temps après, le genou augmenta de volume et la jambe se plaça en flexion, en même temps, la température s’éleva. Il fut traité par des badigeonnages de teinture d’iode.

Le malade nous fut amené le 19 novembre 1903. Le genou droit présentait une tuméfaction sphérique et fluctuante ; il était chaud et douloureux ; il existait du choc rotulien. L’enflure était très considérable; la mensuration prise à différents endroits de l’articulation donnait 2 3/4 à 5 cm. de plus que du côté sain. L’articulation était fléchie et presque complètement fixée à 11ÖO. La flexion passive n’allait guère plus loin. Une ponction exploratrice avec la seringue de Pravaz donna du pus qui contenait une culture pure de staphylocoques. La température, qui était de 38°7 le 19 au soir, s’abaissa progressivement jusqu’à l’apyrexie complète le 25 novembre.

La petite blessure articulaire, produite par l’esquille de bois, était guérie depuis longtemps.

Une bande élastique avait été appliquée immédiatement, d’abord pendant 19 à, 22 heures, ensuite moins longtemps et, finalement, seulement pendant 2 heures par jour . La mobilité se rétablit vite et l’épanchement diminua. Le 25 novembre , la bande fut enlevée et 2'i heures plus tard on reconnut qu’il persistait un épanchement articulaire considérable, mais l’articulation était complètement mobile. L’hyperémie par stase fut employée encore pendant une heure par jour. Mais, comme le 30 novembre, la température vespérale était de 38°, la bande fut appliquée de nouveau pendant 20 à 22 heures par jour.

Le jeune garçon sortit le 20 décembre; Les mouvements articulaires étaient complètement normaux et il pouvait se servir du genou, dont la

circonférence mesurait à, 3/4 cm. de plus que celle du côté sain. L’épanchement avait complètement disparu ; la légère enflure provenait d’un épaississement de la capsule.

38. Serrurier de 20 ans ; inflammation aiguë de l’articulation du pied droit, ayant débuté subitement le 4 juillet 1904. L’affection passa d’une articulation à une autre et resta limitée au genou droit qui était particulièrement atteint 6 jours avant l’entrée.

Il fut admis le 25 juillet 1904 ; le genou droit était énormément enflé et sa circonférence mesurait 6 3/4 cm. de plus que celle du genou gauche. Toute la cuisse droite était fortement enllée et œdématiée ; les veines souscutanées étaient très apparentes ; l’articulation était en extension (elle avait été maintenue jusqu’alors par une attelle), mais elle était extrêmement sensible ; le moindre choc sur le lit arrachait des cris au malade. Aucun essai de mobilisation n’était possible. Une ponction exploratrice avec la seringue de Pravaz donna du pus qui contenait des staphylocoques à l’examen microscopique et en culture.

L’hyperémie par stase fui employée immédiatement. On eut quelque peine à trouver le degré exact de la stase. Lorsqu’on y fut arrivé, les douleurs cessèrent presque complètement pendant l’application de la bande élastique, déjà 4 jours après le début du traitement; 12 jours après, la température, précédemment élevée, devenait normale. Le malade avait eu cependant encore un frisson le 3 août; le 10 août, il pouvait déjà fléchir activement le genou jusqu’à l’angle droit. Cependant, l’épanchement intraarticulaire étant encore très considérable, on pratiqua, avec la seringue de Pravaz, une ponction exploratrice qui donna une petite quantité de liquide louche et séreux. L’hvperémie par stase fut employée encore 2 heures par jour depuis le 10 août. Le 15 août, le malade se levait bien qu’il existât encore un léger épanchement articulaire ; il fut, plus tard, employé dans la clinique comme infirmier. La suppuration du genou n’avait laissé aucune trace. La température vespérale se maintint entre 38° et 39° du 26 au 30 juillet ; elle ne dépassa pas 37<>6 le 31 juillet et le 1er août ; remonta à 38°2 les 2 et 3 août et baissa ensuite jusqu’à l’apyrexie complète le 6 août.

Ces cinq cas de suppurations graves des grandes articulations, traités par la stase hyperérnique seule, sans aucun autre moyen curatif et, en particulier, sans aucune intervention opératoire, se sont tous terminés par guérison avec rétablissement fonctionnel complet. C’est donc un beau succès qui se passe de commentaires. J’ai fait, encore dernièrement, un certain nombre d’observations semblables. Les cas qui nous ont donné les plus mauvais résultats, au point de vue fonctionnel, sont ceux dans lesquels l'arthrite purulente avait pour origine la pénétration du pus d’un foyer d’ostéomyélite dans l’articulation voisine. Nous avons alors observé plusieurs fois des raideurs consécutives pro-

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