PARTIE SPÉCIALE
leurs augmentèrent et furent accompagnées d’un frisson le 23 novembre. Le 24 novembre, la jeune tille fut admise. L’auriculaire de la main droite était entièrement enflé et fixé en flexion. Chaque essai d’extension causait de vives douleurs. Le tendon fléchisseur était très sensible à la pression jusque vers le milieu de la main. Il existait une petite crevasse au niveau du pli de flexion de l’auriculaire. Je diagnostiquai un phlegmon des gaines au début et appliquai aussitôt la stase hyperémique dans l’intention de le faire avorter. Les symptômes inflammatoires diminuèrent rapidement et la température devint normale si bien que, le 30 novembre, l’hyperémie
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par stase fut abandonnée. Comme l’auriculaire avait une tendance à se maintenir en flexion, on commença des mouvements passifs assez énergiques. Le 4 décembre , les douleurs reparurent ; on employa encore une fois la stase hyperémique et, comme le doigt avait toujours plus de tendance à s’enraidir, on fit exécuter des mouvements passifs énergiques sans obtenir pour cela une amélioration de la mobilité. L’auriculaire s’enraidit de plus en plus, les autres doigts se placèrent également en légère flexion et les douleurs réapparurent. Une tuméfaction allongée, dure, en forme de cordon, se développa sur le parcours du tendon fléchisseur de l’auriculaire.
Les douleurs devinrent beaucoup plus violentes le 11 décembre ; à l’examen, on constata que l’infection avait envahi non seulement la gaine tendineuse de l’auriculaire, mais aussi les autres gaines tendineuses. Celles des fléchisseurs de l’auriculaire, celles du pouce et le grand sac synovial commun de l’articulation de la main étaient très sensibles à la pression. La peau de la face dorsale de la main était rouge et la température générale légèrement élevée.
Après anesthésie par l’éther, je découvris la ga'ine tendineuse de l’auriculaire dans la paume de la main, sur une étendue de 4 cm. Une fois la gaine incisée, il s’écoula une grande quantité de liquide séreux louche. La pression sur le sac synovial commun lit encore écouler environ deux cuillerées à thé d’un liquide semblable. Je laissai la plaie telle quelle ; elle guérit en peu de jours par première intention.
A l’examen microscopique de la sérosité évacuée, on trouva des leucocytes en petit nombre, mais pas de bactéries. Les cultures entreprises à l’Institut d’hygiène de Bonn restèrent stériles.
On continua à pratiquer des mouvements nèrent encore de vives douleurs. La main fut dans une gouttière du 16 au 20 décembre ; les ment. Le gonflement des gaines tendineuses avait disparu ; des douleurs peu intenses, provoquées seulement par une forte pression, persistèrent jusqu’au 23 décembre. On recommanda à la malade de faire des mouvements actifs et on pratiqua des mouvements passifs très doux. La mobilité du doigt s’améliora de plus en plus et la malade guérit sans trace de troubles fonctionnels.
passifs, mais ils occasionalors fortement maintenue douleurs cessèrent rapide-
41. Le 25 mars 1905, une jeune fille de 10 ans fut blessée à la main gauche par un tisonnier souillé, manœuvré par un ouvrier. L’enfant fut pansée une demi-heure plus tard, à la policlinique. De vives douleurs se
déclarèrent et l’empêchèrent de dormir ; elle fut alors admise le 30 mars à la clinique.
On constate à l’entrée une rougeur et une tuméfaction de la main gauche et de la moitié inférieure de l’avant-bras ; sur le cûté radial de la main, se trouve une plaie de la dimension d’un pois, produite par une des dents de l’instrument. La malade protège et soutient la main gauche avec la droite ; les doigts sont fortement lléchis ; chaque tentative faite pour les étendre, provoque une vive douleur. La pression sur la face palmaire n’est pas douloureuse ; par contre, la région des gaines tendineuses, au-dessus de l’articulation carpo-métacarpienne, est très sensible. La région du tendeur fléchisseur du pouce n’est pas douloureuse. La région carpienne est fortement enflée et très sensible à la pression, la température est élevée (voir figure 24).
Le gonflement et la douleur de la région carpienne, la flexion des doigts et la sensibilité des gaines tendineuses me firent penser à une infection des articulations carpo-métacarpiennes et des gaines tendineuses des quatre derniers doigts. Je commençai l’application de la stase hyperémique 34 h. après V accident. Déjà V2 heure après le début de la stase, l’enfant pouvait étendre quelque peu les doigts complètement enraidis auparavant ; elle ne souffrait plus et dormit tranquillement. Le lendemain matin, la bande avait produit un œdème considérable de toute la partie périphérique du membre située au-dessous d’elle. Le jour suivant (Ier avril), la température avait baissé et l’articulation carpo-métacarpienne était un peu mobile.
Une nouvelle élévation de température, survenue le 2 avril, la vive inflammation, la rougeur et la sensibilité des régions du tendon fléchisseur du petit doigt et de la synoviale commune, qui persistaient après la position élevée donnée à la main entre les séances de stase, me firent penser à une suppuration de ces gaines tendineuses. La croûte qui s’était formée à la surface de la plaie se détacha le lendemain ; il s’écoula alors une petite quantité de pus. Une pression exercée sur la gaine de l’auriculaire et sur la paume de la main, au niveau de la gaine commune, provoquait un écoulement purulent abondant. La sonde pénétrait jusque dans le voisinage de l’articulation carpo-métacarpienne sur des os rugueux et sous les tendons fléchisseurs à plus de la moitié de l’avant-bras.
Après anesthésie par l’éther, je pratiquai une incision, de 4 à 5 cm. de longueur, au-dessus de la région carpienne. Je trouvai une cavité pleine de pus dans laquelle les tendons étaient à nu. La cavité se prolongeait entre les muscles presque jusqu’à la moitié de l’avant-bras. Au-dessous, la sonde pénétrait dans la gaine tendineuse de l’auriculaire. J’incisai celle-ci sur une longueur de 3 à 4 cm. ; il s’écoula du pus épais qui entourait les tendons. On arrivait aussi, avec cette incision, dans la gaine cubitale, également remplie de liquide purulent dans lequel baignaient les tendons ; bien que l’articulation carpo-métacarpienne parût également contenir du
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Fig. 24