‹ L'hyperémie et son action thérapeutiqueChapitre 52 sur 111 · PARTIE SPÉCIALE · texte numérisé non relu

PARTIE SPÉCIALE

l’application de l’hyperémie par stase : le doigt présentait une coloration bleuâtre, alors qu’ordinairement elle est rougeâtre dans les inflammations aiguës.

J’ai encore observé 2 inflammations récentes des doigts qui disparurent sans opération sous l’influence de l’hyperémie par stase ; d’après l’état des malades à l’entrée, il s’agissait très vraisemblablement de synovites suppurées au début. C’est seulement parce que je ne peux pas fournir la preuve de ce diagnostic que je n’ai pas cité ces cas dans la statistique précédente. D’après nos expériences sur les autres suppurations et inflammations, il est probable que l’on peut guérir aussi sans opération les phlegmons récents des gaines : j’estime que le cas 40 en fournit la preuve, bien que l’on soit intervenu. En effet, il ne s’est pas produit de suppuration sous l’influence de la stase, ou bien le pus déjà existant s’est transformé en sérosité, comme dans les cas 27 et 38, déjà mentionnés, et dans le cas 48 qui est encore à décrire. Dans tous les cas on réussit à détruire les germes infectieux ; le liquide séreux était en effet, stérile.

Ostéomyélite aiguë

Il y a longtemps que j’ai commencé à traiter l’ostéomyélite aiguë au début par la stase hyperémique, dans l’intention d’en empêcher le développement. Mes premières expériences datent de 1893. Bien que le premier cas traité ait été déjà décrit plusieurs fois, je le mentionne encore :

46. Un épanchement articulaire du genou se développa chez un enfant atteint, depuis quelque temps, d’une lièvre violente, qui avait débuté subitement. L’extrémité inférieure du fémur du côté malade était épaissie et douloureuse. Une fièvre modérée remplaça les températures très élevées du début; l’inflammation de l’articulation du genou persista, bien que celle-ci eût été traité avec des antiphlogistiques, ponctionnée et lavée. Elle s’enraidit fortement et resta très sensible. J’employai l’hyperémie par stase qui atteignit un haut degré ; l’affection s’améliora tout à coup et, en peu de jours, la fièvre, l’épanchement et les symptômes inflammatoires disparurent. L’articulation redevint mobile.

J’ai traité avec succès plusieurs cas analogues; il est vrai que, n’ayant pas démontré la nature des germes infectieux ou leur présence dans le pus de la moelle osseuse, je ne poux pas

fournir la preuve formelle de l’existence de l'ostéomyélite. Mais le cas suivant, que je cite comme exemple., est plus concluant. Il y a peu d’affections chez l’enfant, à part l’ostéomyélite, qui débutent avec un frisson, qui donnent des inflammations souscutanées aussi graves du membre malade, accompagnées d’une fièvre aussi violente et qui causent une sensibilité osseuse aussi prononcée. Lorsque nous avons pratiqué une incision précoce dans des cas semblables, nous avons toujours trouvé, comme on le supposait, du pus dans la moelle osseuse et même souvent déjà sous le périoste.

47. Un frisson et de très fortes douleurs, avec une forte inflammation de la hanche gauche, se déclarèrent, à la suite d’une chute, chez un jeune garçon de 13 ans, le 28 octobre 1904.

Le malade fut admis le 30 octobre. La jambe gauche était très fortement enllée, rouge et extrêmement douloureuse (à la mensuration, la différence entre les deux jambes était de 0,04 cm.), l’amaigrissement était très prononcée. La partie supérieure du tibia était très sensible à la plus légère 4Q pression. L’hyperémie par stase fut appliquée ; 24 heures après, toutes les douleurs subjectives étaient 39 calmées et 4 jours après tous les symptômes oh jectifs, y compris la fièvre, avaient disparu. 38

Le 4 novembre déjà, le garçon se tenait debout et marchait sans aucune gêne. La figure 25 donne la 37 courbe de la température.

Cette rémission rapide sous l’influence de l’hyperémie par stase s’observe aussi dans les cas d’ostéomyélite à marche peu grave dès le début, qui n’arrivent pas jusqu’à la suppuration et qui sont même chroniques. Le cas 29, déjà décrit, en est un exemple frappant. Depuis un certain temps, je ne me suis plus limité à des cas récents, mais j’ai traité également par la stase hyperémique des ostéomyélites graves, avec abcès volumineux, suppurations articulaires et décollements épiphysaires. Je procède de la manière suivante : dès que la présence du pus est certaine, je ponctionne l’abcès avec un trocart de gros calibre et j’irrigue avec la solution physiologique, ou bien je pratique une ou plusieurs incisions. Celles-ci ne doivent pas être trop grandes, afin d’éviter le dénudement de l’os sur une trop grande étendue, par crainte d’une nécrose consécutive. Le pus est soigneusement exprimé et enlevé avec de l’eau salée. Nous n’employons jamais le drainage ou le tamponnement pour ne pas

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Fig. 25

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