PARTIE SPÉCIALE
dessécher l’os et provoquer la nécrose ; la plaie est simplement recouverte d’un pansement peu serré, épais et absorbant.
J'ai essayé de traiter quelques cas d’ostéomyélite aiguë seulement par la ponction et l’irrigation de la cavité purulente. Le cas suivant a été traité de cette manière.
48. Une jeune fille de 12 ans ressentit subitement, dans la nuit du 5 au 6 janvier 1904, de violentes douleurs dans la cuisse gauche. Elle fut admise le 15 janvier. La cuisse gauche était fortement enflée, surtout dans sa moitié inférieure. Il existait, sur sa face externe, de la rougeur, de l’œdème et de la fluctuation qui s’étendaient jusqu’au creux poplité. L’articulation du genou était fortement enflée et sa circonférence mesurait, à différents endroits, 5,5 à 10 cm. de plus que celle du côté sain.
I /hyperémie par stase fui employée immédiatement, : elle procura une nuit tranquille à l’enfant, la première depuis le début de la maladie. Le 16 janvier, après anesthésie par l’éther, l’abcès de la face externe fut ponctionné avec un gros trocart. Il s’écoula environ 100 ccm. de pus épais et légèrement sanguinolent qui donna une culture pure de staphylocoques. La cavité fut lavée et l’ouverture de la ponction fermée par une suture ; 2 heures après cette petite opération, on employa de nouveau la stase liypi. rémique qui fut prolongée pendant 22 heitres. Le jour suivant, la malade n’avait plus aucune douleur et se sentait tout à fait bien. On diminua peu à peu la durée de l’hyperémie par stase. Le 23 janvier, la température, qui était normale, s’éleva de nouveau ; la région voisine de l’endroit ponctionné était rouge et la partie supérieure du creux poplité enflée et distendue. Je diagnostiquai une nouvelle collection purulente et, après anesthésie par l’éther, je pratiquai une incision de 0,08 cm. de longueur, commençant sur la face externe ; mais il ne sortit que 100 ccm. d’un liquide séreux, clair et jaune citron. On sentait, avec le doigt, la face postérieure du fémur dénudée de son périoste depuis l’épiphvse inférieure jusqu’à la moitié de la diaphyse. La plaie fut cousue avec des fils d’argent et l’hémorragie arrêtée par un pansement compressif.
On appliqua ensuite un pansement moins serré et l’hyperémie par stase
fut employée de nouveau pendant
15 1 16 17 18 îfl 20 2i 122 23 24 25 ~~ heures par jour. La température
s’abaissa rapidement, la plaie guérit par première intention et l’épanchement articulaire du genou, qui était considérable, disparut en peu de jours.
La figure 26 donne la courbe de la température.
L’enfant resta encore en observation à l’hôpital jusqu’au 22 février. A sa sortie, il ne persistait, de l’affection précédente, qu’un épaississement considérable du fémur et la cicatrice opératoire.
Je fais encore remarquer que la ponction simple de l’abcès n’est pas le traitement qui doit être appliqué dans tous les cas d’ostéomyélite suppurée. Il s'agissait également d’essais tentés pour arrêter la marche de l’affection d'une manière aussi douce que possible. Ce procédé peut être suffisant dans des cas spéciaux. Seule, une grande expérience pourra servir à établir des indications certaines sur ce traitement que personne ne connaît bien encore actuellement.
Je me suis donc donné comme règle d’inciser les abcès ostéomyélitiques dans n’importe quelles circonstances.
On lira,, dans quelques-unes des observations, que j’ai refermé, avec une ou plusieurs sutures de fils d’argent, les incisions d’abcès d’ostéomyélites traitées par la stase hyperémique. Ce sont de simples expériences qui ne sont pas encore terminées et que je ne conseille pas de répéter. J’ai seulement cité ces faits pour ne rien supprimer des observations.
Je donne quelques exemples de guérison d’ostéomyélite avec complications (suppuration articulaire, décollement épiphysaire).
49. Un enfant de 8 semaines fut admis, le 10 février 1904, à la policlinique de Bonn. Le bras gauche, au-dessus du coude, était rouge et tuméfié ; cette tuméfaction était fluctuante. L’articulation du coude était fixée presque en extension et des mouvements passifs très limités étaient seuls possibles. L’humérus était augmenté de volume. La température était de 39°. L’abcès fut incisé ; il s’étendait jusqu’à l’os qui était dénudé du périoste. On fit alors entrer l’enfant à la clinique. La température baissa au début, mais elle s’éleva de nouveau et l’état local s’aggrava. L’articulation du coude suppura.
Etat présent le 16 février : le bras gauche était excessivement enflé et rouge depuis son tiers supérieur. L’humérus était fortement augmenté de volume dans ses deux tiers inférieurs. Sur la face externe du bras, se trouvait une plaie bourgeonnante de 3 cm. de longueur, l’os était à nu dans le fond de la plaie. Le coude était très enflé. Les mouvements articulaires et la pression faisaient écouler du pus épais par la plaie opératoire. L’articulation était à peu près en extension et une flexion très limitée était seule possible. La rougeur et le gonflement s’étendaient depuis le bras jusqu’au côté gauche du thorax et jusqu’à l’épaule. L’hyperémie par stase fut employée 12 heures par jour en appliquant une bande élastique aussi haut que possible sur le bras. Elle agit avec violence. Il se produisit un décollement de l’épiphyse de l’extrémité inférieure de l’humérus, le 17 février.
La suppuration fut extrêmement abondante les premiers jours. Malgré la dislocation de l’épiphvse, le coude fut mobilisé chaque jour et le pus évacué de l’articulation par la pression et les mouvements. Le 24 février, la suppuration était presque complètement tarie. Le traitement avec la