PARTIE SPÉCIALE
bande élastique fut interrompu du 24 au 28 février et repris du 28 février au 3 mars pendan t une heure par jour . Depuis cette époque, l’afi'ection put être considérée comme guérie ; la plaie opératoire était parfaitement cicatrisée, l’épiphyse consolidée et l’articulation du coude presque complètement libre. Le petit malade pouvait remuer le coude. Les seules traces de la maladie consistaient en une légère crépitation articulaire, l’éjiaississement des deux tiers inférieurs du bras et la cicatrice opératoire. L’enfant fut emmené le 19 mars.
La température a oscillé entre 37° et 39° jusqu’au 15 février ; du 16 au 21. elle ne dépassa pas 37°7 ; le 22 et le 25, il y a une élévation vespérale : 38°4. Les autres températures sont normales.
50. Un enfant de 9 ans commença à souffrir, une semaine avant son entrée, d’une forte inflammation de la jambe et du genou droits.
fje 22 décembre 1903, l’enfant était très souffrant et très fiévreux. La jambe droite était très fortement enflammée. A la partie supérieure du tibia, se trouvait un abcès qui fut incisé sur une longueur de 6 cm. On arriva sur l’os qui était dénudé de son périoste sur une vaste étendue. Il y eut ensuite une inilammation très considérable de l’articulation du genou droit avec de la suppuration. Le 29 décembre , une ponction exploratrice in tra- articulaire donna du pus qui contenait des staphylocoques. L’hyperémie par stase fut, appliquée ci partir de ce jour et tous les symptômes de l’arthrite du genou s’améliorèrent rapidement. Le 9 janvier 1904, on dut ouvrir encore un abcès situé sur le côté externe de la jambe ; on pratiqua une incision de 3 cm. de long. Le 10 janvier, un très petit séquestre s’élimina par la plaie située au-dessus du tibia. On cessa l’emploi de la bande élastique le 31 janvier , tous les symptômes inflammatoires et fébriles ayant disparu. L’épanchement purulent du genou n’existait plus et la mobilité de cette articulation était rétablie. Cependant, il restait encore deux fistules sur le tibia. Elles furent débridées le 2 mars après anesthésie. La première, conduisait sur la surface de l’os, sous le périoste; l’autre, dans une petite cavité granuleuse au niveau du plateau du tibia, et de là dans l’articulation. Un curettage ramena des granulations et quelques fragments cartilagineux mobiles. Quelques mouvements imprimés à l’articulation firent sortir du liquide synovial clair ; la partie inférieure de la plaie fut suturée ; la partie supérieure seulement recouverte avec de la gaze. L’hyperémie par stase fut encore employée, plutôt par prudence. Le 25 avril, la plaie opératoire était complètement cicatrisée. L’enfant sortit le 20 mai. Il n’y avait plus d’épanchement intraarticulaire et les mouvements actifs et passifs du genou étaient possibles dans toute leur étendue. Par contre, il persistait encore un gonflement de la capsule et une mobilité latérale relativement assez étendue. On fit porter à l’enfant un appareil articulé pour empêcher cette mobilité latérale.
J’ai mentionné, dans l’édition précédente, 14 cas d’ostéomyélile aiguë suppurée traités par l’hyperémie par stase. L'ostéomyélite aiguë est relativement très rare à ltonn. J’en voyais un nombre beaucoup plus grand à Kiel et à Greifswald. Cependant.
Traitement des inflammations et des suppurations aiguës 317
j’ai observé ici des cas à marche beaucoup plus grave. Sur ces 14 cas :
6 cas guérirent sans nécrose,
5 » avec nécrose peu importante,
2 » avec nécrose étendue,
1 cas mourut de pyémie.
Je décrirai, plus loin, ce dernier d’une façon détaillée (78) ; la mort ne put nullement être imputée au traitement suivi.
Je n'ai naturellement pas compté, dans cette statistique, les cas que je considère comme des ostéomyélites aiguës tout au début et qui cédèrent à l’hyperémie par stase sans avoir été incisées.
Depuis lors, nous avons encore traité les cas suivants d’ostéomyélite aiguë.
51. Un jeune garçon cle 14 ans était atteint depuis 12 jours d’une ostéomyélite aiguë très infectieuse du tibia entier, du péroné et de l’extrémité inférieure de l’humérus; il avait aussi une arthrite purulente du genou du membre inférieur malade. L’ostéomyélite du tibia amena une nécrose étendue et nécessita la nécrotomie ; l’ostéomyélite du péroné et de l’humérus guérit sans nécrose. L’articulation resta assez fortement enraidie (elle avait encore une llexion active de 50°).
52. Une jeune fille de 14 ans, malade depuis 8 jours, fut admise avec une ostéomyélite grave du tibia avec suppuration de l’articulation du genou correspondant. Cette dernière guérit avec des mouvements normaux, mais l’os se nécrosa.
53. Une jeune fille de 7 ans, malade depuis 9 jours, était atteinte d’une ostéomyélite du tibia et du péroné avec suppuration de l’articulation tibiotarsienne. Le péroné se nécrosa, mais ce ne fut pas le cas pour le tibia. L’articulation restera probablement fortement enraidie, quoiqu’elle soit encore mobile.
54. Un enfant de 1 an Va guérit sans nécrose d’une ostéomyélite de l’humérus.
55. Une jeune fille de 15 ans, malade depuis 5 jours, fut admise à l’hôpital St-Jean, avec une ostéomyélite aiguë du fémur et suppuration de l’articulation du genou du même côté. L’articulation du genou était très enraidie; il persistait seulement quelques vestiges de mouvements, très limités, qui disparaîtront probablement aussi ; l’os se nécrosa.
Donc, sur 8 ostéomyélites aiguës, 4 furent suivies de nécrose et 4 guérirent sans nécrose. La proportion est donc la même qu’antérieurement.