‹ L'hyperémie et son action thérapeutiqueChapitre 65 sur 111 · PARTIE SPÉCIALE · texte numérisé non relu

PARTIE SPÉCIALE

vation. Il n'y eut pas d’autres signes d'abcès que les maux de tète et les vomissements. En outre, la stase hyperémique. appliquée durant cinq jours, avait fait disparaître immédiatement tous les symptômes morbides.

Pour la description des cas chroniques, je résumerai les travaux de M. le D1' Keppler, mon assistant, que nous avons cités plus haut; on pourra y recourir pour les détails. Du reste, la technique est la même que pour les cas aigus.

Au bout du compte, on peut, dire que, jusqu’ici, les résultats ne sont nullement très encourageants dans les cas chroniques. Nous tenons à continuer nos essais dans cette direction, mais nous ne voudrions pas engager d'autres médecins à nous imiter pour le moment. Ce qui nous encourage, ce sont les bons résultats que nous avons obtenus dans l'ostéomyélite chronique des membres. Notre expérience nous permet de prévoir que la stase sera favorable dans les cas où il n’y a pas formation de séquestres, mais seulement d’abcès, ou mieux, de cavités tapissées de granulations dans l’intérieur de l'os.

Par contre, les succès brillants que nous avons obtenus, nous permettent de recommander chaleureusement le traitement par la stase dans les cas de mastoïdite aiguë. En suivant les règles que nous avons établies, tout chirurgien obtiendra, comme nous, des résultats qui ne le cèdent en rien à ceux que l’on obtenait jusqu’ici avec le ciseau et le maillet.

Au point de vue de la conservation de l’ouïe, notre méthode remporte certainement l’avantage ; nous l’avons obtenue dans tous les cas aigus. Or, on sait qu’il n’est* pas rare de voir la fonction auditive compromise par le traitement opératoire.

Nous avons dit que nous n'avions pas d’expérience du traitement des otites purulentes non compliquées. Les seuls auristes qui aient donné leur opinion à ce sujet, à part Eschweiler qui a suivi nos malades, sont Heine et Stenger. Heine1 a obtenu 9 guérisons complètes sur 19 cas, avec ou sans complications.

La mastoïdite a régressé dans 2 cas, tandis que la suppuration de l’oreille persistait ; 8 cas ont été opérés. La marche n’a pas été aussi favorable que dans nos cas. Je crois que Heine aurait obtenu de meilleurs résultats s'il avait attendu la description exacte de nos observations faites depuis trois ans. Les

1 Heine, Ueber die Behandlung der akuten eitrigen Mittelohrentzündung mittels Stauungshyperämie nach Bier. Berliner klinische Wochenschrift, 1905, ri° 98.

symptômes qui l’ont décidé à opérer ne nous paraissent pas suffisants pour indiquer l’intervention. Il a opéré, dès le troisième jour, un cas de mastoïdite de Bezold, croyant, au début, qu’il était trop risqué de traiter cette forme de maladie par la stase. Ou bien il intervint dès qu’il s’aperçut, peu après le début du traitement, qu’il n'y avait pas d’amélioration. Pour nous, nous avons observé un cas où, pendant 4 à 5 semaines, il n”y avait pas eu d’amélioration sensible de la suppuration aiguë de l’oreille, ni de la mastoïdite et où notre méthode finit cependant par amener la guérison complète.

Après lui, Stenger1 a publié ses observations. Elles présentent de l’intérêt du fait que les cas compliqués de mastoïdite ont été traités avec des appareils d’aspiration. Il pratiquait une incision, longue de 2 à 3 cm., dans l’abcès sous-périostique et soulevait le périoste jusqu’au conduit auditif externe. S’il rencontrait une fistule, il l’élargissait avec la curette. S’il n’en trouvait point, il perforait l’os, avec un ciseau fin, jusque dans l’antre mastoïdien ou dans une cellule osseuse communiquant avec lui. Il introduisait une bande de gaze peu serrée dans cet orifice osseux et appliquait une ventouse dessus ; celle-ci se remplissait de sang, de pus et de sérosité. On n’enlevait la ventouse qu’au bout de 3 heures, à moins qu’elle ne se fût remplie avant. Dans 7 cas, Stenger a obtenu rapidement un bon résultat avec ce procédé.

La question du traitement des affections aiguës de l’oreille moyenne reste encore à l’étude et ma méthode doit être essayée sans parti pris par les aoristes. Il y a beaucoup de questions qui se posent. Faut-il tenir compte de l'étiologie des otites dans l’indication du traitement par la stase ? le traitement est-il également applicable aux cas chroniques ? la thrombose des sinus, les abcès cérébraux obligent-ils à des précautions spéciales ? la sclérose avancée de l’apophyse mastoïde établit-elle une contre-indication, comme je le crois? faut-il préférer le traitement par la bande élastique ou par les ventouses ? Pour notre compte, nous nous sommes bornés jusqu’ici à l’usage de la bande, pour nous faire une opinion sur ce mode de traitement d’après un nombre suffisant d’observations.

Je tiens à insister encore particulièrement sur un point ;

' Stenger, Die Bier'sche Stauung bei akuten Oheeiterungen. Deutsche med. Wochenschrift , iy06, n° 6.

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