PARTIE SPÉCIALE
L'autopsie démontra qu’en effet il n‘y avait pas d’abcès à inciser ; les petits abcès qui existaient étaient si insignifiants, qu’on n’aurait jamais pu les trouver pendant la vie du patient et, même en admettant les circonstances les plus favorables, leur incision n’aurait servi à rien. La sténose grave de l’aorte explique la mort subite, suite de la maladie infectieuse aiguë.
80. Le 11 juillet 1905, on amena à la clinique un enfant de 21 mois avec un phlegmon de l’angle interne de l’orbite droite ; l’enfant paraissait gravement atteint. Le phlegmon fut incisé ; on le traita avec la bande élastique appliquée sur le cou. Le 16 juillet, après une amélioration passagère, des convulsions et d’autres symptômes cérébraux se manifestèrent. On enleva, pour cette raison, la bande élastique. L’enfant mourut le 21 juillet.
Autopsie : Une tumeur, de la grosseur d’un œuf de poule, se trouve dans le lobe frontal droit ; le centre en est kystique ; les parois sont formées par un tissu grisâtre, relativement dense. La partie intermédiaire est partiellement ramollie, nécrosée ; la tumeur n’est pas très bien limitée à la périphérie, elle proémine dans la corne antérieure du ventricule latéral gauche ; d’autre part, elle repose sur l’ethmoïde et se propage à travers cet os dans la cavité nasale, où elle forme une masse déchiquetée et presque entièrement pultacée. Elle ne pénètre pas dans l’orbite. Hydrocéphalie bilatérale accentuée.
Diagnostic anatomique : Gliome du lobe frontal.
La tumeur du cerveau n’avait donné, pendant la vie, aucun symptôme qui permît d’établir un diagnostic, ce qui s’explique par son siège et le jeune âge de l’enfant. La tumeur ramollie et suppurée s’était, frayé un chemin au dehors et avait fait l’impression d’un phlegmon grave de la face. Il n’est pas nécessaire d’insister sur le fait que l’issue fatale ne dépendit nullement de l’hyperémie par stase employée pendant quelques jours.
L’exitus du malade atteint d’abcès du cerveau (décrit dans l’observation 67) n’est pas non plus imputable à l’emploi de la bande élastique ; celle-ci ne fut portée, en tout, que pendant cinq jours jusqu’à l’incision de l’abcès. Il n’existait aucun signe à peu près certain de l’existence d’un abcès du cerveau. 11 faut ajouter que l’hyperémie par stase avait tellement diminué les douleurs qu’un médecin, qui se serait décidé à pratiquer une opération à cette période, se serait borné au nettoyage de l’oreille moyenne, sans songer à dénuder et à inciser le lobe temporal du cerveau. L’abcès du cerveau a, du reste, été ouvert assez tôt, dès que des symptômes suspects se sont manifestés.
L'autopsie ne démontra rien qui pùt faire soupçonner que le procédé employé ait eu un effet nuisible, en particulier ni méningite, ni pénétration du pus dans le ventricule.
81. Un enfant d’un an fut admis et opéré, le 20 janvier 1905, pour une hernie étranglée. Il avait, en outre, une otite chronique purulente double qui, d’après les parents, s’était déclarée assez vite après sa naissance. L’otite suppurée fut traitée par la stase hyperémique. L’enfant fut atteint d’une pneumonie et transféré à la clinique médicale où il mourut plus tard. L’autopsie, pratiquée le 13 mars 1905, montra que la mort était due à une pneumonie catarrhale double.
Dans ce cas aussi, l’issue fatale n’avait rien à faire avec le traitement employé ou avec l’affection de l’oreille moyenne.
Je mentionne encore brièvement un cas de mort survenu à Greifswald, il y a six ou sept ans :
82. Un homme d’âge avancé fut admis avec une infection maligne d’un bras et avec les symptômes d’une septicémie grave. J’employai l’hyperémie par stase. Le malade mourut de septicémie. Je n’ai, malheureusement, pas pu avoir l’observation du malade et je ne me souviens plus exactement des détails. Cependant, je sais que l’hyperémie par stase n’était qu’une expérience tentée dans un cas désespéré et que la mort, comme le démontra l’autopsie, n’avait rien à faire avec l’hyperémie.
Enfin, un collègue de Dresde me communique un cas de mort qu'il considère comme étant en relation avec l’emploi de Phyperémie par stase.
83. Le 17 juin 1905, un jeune homme se présenta pour se faire soigner un furoncle de la tempe ; il jouissait habituellement d’une très bonne santé. Le furoncle fut incisé, bien qu’il n’y eût qu’un petit bourbillon nécrosé ; il se produisit un fort œdème des paupières, de la joue et de la région pariétale; la température était de 40°. Le médecin plaça une grande cloche d’aspiration qui n’atteignait cependant pas les limites de l’œdème. Le jour suivant, la température était la même ; des bourrelets rougeâtres se formèrent plus loin, en dehors de la zone d’aspiration de la ventouse ; l’affection avait l’aspect d’un érysipèle. Cependant, le pus contenait seulement des staphylocoques. La cloche d’aspiration fut remplacée par une bande élastique placée autour du cou ; le malade ne pouvait la supporter que pendant quelques heures, on l’enlevait alors pendant 3 à 4 heures. Cependant, elle resta appliquée plusieurs fois pendant 5 heures. Les bourrelets rouges s’étaient transformés en petits abcès. Une thrombo-phlébite se déclara et nécessita plusieurs incisions ; le malade mourut. A l’autopsie, on trouva des thrombus ramollis et purulents dans plusieurs petites veines cutanées de la tête et du muscle temporal. Dans les deux lobes inférieurs et dans la partie postérieure des lobes pulmonaires supérieurs, on trouva de l’hypostase et des engorgements récents. Il existait, en outre, tout un semis d’in-